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« Paix économique », pleine conscience : une autre vision de l’entreprise

Parler de paix n’est pas toujours facile. Parler de paix économique demande encore plus d’engagement, tant le monde des affaires s’est construit sur un idéal qui résiste à l’idée d’une économie pacifiée. Pacifiée ne veut pas dire inconsciente des difficultés, mais qui les affronte avec ouverture et discernement afin d’en en faire une porte d’entrée vers le débat et la création de solutions adaptées. