Afrique de l’Est : la FAO alerte sur la détérioration de la situation alimentaire

Le nombre de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire est en hausse en Afrique de l’Est alors que les faibles pluies tombées à travers la région ont aggravé les souffrances liées à la faim, asséché les terres et pâturages et provoqué des milliers de décès au sein du bétail, a prévenu vendredi l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Les zones les plus affectées, sur lesquelles sont tombées moins de la moitié des précipitations normales de saison, sont situées au centre et au sud de la Somalie, au sud-est de l’Ethiopie, au nord et à l’est de Kenya, au nord de la Tanzanie et au nord-est et au sud-est de l’Ouganda.

L’alerte, émise par le Système mondial d’information et d’alerte rapide (SMIAR), avertit que cette nouvelle saison de faibles pluies, la troisième consécutive, a sérieusement dégradé la résilience des familles et qu’il est nécessaire et urgent de soutenir leurs moyens d’existence.

« Pour la troisième saison consécutive, les familles ont dû faire face à des pluies insuffisantes, elles manquent à présent de solutions pour s’en sortir. Elles ont besoin d’aide dès maintenant avant que la situation ne se détériore davantage », a déclaré le Directeur de la Division des urgences de la FAO, Dominique Burgeon.

Le nombre de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire dans les cinq pays mentionnés auparavant, estimé actuellement à près de 16 millions, a augmenté d’environ 30% depuis la fin de l’année 2016. En Somalie, près de la moitié de la population est en situation d’insécurité alimentaire mais une aide humanitaire délivrée en temps opportun a permis d’éviter la famine jusqu’à présent, il est cependant important qu’elle se poursuive. La situation à travers la région devrait encore se détériorer dans les prochains moins avec le début de la saison sèche et un démarrage précoce de la saison creuse.

La sécurité alimentaire des éleveurs suscite de vives inquiétudes en Ethiopie, au Kenya et en Somalie, où les taux de mortalité animale sont élevés et où la production laitière tirée du bétail survivant a fortement baissé, entraînant des conséquences négatives sur la sécurité alimentaire et la nutrition.

« Lorsque l’on sait à quel point le lait est essentiel pour le développement des enfants âgés de moins de cinq ans et les dommages irréversibles que son absence peut entraîner, il est évident qu’aider les éleveurs à faire face à cette sécheresse est primordial », a indiqué M. Burgeon.

Les prix du bétail ont chuté en raison de l’état physique déplorable des animaux et à cela s’ajoute la hausse des prix des céréales. Tous ces éléments ont contribué à limiter l’accès des éleveurs à l’alimentation. La situation des pâturages et du bétail devraient, eux aussi, se détériorer de plus belle, au moins jusqu’à la prochaine saison des pluies en octobre.

Dans plusieurs zones agricoles à travers la région, les faibles pluies ont provoqué une forte diminution des plantations, tandis que les cultures se sont flétries. Malgré quelques précipitations tombées en mai, les dégâts subis par les cultures sont irréversibles.

De plus, la chenille légionnaire, qui a provoqué des dégâts importants sur les cultures de maïs en Afrique australe, s’est propagée vers l’est et a aggravé la situation. Au Kenya, le fléau a affecté jusqu’à présent près de 200.000 hectares de cultures, tandis qu’en Ouganda, plus de la moitié des 111 districts du pays sont touchés.

Les prix des céréales vont fortement augmenter en raison de la baisse des stocks et des inquiétudes liées aux résultats des campagnes agricoles actuelles. Les prix en mai se sont rapprochés des niveaux record dans la plupart des marchés et ont presque doublé par rapport à l’année dernière à la même période.

Centre d’actualités de l’ONU

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8 ème édition des Jeux de la Francophonie : Les médias invités pour une meilleure visibilité

Le Gouverneur Beugré Mambé Robert, Ministre auprès du Président de la République chargé des Jeux de la francophonie s’est entretenu le vendredi 14 juillet 2017, dans le cadre de la réussite de ces jeux, avec les organisations professionnelles des médias de Côte d’Ivoire à la salle Félix Houphouet-Boigny du District d’Abidjan.

Le Ministre Beugré Mambé Robert mobilise les journalistes pour accompagner la 8ème  édition des Jeux de la Francophonie. Objectif, assurer une meilleure visibilité des jeux et de la Côte d’Ivoire pour des retombées au bénéfice de tous les secteurs activités et du développement du pays.

Au nom des organisations professionnelles des médias, le Président de Groupement des Éditeurs de Presse de Côte d’Ivoire (GEPCI), Patrice Yao lui a indiqué l’entière disponibilité des journalistes pour accompagner ces jeux.

Pour rappel, la 7ème édition des jeux de la francophonie se sont déroulés du 07 au 15 septembre 2013 dans la ville de Nice en France.

Afin d’encourager les journalistes pour titre de transport, le Ministre Beugré Mambé Robert a offert la somme de 02 millions de francs CFA à tous les participants à cette rencontre du vendredi 14 juillet 2017.

Et pour être plus clair sur la clé de répartition de ce don, le Ministre Beugré Mambé Robert a souligné devant tous que cette somme n’est pas destinée aux organisations professionnelles des médias. Mais destinée à chacun des participants présents dans la salle Félix Houphouet-Boigny du District d’Abidjan pour titre de transport.

Entretemps des tee-shirts à l’effigie de la 8ème édition des jeux de la francophonie ont été offerts à chaque organisation professionnelle des médias et à tous les journalistes devant couvrir cette cérémonie.

«Toutes les dispositions seront prises pour que les journalistes aient accès aux différents sites des jeux de la francophonie» a précisé le Ministre Beugré Mambé Robert.

La 8ème édition des jeux de la francophonie se tiendra du 21 juillet au 30 juillet 2017 à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Patrice Kouakou

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L’agriculture durable peut contribuer à atténuer le changement climatique et à réduire les migrations involontaires

La FAO et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) appellent à se refocaliser sur le développement rural, les catastrophes climatiques déplacent une personne chaque seconde

« Le changement climatique pose un risque majeur pour les populations rurales des pays en développement,  provoquant souvent des phénomènes de migrations de détresse. Face à cela, encourager l’agriculture durable fait partie intégrante d’une réponse politique efficace, » a déclaré aujourd’hui M. José Graziano da Silva, Directeur de la FAO.

Prenant pour exemple des chiffres édifiants sur les déplacements de populations qui montrent que depuis 2008, une personne se déplace chaque seconde en raison des catastrophes climatiques et météorologiques, soit une moyenne de 26 millions par an et suggérant que la tendance était amenée à s’intensifier dans un avenir proche alors que les zones rurales peinent à faire face à la hausse des températures et à l’irrégularité des précipitations, il a déclaré que : « la solution pour relever ce grand défi a trait à la promotion des activités économiques dans lesquelles sont déjà impliquées la vaste majorité des populations rurales » .

M. José Graziano da Silva et M. William Lacy Swing, Directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) se sont exprimés lors d’une rencontre organisée pendant la Conférence de la FAO.

« Bien que moins visibles que d’autres événements extrêmes comme les ouragans par exemple, les événements provoqués par le changement climatique et progressant lentement ont tendance à avoir un impact plus important sur le long terme »a expliqué M. Swing, faisant notamment référence à l’assèchement du Lac Tchad sur une période de 30 ans et au fait que la région était maintenant aux prises avec une grave crise alimentaire.»

« De nombreux migrants viendront des zones rurales et cela aura vraisemblablement un impact important sur la production agricole et le prix des produits alimentaires. »

La FAO et l’OIM, choisis pour co-présider le Groupe mondial sur les migrations en 2018, un groupe inter-agences rassemblant 22 organisations onusiennes, travaillent sur les différentes manières de lutter contre les causes originelles des migrations, une question de plus en plus pressante pour la communauté internationale.

Les facteurs de migration rurale

Les zones rurales des pays en développement, où souvent les ménages pauvres disposent de capacités limitées pour faire face aux risques et les gérer, devraient vraisemblablement subir de plein fouet la hausse des températures.

Ces vulnérabilités se sont aggravées en raison du manque  cruel d’investissements dans les zones rurales qui  concerne ces régions depuis de longues années.

Utiliser les migrations comme une stratégie d’adaptation peut être positif – les transferts d’argent peuvent stimuler la sécurité alimentaire et l’investissement productif dans les régions d’origine mais peut aussi entrainer davantage de vulnérabilité si non appuyé par des politiques adéquates.

« Nous devons systématiquement intégrer les migrations et le changement climatique dans nos programmes nationaux de développement et de réduction de la pauvreté, dans nos stratégies de réduction des risques, dans la planification de nos crises sans oublier de développer des pratiques et des politiques agricoles qui permettront d’améliorer la résilience des populations face aux phénomènes de migration induits par le climat, » a ajouté M. Swing.

La FAO et l’OIM ont appelé à une reconnaissance explicite des migrations, de ses causes et de son potentiel dans les politiques nationales liées au changement climatique et au développement rural.

Le rôle de l’agriculture

Les secteurs de l’agriculture et de l’élevage subissent généralement plus de 80 pour cent des dégâts et pertes causés par la sécheresse, ce qui souligne à quel point l’agriculture est probablement l’une des principales victimes du changement climatique. La dégradation des sols, les pénuries d’eau et l’épuisement des ressources naturelles font partie des autres impacts du changement climatique sur le secteur.

« Le développement agricole et le développement rural doivent faire partie intégrante des solutions face aux défis météorologiques et climatiques, surtout en raison de leur lien avec la migration de détresse » a detaillé M. Graziano da Silva. 

« Il est nécessaire d’investir dans les moyens d’existence ruraux, dans la création d’emplois décents, en particulier pour les jeunes, et dans des systèmes de protection sociale destinés à protéger les populations face aux risques et aux chocs » a-t-il ajouté.

La FAO vient en aide aux pays membres vulnérables de plusieurs façons, et notamment à travers la mise en place de systèmes d’alerte rapide et interventions précoces, en luttant contre les pénuries d’eau et en encourageant l’adoption de méthodes agricoles intelligentes face au climat et d’initiatives d’accès sécurisé aux combustibles et à l’énergie pensées pour faciliter les tensions entre les réfugiés et leurs communautés hôtes tout en réduisant le phénomène de déforestation.

Source: http://www.fao.org

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La Conférence de la FAO s’achève avec l’adoption du Programme de travail et budget 2018-2019

Le Directeur général souligne que l’Organisation prêtera attention à l’appel de ses membres visant à renforcer son travail sur le changement climatique

Dans le cadre de la Conférence de la FAO,qui s’est achevée le 07 juillet 2017 au terme d’une semaine de travaux, les membres de l’Organisation ont approuvé à l’unanimité le Programme de travail et budget du prochain exercice biennal tout en saluant les efforts déployés par cette agence de l’ONU en vue d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) et l’Agenda 2030 de développement durable.

La Conférence a officiellement approuvé le montant du budget ordinaire fixé à 1 005,6 millions de dollarspour l’exécution du Programme de travail 2018-2019, tel que proposé par le Directeur général de l’Organisation M. José Graziano da Silva.

« Je suis particulièrement honoré de noter que le Programme de travail et budget a été approuvé, sans abstention, par tous les pays présents à cette Conférence », a déclaré notamment M. Graziano da Silva.

« Nous devons mettre en œuvre des systèmes alimentaires durables qui prodiguent à tous, aujourd’hui et demain, des aliments accessibles et nutritifs ainsi que la résilience face aux changements « , a ajouté le Directeur général de la FAO. « Nous avons entendu votre appel adressé à la FAO en vue de renforcer son travail sur le changement climatique. Désormais nourrir l’humanité doit aller de pair avec la préservation de la planète. »

Le changement climatique

La Conférence a également adopté le thème proposé pour le biennium 2018-2019- Le changement climatique et son impact sur le travail de la FAO – tout en soulignant »la pérennité de cette proposition » à la lumière des développements sur la scène mondiale, notamment l’Accord de Paris sur le climat et l’Agenda 2030 de développement durable. 
La Conférence a pris note du rôle important que la FAO doit apporter aux pays en développementen les aidant à mettre en œuvre leurs contributions nationales spécifiques dans le cadre  de l’Accord de Pariset dans leurs efforts d’adaptation et de renforcement de la résilience face au changement climatique tout en contribuant, dans la mesure du possible, à son atténuation.

Le thème du biennium se situe dans le droit fil de la Stratégie adoptée par la FAO sur le changement climatique et du lancement du Programme d’action global sur la sécurité alimentaire et la nutrition des petits Etats insulaires en développement, a indiqué la Conférence.

Celle-ci a, d’autre part, exprimé sa satisfaction à l’égard de l’efficience et du rapport qualité-coûts améliorés sous la gouverne du Directeur général de la FAO.

Les priorités de la FAO

La Conférence a également salué les progrès réalisés par la FAO dans le processus de décentralisation qui a permis à l’Organisation de renforcer la coordination avec les partenaires nationaux et le développement de partenariats stratégiques avec d’autres parties prenantes, notamment le secteur privé, le monde académique et les acteurs essentiels du développement de la société civile.

La Conférence s’est aussi félicitée de l’intégration des questions de parité homme-femme dans l’ensemble des activités de la FAO.

MGraziano da Silva a fait observer qu’au cours des cinq dernières années, la FAO avait recentré son champ d’action et adopté une approche plus globale pour affronter les défis complexes et interconnectés tout en renforçant simultanément sa présence sur le terrain ainsi que son niveau de capacité global.

M. Graziano da Silva a souligné que le caractère central de l’alimentation et de l’agriculture dans l’agenda de développement durableinduit que les efforts de la FAO sont intrinsèquement pertinents pour atteindre les ODD et la réalisation d’un monde libéré de la faim, un monde Faim Zéro.

Le Directeur général a indiqué que le Plan à moyen terme et le Programme de travail et budget 2018-2019 ont été conçus sur la base de quatre principes principaux:

  • Maintien du budget inchangé en valeur nominale, sans modification des contributions statutaires et des ouvertures de crédits nettes par rapport à 2016-2017 grâce à l’absorption des accroissements de coûts et à la réaffectation des économies dans des domaines prioritaires.
  • Identification des domaines programmatiques à mettre en avant ou en retrait et prise en compte d’autres domaines prioritaires pour les contributions volontaires.
  • Accroissement de la part du Programme de coopération technique (PCT) portée à 14 pour cent du montant net des ouvertures de crédit, ainsi que recommandé par la Conférence.
  • Mettre à profit les dispositifs de gestion du Programme pour accélérer l’obtention de résultats efficaces et tangibles.

Un niveau élevé de participation

Au total, 1 150 délégués de 181 pays, notamment le Président de l’Assemblée générale des NationsUnies, M. Peter Thomson,105 ministres et 25 vice-ministres ainsi que plusieurs parlementaires ont pris part à la Conférence.

Celle-ci a élu M. Khalid Mehboob, Conseiller/Représentant permanent adjoint du Pakistan auprès de la FAO, au poste de Président indépendant du Conseil exécutif de la FAO.M.Mehboobest actuellement Président du Comité financier de la FAO.

Source: http://www.fao.org

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Crises alimentaires : Des stratégies communes pour freiner l’insécurité alimentaire

Seules des actions concertées peuvent permettre de mieux prévenir et de gérer les crises alimentaires récurrentes. Ensemble, les acteurs de la sécurité alimentaire peuvent impulser en leurs populations les armes pour faire face aux menaces répétées. Les mécanismes communs de gouvernance témoignent de la vitalité de cette solidarité. Car la sécurité alimentaire demeure un défi majeur pour les gouvernants et les gouvernés.

La gestion des crises alimentaires a pour finalité de mettre un terme à l’insécurité alimentaire, que cette dernière soit de nature temporaire ou chronique. Il existe ainsi deux types d’insécurité alimentaire affectant  aussi bien les populations rurales qu’urbaines.

L’insécurité alimentaire temporaire ou transitoire, limitée dans le temps et causée par un choc précis affectant une partie importante de la population. Elle peut avoir différents degré de sévérité et d’amplitude. Elle est de courte durée et se traduit souvent par un déclin précipité de l’accès et de la consommation alimentaire au regard des conditions habituelles.

L’insécurité alimentaire chronique révélant une incapacité persistante à accéder à de la nourriture adéquate ou à en retenir les éléments nutritifs indispensables. Elle est causée par des facteurs structurels généralement liés à l’extrême pauvreté.

Entre l’insécurité alimentaire temporaire et l’insécurité alimentaire chronique, il ya l’insécurité alimentaire cyclique, généralement vécue par les populations rurales en proie chaque année à des périodes de soudure difficiles. Cette insécurité alimentaire est à la fois temporaire et répétitive.

C’est à juste titre que les acteurs de la sécurité alimentaire et leurs partenaires se donnent les moyens d’être mieux informés, de communiquer et de renforcer la coordination des interventions. Cela se traduit à travers l’analyse de la situation alimentaire, l’amélioration du partage de l’information et la production de l’information sur la sécurité alimentaire. Ces acteurs devront s’évertuer à lier les efforts humanitaires et le développement pour accroître la résilience des ménages, des familles et des communautés vulnérables, en vue de rompre avec le cycle des crises alimentaires répétées.

Cela exige ainsi la mise en œuvre simultanée de programmes structurels de long terme et de court terme à même de répondre aux besoins immédiats des couches sociales les plus vulnérables. Par exemple, l’intensification de la collaboration entre les trois organisations intergouvernementales d’intégration (CEDEAO, CILSS, UEMOA) en Afrique de l’Ouest, avec l’accompagnement du Club du Sahel constitue un modèle réussi en matière de coopération pour le développement en Afrique de l’Ouest.

Le taux de malnutrition aigue globale reste très préoccupant dans la majorité des pays sahéliens avec un taux de 15% supérieur au seuil d’urgence. «La malnutrition se manifeste quand le corps ne reçoit pas la quantité appropriée d’énergie (calories), protéines, hydrates de carbone, graisses, vitamines, sels minéraux et autres nutriments indispensables à la santé et au bon fonctionnement des organes et des tissus. Un enfant ou un adulte peut souffrir de malnutrition parce qu’il est sous-alimenté ou sur-alimenté. Dans la plupart des régions du monde, la malnutrition se manifeste lorsque les gens sont sous-alimentés. Ce problème, surtout chez les enfants et les femmes, s’explique par la pauvreté, le manque de nourriture, des maladies à répétition, des pratiques alimentaires inappropriées, l’absence de soins et une mauvaise hygiène. La sous-alimentation accentue le risque de malnutrition, qui est surtout élevé au cours des deux premières années de la vie. Le risque augmente encore quand la diarrhée et d’autres maladies privent le corps des protéines, des sels minéraux et des nutriments nécessaires à une bonne santé.» (Source : Savoir pour sauver, Banque mondiale, OMS, ONUSIDA, PAM, PNUD, UNESCO, UNFPA et UNICEF, 2010)

Le marché, l’investissement dans la production agricole vivrière, les conditions de vie des ménages vulnérables, les difficultés d’accès aux services sociaux de base : santé, éducation, hygiène-eau-assainissement, etc.…, constituent aujourd’hui les défis majeurs d’une sécurité alimentaire durable.

Le succès du défi de la durabilité alimentaire réside dans la capacité à unir les différents acteurs de la sécurité alimentaire dans l’action et à travailler ensemble avec une réelle implication de la société civile, du secteur privé, des organisations paysannes, et également en phase avec les priorités agricoles de chaque pays.

Patrice Kouakou       

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Production agricole : Dynamisation de la filière rizicole

Le riz est l’une des principales cultures et l’une des denrées les plus consommées en Afrique subsaharienne en général, et en Côte d’Ivoire en particulier. Le riz est devenu, depuis longtemps l’aliment principal pour la majeure partie des populations vivant en Côte d’Ivoire. La demande intérieure a atteint le seuil de 1 500 000 tonnes de riz blanchi en moyenne par an. Pour remédier ce gap, l’on a assisté à d’importantes importations de riz blanchi : soit 757 000 tonnes en 2008 et 919 000 tonnes en 2009 pour un coût de 235 milliards de francs CFA.

Fort de cela, la Côte d’Ivoire veut parvenir à la réalisation de systèmes rizicoles efficaces et plus productifs. L’objectif est ainsi d’accroître la sécurité alimentaire. La Côte d’Ivoire pourrait donc couvrir sa consommation domestique et exporter le surplus. Le paysjouit d’une nature généreuse, ces atouts peuvent lui permettre de produire suffisamment de riz.

Il ya une pléthore d’atouts qui pourraient contribuer à booster la production nationale de riz. Entre autres, un potentiel en bas-fonds et plaines, un climat avec une pluviométrie abondante, un bon niveau de savoir-faire des producteurs, l’existence de variétés de qualité, un strict suivi de la mise en œuvre des orientations stratégiques sur le développement de la filière riz. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est le deuxième importateur de riz  en Afrique de l’Ouest après le Nigéria, alors qu’elle a tous les potentiels pour réussir la riziculture. Car le riz pousse et réussit partout en Côte d’Ivoire. Nous y avons la chance de pouvoir cultiver le riz dans toutes les régions.

La situation de la production de riz révèle : pour le riz paddy, 2 152 935 tonnes en 2015 contre 1 206 153 tonnes en 2010, et pour le riz blanchi,  1 399 407 tonnes en 2015 contre 784 000 tonnes en 2010. Il ya une évolution des importations de riz blanchi, soit 1 136 969 tonnes en 2015 contre 756 681 tonnes en 2008.

Afin de dynamiser la filière, il ya la mise en place concrète des usines de production de riz dans les zones rizicoles du pays.

« Il ya déjà trois (03) usines de production de riz blanchi installées à Korhogo. Cela permettra d’accroître la production de riz, de conduire vers l’autosuffisance alimentaire et de valoriser la consommation du riz local » a précisé Koné Inza, producteur de  riz.

La Côte d’Ivoire s’inscrit dans la vision du programme de développement durable à l’horizon 2030 à travers l’objectif 2 (ODD) : Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable.

En outre, comme facteurs favorisants à la dynamisation de la filière riz, il ya également des initiatives entreprises pour couvrir la demande intérieure de la Côte d’Ivoire. Les efforts des partenaires au développement, des politiques de productions de riz du gouvernement ivoirien et des partenariats public-privé, récemment une coopération sud-sud. Une rencontre des spécialistes internationaux de la chaîne des valeurs du riz et l’ensemble des parties prenantes basées en Côte d’Ivoire au nombre de 27. C’est une initiative soutenue par la Corée du Sud en partenariat avec la FAO. Les échanges ont porté sur le dispositif de financement des intrants agricoles, la politique de mécanisation de la filière rizicole, le dispositif de maitrise de l’eau, la commercialisation du riz et les investissements. Cette coopération et les partenariats avec ces pays proposent des solutions pour le développement, et apportent un soutien dans la lutte contre l’insécurité alimentaire.

En Côte d’Ivoire, cette initiative vient appuyer la stratégie nationale de développement de la filière du riz (SNDR) doté depuis 2012. La SNDR s’est appuyée sur une revue critique des politiques rizicoles antérieures ; d’abord de 1960 à 1977, ensuite de 1978 à 1995 et enfin de 1996 à 2010. Les principaux axes stratégiques des politiques de production de riz révisées sont d’une part le renforcement de l’appui technique à la production et d’autre part le renforcement de l’appui à la valorisation du riz local. La stratégie nationale de développement de la filière Riz révisée porte sur la période 2012-2020. L’objectif est de satisfaire l’ensemble des besoins de consommation nationale en riz de bonne qualité avec une production locale de 1 900 000 tonnes de riz blanchi et de porter cette production à l’horizon 2018 à environ 2,1 millions de tonnes de riz blanchi afin de dégager des surplus à exporter.

La Côte d’Ivoire s’est développée en agriculture sous le Président Houphouët-Boigny qui a mis en place la production intégrée  qui permet de résoudre toutes les questions au sein de la filière. Il a organisé la production à partir du système de production intégré telle que dans la production de l’huile de palme la SODEPALM, ensuite le riz par la SODERIZ qui avait des unités de transformation de même que la SODEFEL pour les fruits et légumes avec l’usine de transformation de la tomate. Ainsi au regard des mutations qui interviennent dans la structuration du monde agricole adossé au traité de l’OHADA sur la société coopérative et des directives de l’UEMOA sur l’interprofession agricole, les riziculteurs sollicitent d’une part un mécanisme de financement agricole avec à l’appui la garantie des risques, et d’autre part des appuis pour harmoniser et couvrir tous les départements en coopérative.

«La riziculture est une activité de développement qui crée des emplois et de la valeur ajoutée. Donc elle a besoin de gros investissements. Car par exemple, autour d’un (01) hectare de riz, se crée dix (10) emplois directs et indirects avec une production annuelle minimum de 10 tonnes de riz paddy soit 6 tonnes de riz blanc pour la consommation de 100 personnes, à raison de 60 kg/an/tête. A supposer que la réalisation d’un hectare de riz, avec maîtrise totale de l’eau, coûte 35 millions, avec 350 millions nous obtenons 100 hectares de surface aménagée» a indiqué le président de l’Association Nationale des Riziculteurs de Côte d’Ivoire (ANARIZ-CI),  Thomas Kouadio-Tiacoh

Rappelons qu’à Maputo  au Mozambique, les chefs d’Etat de l’Union Africaine (UA) se sont engagés à consacrer 10% de leur budget annuel à la production agricole.

Pour remédier à un manque de système de financement adapté à la production semencière, à l’absence d’un réseau efficace de distribution et de commercialisation de semences et plants, l’Etat a confié à l’Etablissement Public National (EPN) qu’est  l’Office National du Développement du Riz (ONDR) la mission d’élaboration et de mise en œuvre d’un mécanisme durable de production et de diffusion semencière du riz.

L’expérience sur la production et la certification de semences de riz initiée par le Programme de Facilité Alimentaire (PFA) en Côte d’Ivoire a permis aux différents acteurs impliqués dans le processus de production de semences de riz certifiées, non seulement de tirer plusieurs leçons, mais aussi de remettre en marche le dispositif de certification en Côte d’Ivoire, en veilleuse depuis la fermeture de l’Office des Semences et Plants (OSP), en 1994. Le Programme de Facilité Alimentaire (PFA) est un dispositif d’appui visant à renforcer l’intégration régionale par l’amélioration de la sécurité alimentaire dans la région ouest africaine. Il s’inscrit dans le cadre des orientations de la Facilité Alimentaire de l’Union Européenne et de la politique agricole commune de la CEDEAO (ECOWAP : Agricultural Policy of the Economic Community of West african states). Ces approches vont permettre de résoudre la problématique de l’insécurité alimentaire. La vision de ces politiques est de faire de la production du riz, une activité rentable pour les riziculteurs. La Côte d’Ivoire pourra être autosuffisante en riz qu’en encadrant les riziculteurs et qu’en suivant les orientations et stratégies en matière de production du riz.

