15ème réunion du Comité Ministériel Commercial Mixte des Etats ACP et l’UE à Bruxelles

La 15ème réunion du Comité Ministériel Commercial Mixte (CMCM) des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) avec l’Union Européenne (UE) s’est déroulée le vendredi 20 octobre 2017, au Centre de Conférence Albert Borschette de la Commission Européenne à Bruxelles. La délégation ivoirienne conduite par le Ministre Souleymane Diarrassouba, Ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME a pris part à ces échanges sur les thèmes essentiels suivants :

• Le renforcement des relations commerciales intra- ACP ;
• La nouvelle approche ACP d’appui au développement des chaînes de valeur agricoles ;
• Les Accords de Partenariat Economiques (APE) ACP-UE ;
• Les questions liées à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ;
• Les questions liées au régime commercial ACP-UE ;
• Les échanges de vues préliminaires sur les relations commerciales ACP-UE après 2020.Min Diarrassouba Souleymane
Au cours des débats, le Chef de la délégation ivoirienne a eu des interventions pertinentes sur des sujets d’intérêt pour notre pays. En effet, le Ministre ivoirien en charge du Commerce a relevé la baisse drastique des cours du cacao d’environ 40% au cours de la campagne 2016-2017, entraînant une perte significative sur les recettes de l’Etat et les revenus des cacaoculteurs. Les effets de cette baisse sont perceptibles sur les projets nationaux de développement. Aussi, s’est-il félicité du projet de décision relative à la mise en place d’un cadre normatif de soutien aux pays ACP victimes de chocs exogènes.

Le Ministre Souleymane Diarrassouba s’est également appesanti sur la rude concurrence entre les ACP et les pays latino-américains sur le marché européen de la banane, en soulignant la nécessité de maintenir un prix plancher de ce produit à 75 euro la tonne pour éviter la perte de compétitivité, la suppression de milliers d’emplois, voire la disparition de la filière banane des ACP sur ce marché.

En outre, il a relevé que la multiplication des barrières non tarifaires, notamment les mesures sanitaires et phytosanitaires, constitue de nouveaux obstacles à l’accès de nos fruits et légumes au marché européen. « Un renforcement des capacités de nos producteurs en vue du respect de ces normes dans le temps s’impose pour maintenir nos fruits et légumes présents sur le marché européen » a défendu le Ministre Souleymane Diarrassouba.

Enfin, s’agissant de la sortie du Royaume-Uni de l’UE (BREXIT), le Ministre Souleymane Diarrassouba a fait remarquer l’importance de la place de Londres pour le négoce des produits tropicaux. « Les effets de cette sortie dont la volatilité de la livre sterling par rapport à l’euro, avec ses effets induits, pourraient provoquer une baisse potentielle des prix des produits tropicaux et partant, une réduction des revenus des pays exportateurs ACP » a souligné le Ministre en charge du Commerce.

« Nous serons à Genève la semaine prochaine où nous défendrons à nouveau ces positions devant l’OMC, lors de l’examen des politiques commerciales des Etats membres de l’Uemoa. Il est bon de noter que ces positions sont les positions du Gouvernement conduit par le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly et nous irons partout où besoin sera pour porter haut la voix de la Côte d’Ivoire. Il y va de l’intérêt de notre tissu économique » a précisé le Ministre Souleymane Diarrassouba au sortir de cette rencontre.

Ministères

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Crises alimentaires : Des stratégies communes pour freiner l’insécurité alimentaire

Seules des actions concertées peuvent permettre de mieux prévenir et de gérer les crises alimentaires récurrentes. Ensemble, les acteurs de la sécurité alimentaire peuvent impulser en leurs populations les armes pour faire face aux menaces répétées.BAD

Les mécanismes communs de gouvernance témoignent de la vitalité de cette solidarité. Car la sécurité alimentaire demeure un défi majeur pour les gouvernants et les gouvernés.

La gestion des crises alimentaires a pour finalité de mettre un terme à l’insécurité alimentaire, que cette dernière soit de nature temporaire ou chronique.

Il existe ainsi deux types d’insécurité alimentaire affectant aussi bien les populations rurales qu’urbaines.BAD3

L’insécurité alimentaire temporaire ou transitoire, limitée dans le temps et causée par un choc précis affectant une partie importante de la population. Elle peut avoir différents degré de sévérité et d’amplitude. Elle est de courte durée et se traduit souvent par un déclin précipité de l’accès et de la consommation alimentaire au regard des conditions habituelles.

L’insécurité alimentaire chronique révélant une incapacité persistante à accéder à de la nourriture adéquate ou à en retenir les éléments nutritifs indispensables. Elle est causée par des facteurs structurels généralement liés à l’extrême pauvreté.

Entre l’insécurité alimentaire temporaire et l’insécurité alimentaire chronique, il ya l’insécurité alimentaire cyclique, généralement vécue par les populations rurales en proie chaque année à des périodes de soudure difficiles. Cette insécurité alimentaire est à la fois temporaire et répétitive.Korhogo9

C’est à juste titre que les acteurs de la sécurité alimentaire et leurs partenaires se donnent les moyens d’être mieux informés, de communiquer et de renforcer la coordination des interventions. Cela se traduit à travers l’analyse de la situation alimentaire, l’amélioration du partage de l’information et la production de l’information sur la sécurité alimentaire.

Ces acteurs devront s’évertuer à lier les efforts humanitaires et le développement pour accroître la résilience des ménages, des familles et des communautés vulnérables, en vue de rompre avec le cycle des crises alimentaires répétées.

Cela exige ainsi la mise en œuvre simultanée de programmes structurels de long terme et de court terme à même de répondre aux besoins immédiats des couches sociales les plus vulnérables. Par exemple, l’intensification de la collaboration entre les trois organisations intergouvernementales d’intégration (CEDEAO, CILSS, UEMOA) en Afrique de l’Ouest, avec l’accompagnement du Club du Sahel constitue un modèle réussi en matière de coopération pour le développement en Afrique de l’Ouest.BAD5

Le taux de malnutrition aigue globale reste très préoccupant dans la majorité des pays sahéliens avec un taux de 15% supérieur au seuil d’urgence.

«La malnutrition se manifeste quand le corps ne reçoit pas la quantité appropriée d’énergie (calories), protéines, hydrates de carbone, graisses, vitamines, sels minéraux et autres nutriments indispensables à la santé et au bon fonctionnement des organes et des tissus. Un enfant ou un adulte peut souffrir de malnutrition parce qu’il est sous-alimenté ou sur-alimenté. Dans la plupart des régions du monde, la malnutrition se manifeste lorsque les gens sont sous-alimentés. Ce problème, surtout chez les enfants et les femmes, s’explique par la pauvreté, le manque de nourriture, des maladies à répétition, des pratiques alimentaires inappropriées, l’absence de soins et une mauvaise hygiène. La sous-alimentation accentue le risque de malnutrition, qui est surtout élevé au cours des deux premières années de la vie. Le risque augmente encore quand la diarrhée et d’autres maladies privent le corps des protéines, des sels minéraux et des nutriments nécessaires à une bonne santé.» (Source : Savoir pour sauver, Banque mondiale, OMS, ONUSIDA, PAM, PNUD, UNESCO, UNFPA et UNICEF, 2010)

Le marché, l’investissement dans la production agricole vivrière, les conditions de vie des ménages vulnérables, les difficultés d’accès aux services sociaux de base : santé, éducation, hygiène-eau-assainissement, etc.…, constituent aujourd’hui les défis majeurs d’une sécurité alimentaire durable.BAD4

Le succès du défi de la durabilité alimentaire réside dans la capacité à unir les différents acteurs de la sécurité alimentaire dans l’action et à travailler ensemble avec une réelle implication de la société civile, du secteur privé, des organisations paysannes, et également en phase avec les priorités agricoles de chaque pays.

Patrice Kouakou

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En visite au Sahel, le Conseil de sécurité réaffirme son soutien aux efforts de lutte contre le terrorisme

20 octobre 2017 – Une délégation du Conseil de sécurité a entamé jeudi au Mali une tournée officielle de quatre jours dans le Sahel pour évaluer la situation sécuritaire des pays du G5 Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad et Mauritanie) mais également pour identifier l’appui à fournir pour répondre aux menaces auxquelles font face ces Etats.

La délégation des 15 ambassadeurs des pays membres du Conseil est conduite par les Ambassadeurs François Delattre de France, Tekeda Alemu d’Ethiopie et Sebastiano Cardi d’Italie.

Des Casques bleus de la Mission de l’ONU au Mali (MINUSMA) lors d’une opération au sud-ouest de Gao. Photo MINUSMA/Harandane Dicko.

Au Mali, la délégation du Conseil de sécurité a apporté son soutien au processus de paix et à la mise en œuvre effective de l’Accord pour la paix et la réconciliation, a indiqué la Mission multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies au Mali (MINUSMA) dans un communiqué de presse.

« Nous sommes là à la fois pour soutenir les efforts qui sont faits par le Mali et plus largement par les cinq membres du G5, pour créer cette force essentielle dans la lutte contre les mouvements terroristes dans la région, pour apprécier l’état de cette menace, l’état aussi de la constitution de cette force, qui est un atout pour les Africains dans cette lutte qui ne connait pas de frontières, » a déclaré M. Delattre à son arrivée à Bamako. « C’est une occasion aussi avec le Président de la République, le gouvernement et l’ensemble des acteurs maliens de faire un point plus largement sur la mise en œuvre de l’accord de paix ».

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Le Ministre malien des affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a estimé que cette visite était « une preuve de grande amitié et d’intérêt pour le Mali ». Il a souhaité « que de ces échanges sortiront une meilleure compréhension de la réalité sur le terrain et aussi beaucoup d’interaction avec l’ensemble des acteurs mais aussi, un engagement plus fort du Conseil, pour se tenir au côté du Mali et de la région, pour la paix et la stabilité ».

La délégation du Conseil a été reçue par le Président malien Ibrahim Boubacar Keïta dans la capitale Bamako et par d’autres membres du gouvernement. Elle devait aussi se rendre dans la région de Mopti, pour visiter le siège du G5-Sahel.

Source: Centre d’actualités de l’ONU

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L’urbanisation rapide de l’Afrique peut devenir le moteur de son industrialisation, selon l’ONU

En 2035, la moitié de la population africaine sera urbaine, contre à peine un tiers en 1990. Cette urbanisation rapide implique de nombreux défis en termes d’infrastructures et de services, mais elle peut aussi être un vecteur du développement industriel du continent, à condition qu’elle soit mieux planifiée.

Un nouveau rapport des Nations Unies formule des recommandations concrètes sur la manière dont un cadre politique africain approprié peut exploiter la transition urbaine rapide du continent.

« L’urbanisation africaine ne s’est pas accompagnée d’une amélioration de la productivité agricole ni d’un développement du secteur industriel, comme cela a pu être le cas ailleurs », a déclaré Giovanie Biha, Secrétaire exécutive adjointe de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) lors du lancement à Kigali du dernier Rapport économique sur l’Afrique de la CEA, intitulé « L’industrialisation et l’urbanisation au service de la transformation de l’Afrique ».

Une usine de textile au Lesotho (archives). Photo: Banque mondiale/John Hogg.

L’urbanisation « a au contraire favorisé l’essor du secteur des services, notamment informels. Afin d’éradiquer la pauvreté, les pays africains ont besoin de mettre en place des politiques industrielles qui permettront de générer les emplois qualifiés et les gains de productivité nécessaires à cette transformation structurelle de leurs économies », a-t-elle ajouté.

Notant qu’en 2035, la moitié de la population du continent sera urbaine, contre seulement un tiers en 1990, le rapport est aussi l’occasion de discuter des défis de l’industrialisation et de la transformation structurelle sur le continent africain.

Dans la plupart des 14 pays couverts par le Bureau sous-régional, la part du secteur manufacturier a stagné ou diminué au cours des dix dernières années alors que le secteur des services s’est rapidement développé.

Malgré un processus de transformation structurelle faible, les perspectives de croissance à long terme restent prometteuses en Afrique de l’Est.

Selon le rapport de la CEA, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) en 2017 devrait rester au niveau de 2016, soit 5,6%, en baisse par rapport à la performance exceptionnelle des cinq dernières années. Le taux de croissance annuel moyen de l’Éthiopie est de 9,5% et celui du Rwanda de 7,2% entre 2012 et 2016, demeurant bien au-dessus de la moyenne du continent africain de 3,1% en 2017.

Andrew Mold, le directeur par intérim du Bureau sous-régional de la CEA, a expliqué que la région bénéficie d’un effet d’accélérateur grâce aux investissements massifs réalisés dans le secteur des infrastructures et au dynamisme de certains secteurs tels que celui du tourisme. Cependant, ces investissements pèsent sur les équilibres budgétaires et de nombreuses contraintes structurelles demeurent telles que la faiblesse du crédit au secteur privé ou la volatilité des taux de change.

Source: Centre d’actualités de l’ONU

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L’ONU plaide en faveur d’un partenariat revitalisé pour le développement de l’Afrique

20 octobre 2017 – Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, a estimé vendredi que les efforts déployés par l’Afrique pour se développer doivent être appuyés par un partenariat revitalisé avec le reste du monde, lors d’une réunion de l’Assemblée générale consacrée au Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).

Selon lui, le NEPAD est une sorte de précurseur qui, avec plus de dix ans d’avance, a précédé le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Beaucoup de priorités du NEPAD figurent dans ces nouveaux cadres de travail dont le développement des infrastructures, le développement humain, la sécurité alimentaire, l’éducation et la formation et la santé.

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajcak (à gauche). Photo ONU/Cia Pak

Depuis son adoption en 2001, le NEPAD a mené à un changement transformateur, a affirmé M. Lajčák, voulant pour exemple le fait que le Programme global de développement de l’agriculture a amélioré la productivité agricole du continent et changé la vie de beaucoup de fermiers africains.

Le NEPAD a permis de grands pas dans l’intégration du commerce africain et la finalisation, cet été, de l’Accord tripartite de libre-échange a marqué un jalon car il harmonisera les trois blocs sous- régionaux qui avaient jusqu’ici leurs propres règles et modèles commerciaux.

M. Lajčák a toutefois rappelé qu’il y a bien des obstacles à surmonter et qu’il faudrait des progrès plus rapides pas seulement dans les deux secteurs de l’agriculture et du commerce, mais dans une large gamme de secteurs déterminants, y compris les infrastructures, l’industrie, la diversification économiques et l’élimination de la pauvreté. Le NEPAD, le Programme 2030 et l’Agenda 2063 ont des plans très clairs sur les moyens d’y parvenir et il est crucial que ces deux cadres soient harmonisés et intégrés, notamment en termes de rapport, de suivi et d’examen.

Le Président de l’Assemblée a aussi répété un message qu’il a fréquemment entendu : le développement de l’Afrique ne deviendra une réalité que s’il est mené de l’intérieur même du continent, comme le confirme d’ailleurs l’Agenda 2063. Le rôle de l’Union africaine, des communautés économiques régionales et des organisations ont été indispensables car ils ont agi comme des « moteurs » des progrès dans le développement durable et le renforcement des capacités africaines dans les domaines de la paix et la sécurité.

Au niveau local, les pays africains ont aussi renforcé leurs capacités de mobilisation des ressources domestiques et se sont attaqués aux flux illicites de capitaux.

Mais, a reconnu le Président, dans un monde où aucun pays, aucune région ne peut agir seul, les efforts déployés par l’Afrique doivent être appuyés par un partenariat revitalisé. L’aide publique au développement (APD) et les autres formes d’engagement, a insisté le Président, sont essentiels pour augmenter les financements, accélérer le transfert des technologies et assurer l’accès aux marchés. Les investissements doivent aussi être encouragés aux niveaux national, régional et international.

Enfin, le Président a souligné que le développement de l’Afrique n’est pas une entreprise isolée. Aucun appui au développement ne mènera au changement sans des efforts pour traiter des causes sous-jacentes des conflits comme aucune violence ne sera évitée si l’on ne traduit pas en actes concrets les promesses du NEPAD.

Source:ONU Info

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Prix mondial de l’alimentation: Adesina va créer un fonds pour les jeunes agriculteurs et les agripreneurs

Avec les 250 000 dollars du Prix mondial de l’alimentation, Adesina va créer un fonds pour les jeunes agriculteurs et les agripreneurs africains.

Abidjan, le 20 octobre 2017 – « Je suis fier, en tant que gouverneur de l’Iowa, de proclamer monsieur Akinwumi Adesina lauréat du Prix mondial de l’alimentation 2017 ! »

C’est avec ces mots que Kim Reynolds, gouverneur de l’État de l’Iowa, a officiellement adoubé, le 19 octobre 2017, au nom de la fondation du Prix mondial de l’alimentation, Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement (BAD), comme lauréat 2017 du Prix mondial de l’alimentation, dans une atmosphère festive à l’Iowa State Capitol Building, à Des Moines, aux Etats-Unis.

Accompagné d’Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria, et de John Mahama, ancien président du Ghana, Adesina a franchi avec élégance les marches du podium pour recevoir le trophée – la plus haute distinction au monde pour l’alimentation et l’agriculture – avec sa femme Grace et ses deux enfants Rotimi et Segun, au milieu d’une foule nombreuse et distinguée venue l’ovationner. Les représentants du gouvernement nigérian, de l’université de Purdue, son alma mater, ses amis, ses collaborateurs et des représentants du personnel de la BAD étaient parmi les nombreuses personnes venues lui présenter leurs félicitations et célébrer l’icône de l’agriculture africaine, le nouveau « Norman Borlaug Africain ».

Fidèle à son engagement en faveur de l’autonomisation des jeunes Africains, Adesina a promis de consacrer les 250 000 dollars de son prix à un fonds destiné à soutenir les jeunes agriculteurs et entrepreneurs agricoles, les “agripreneurs” d’Afrique.

« Je m’engage à consacrer les 250 000 dollars de ma récompense du Prix mondial de l’alimentation pour mettre en place un fonds entièrement dédié au financement des jeunes Africains actifs dans l’agriculture pour nourrir l’Afrique », a-t-il déclaré.

« Nous allons nous lever et nourrir l’Afrique. Le jour viendra très bientôt, où tous ses enfants seront bien nourris, quand des millions de petits fermiers pourront envoyer leurs enfants à l’école », a promis Adesina.

« Alors vous entendrez un nouveau refrain à travers l’Afrique : « Dieu merci, nos vies se sont enfin améliorée », a-t-il lancé.

Le président de la Fondation du Prix mondial de l’alimentation, l’ambassadeur Kenneth Quinn, a rendu un vibrant hommage à Akinwumi Adesina, « dont les grandes réalisations ont touché des millions d’agriculteurs et de personnes vivant dans la pauvreté rurale au Nigeria et dans toute l’Afrique ; votre leadership est une grande promesse pour sortir des millions et des millions de personnes encore de la pauvreté sur tout le continent ».

Le vice-président des États-Unis d’Amérique, Michael Pence, a félicité, dans une cérémonie haute en couleurs, le lauréat dans une allocution prononcée en son nom par Mark Green, administrateur de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

« Notre système alimentaire mondial connaît de grandes tensions, et la nécessité de nourrir un plus grand nombre de personnes se fait plus impérieuse : nous aurons besoin de leaders persévérants comme vous pour transformer l’agriculture, pour conduire le changement et tirer parti de l’expertise des secteurs public et privé », a salué Michael Pence.

Le vice-président a qualifié le dévouement d’Adesina à la cause de la lutte contre la faim dans le monde d’admirable et véritablement utile et lui a transmis les sincères félicitations du président Donald Trump.

« Les États-Unis sont et restent engagés pour la sécurité alimentaire, et nous continuerons à travailler avec des leaders comme vous pour trouver de nouveaux moyens de mettre fin à la faim dans le monde », a-t-il assuré.