Le Président de l’Association Nationale des Riziculteurs de Côte d’Ivoire (ANARIZ-CI), Thomas Kouadio-Tiacoh soutient que : « la Côte d’Ivoire peut être le premier exportateur de riz si sa filière bénéficie de financement pour le développement de la riziculture de la part de l’Etat. Car, il n’existe pas en Côte d’Ivoire de crédit agricole adossé à un mécanisme qui intègre la prise en compte du risque».Le suivi-évaluation dans la mise en œuvre de toutes les approches de production du riz pourra contribuer efficacement à assurer la sécurité alimentaire et de lutter contre la pauvreté en Côte d’Ivoire.

Patrice Kouakou

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Entrepreneuriat féminin : Transformation du manioc en « attiéké »

L’unité moderne de transformation de manioc en « attiéké » (couscous du manioc)  est un don du Gouverneur du District d’Abidjan, Robert Beugré Mambé, aux femmes du village de Songon Kassemblé.

Elles sont regroupées en association dénommée AHIFIN de Songon. Cette association de femmes est reconnue au niveau administratif. L’objectif est de réduire la pénibilité du travail, et d’augmenter la capacité de transformation des femmes.

Cette unité de transformation produit 1000kg d’attiéké par jour à raison de 15heures de travail. Elle est composée d’un broyeur d’une capacité de 800kg/h ; d’un essoreur de 250kg/h ; d’un sémouleur de 250 kg/l ; d’un séchoir avec une capacité extensible de 400kg/h ; et de quatre cuiseurs de 60 kg/h chacun.

La Présidente de l’association des femmes AHIFIN, Madame Moya Florence Dogbo souligne en ces termes : «Dans le manioc, on peut faire 4 fois l’attiéké. Nous voulons que des personnes viennent nous visiter. Nous exhortons les autorités à nous appuyer à la commercialisation».

L’attiéké est un plat à base de manioc très apprécié de l’ensemble de la population ivoirienne. Il connaît non seulement le succès en Côte d’Ivoire mais il est aussi exporté sous forme déshydratée vers les pays européens, et sous forme de boules vers les autres pays africains de la sous-région occidentale.

« Dans ma région, il ya assez de femmes qui entreprennent. Je vais m’inspirer de ce qui se passe à Songon Kassemblé pour booster les femmes, et réduire le chômage des jeunes à Arrah» a précisé Kouakou Tanoh, directeur de société basé à Arrah.

Spécialité culinaire de certains peuples lagunaires (Ebrié, Adjoukrou, Alladian, Avikam, Attié, Ahizi) du Sud de la Côte d’Ivoire, l’attiéké est traditionnellement produit par les femmes, des équipes constituées dans le village se groupant pour la production.

A en croire, Dame Esmel Chantal, vendeur d’attiéké : «Le manioc constitue un bassin d’emplois considérables pour les femmes. Elles représentent environ 90% des travailleurs dans la production en Côte d’Ivoire. C’est une filière qui est aujourd’hui de plus en plus présente sur le marché international. C’est un produit qui se vend très bien en France, en Espagne et notamment sur le marché européen».

Pour rappel, le mot attiéké est une déformation du mot ‘adjèkè’ de la langue Ebrié parlée dans le sud de la Côte d’Ivoire. À l’origine (et parfois encore aujourd’hui), les femmes ébriés ne confectionnent pas de la même manière l’attiéké qu’elles vendent avec celui qui est consommé par leur propre ménage.

Les femmes du village de Songon Kassemblé sont appuyées de quelques hommes pour la maintenance des appareils. Elles sont également assistées par la Cellule des projets spécifiques du District autonome d’Abidjan, et par l’Agence nationale d’appui au développement rural pour la gestion associative.

« Une unité moderne et complète de transformation de manioc en attiéké frais de Songon Kassemblé est un don chargé de sens tant pour le village que pour le District d’Abidjan. C’est de rendre les femmes autonomes ; cela leur permet de gérer elles-mêmes de la richesse et pour le village» a conclu le conseiller spécial du Gouverneur d’Abidjan, Djamat Dubois Marcel Félix.

Cette action entrepreneuriale lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire.

Patrice Kouakou

 

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