Le Glee Club de l’université de Purdue et le groupe nigérian 100 % féminin « Adunni and Nefertiti » plusieurs fois primé, ont donné le “la” de la soirée avec un spectacle musical inédit.  L’actrice vedette et chanteuse nigériane Omawumi, spécialement venue de Lagos pour l’occasion a suivi. Les rythmes contagieux d’Adunni and Nefertiti et les chansons populaires d’Omawumi ont rapidement émoustillé Adesina et sa femme, qui ont investi la piste de danse, bientôt rejoints par l’ex-président Obasanjo.

La soirée s’est clôturée sur un élégant dîner de remise des prix au sein de la rotonde du Capitole.

Sous la direction du président Adesina, la BAD œuvre à accélérer le développement agricole à travers sa stratégie Nourrir l’Afrique, avec un investissement prévu de 24 milliards de dollars sur les dix prochaines années. Le Prix mondial de l’alimentation vient également récompenser le travail qu’Adesina a accompli au cours des deux dernières décennies avec la fondation Rockefeller, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) et le ministère de l’Agriculture et du Développement rural du Nigeria.

Source http://www.alwihdainfo.com

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La BAD appelle à un soutien mondial aux jeunes agriculteurs d’Afrique

Promouvoir l’agroalimentaire comme solution au chômage des jeunes

La Banque africaine de développement (BAD) a appelé à un soutien mondial pour les jeunes agriculteurs et “agripreneurs” africains, soulignant que l’agro-industrie est la solution à l’emploi des jeunes sur le continent.Korhogo

En collaboration avec l’Initiative for Global Development, l’Association des professionnels agricoles africains de la diaspora (AAAPD), l’université du Michigan, l’université de l’Iowa et l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), la BAD a réuni les parties prenantes pour discuter des moyens d’accroître les opportunités économiques pour les jeunes d’Afrique tout le long de la chaîne de valeur agricole – depuis la ferme de l’agriculteur jusqu’à l’assiette du consommateur en passant par les labos scientifiques.

Une session Intitulée « Rendre l’agriculture “cool” : investir dans les futurs agriculteurs et agripreneurs africains » s’est tenue en marge du Dialogue de Borlaug à Des Moines, dans l’Iowa, en présence de jeunes entrepreneurs venus d’Afrique de représentants du secteur privé, de décideurs et de leaders d’opinion.

L’Afrique compte la population la plus jeune au monde, avec 60 % de jeunes de moins de 35 ans. 420 millions sont âgés de 15 à 35 ans, et ce segment de la population devrait doubler pour atteindre 840 millions d’ici à 2040.Cacao Jjj

Dans le cadre de son programme ENABLE Youth (Empowering Novel Agri-Business-Leded Employment) et en collaboration avec l’IITA, la Banque africaine de développement œuvre en faveur des jeunes agriculteurs.

« Les futurs milliardaires de l’Afrique ne viendront pas du pétrole, du gaz ou des industries extractives. Avec ENABLE Youth, il s’agit d’investir aujourd’hui dans les petites entreprises agro-alimentaires pour qu’elles deviennent de grandes entreprises demain », a déclaré le président de la BAD, Akinwumi Adesina.

« En encourageant les jeunes à chaque étape de la chaîne de valeur agroalimentaire, nous leur permettons de créer des entreprises agro-alimentaires viables et rentables, des emplois et de meilleurs revenus pour eux-mêmes et pour leurs communautés.

Et le président de la BAD d’expliquer à quel point faire émerger une nouvelle génération d’agripreneurs jeunes, énergiques et talentueux – qui inciteront à adopter de nouvelles technologies tout au long de la chaîne de valeur, augmenteront la productivité et répondront à la demande alimentaire croissante – est une priorité des plus urgentes.

Des études récentes le montrent : à mesure que les économies africaines se transforment, les possibilités d’emploi et d’entrepreneuriat pour les jeunes dans les chaînes de valeur à fort potentiel se font plus nombreuses, notamment dans l’horticulture, les produits laitiers, oléagineux, l’aviculture et l’aquaculture.

En outre, d’énormes opportunités existent pour attirer les jeunes africains dans les secteurs des services et de la logistique, dans des activités clés non-agricoles comme le transport, l’emballage, les technologies de l’information et de la communication et les infrastructures légères – qui ajoutent de la valeur ajoutée à la productivité et l’efficacité des exploitations agricoles.

L’idée est de connecter les fermes aux marchés, en particulier aux marchés urbains et régionaux prometteurs : c’est là que l’Afrique doit brancher cette population de jeunes en pleine expansion, a argué Adesina.

Le président de la Banque a souligné l’importance des efforts à fournir pour offrir aux jeunes Africains de nouvelles opportunités d’affaires, des compétences modernes et pratiques, l’accès aux nouvelles technologies, à la terre, aux équipements et aux financements qui leur permettraient de passer d’une agriculture de subsistance à un emploi mieux rémunéré – au sein ou hors de l’exploitation agricole.

« Voici comment nous avons l’intention de rendre l’agriculture cool ! », a-t-il lancé en présentant le programme ENABLE Youth. Dans le cadre de ce programme, la BAD et ses partenaires appuient les jeunes à chaque étape de la chaîne de valeur agroalimentaire, avec des projets de formation pour 10 000 entrepreneurs agricoles dans chacun des pays africains retenus, et la perspective de créer 300 000 entreprises et 1,5 million d’emplois au cours des cinq prochaines années.korhogo16

L’Afrique compte déjà de brillants exemples de jeunes agripreneurs talentueux. Neuf d’entre eux assistaient d’ailleurs à la conférence du président Adesina, lequel a cité trois exemples – parmi des milliers – de jeunes agripreneurs aux fascinantes, qui le remplissent tout à la fois d’espoir et d’un sentiment d’urgence.

« Nous devons véritablement utiliser cette diaspora africaine comme le font les pays asiatiques, en misant sur leur expertise pour accélérer le programme de développement de l’Afrique et permettre à tous les Africains d’y participer, qu’ils soient basés sur le continent africain ou à l’étranger », a plaidé Adesina.

Renchérissant sur l’idée que l’agro-industrie est la solution au chômage des jeunes en Afrique, Jennifer Blanke, vice-présidente de la BAD chargée de l’Agriculture et du Développement humain et social, a appelé à donner aux jeunes entrepreneurs un accès aux financements, en ré-harmonisant les incitations pour les banques commerciales et autres institutions financières afin de réduire les risques de crédit.

« Il y a plus de quinze filières d’emplois tout au long de la chaîne de valeur agricole – depuis la ferme jusqu’à l’assiette », a-t-elle argué.

Noel Mulinganya, jeune agripreneur et dirigeant des Agripreneurs de Kalambo, un groupe de 20 diplômés de 25 à 35 ans aux profils universitaires variés engagés dans des entreprises agroalimentaires collectives, est revenu sur le besoin de financement pour les jeunes agriculteurs africains : « Notre rêves, à moi et mes collègues, est de bâtir des affaires, a-t-il dit. Nous voudrions que ce programme soit une plateforme pour partager nos connaissances et nos expériences, afin de toucher et de mobiliser autant de jeunes que possible dans l’agro-industrie. »

Lilian Uwintwali, dont la société fournit des plateformes TIC qui desservent plus de 10 000 agriculteurs au Rwanda, reliant ainsi les agriculteurs aux marchés, aux banques, aux compagnies d’assurance et aux services de vulgarisation, a abondé dans le même sens : « J’aspire à décrocher des partenariats et des opportunités d’investissement ici, aux États-Unis, et je pense que les discussions à la conférence vont me permettre de structurer un meilleur business plan pour mon projet, m-lima, au Rwanda. » L’agriculture peut générer des revenus pour la jeunesse africaine, a-t-elle expliqué.

« Je parle d’expérience, parce que c’est [grâce à l’agriculture] que je gagne ma vie depuis cinq ans ! », a lancé la jeune patronne de m-lima.

À propos du Groupe de la Banque africaine de développement

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) est la première institution de financement du développement en Afrique. Elle comprend trois entités distinctes : la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds spécial du Nigeria (FSN). Présente sur le terrain dans 37 pays africains et dotée d’un bureau extérieur au Japon, la BAD contribue au développement économique et au progrès social de ses 54 États membres régionaux.

SOURCE: African Development Bank Group (AfDB)

 

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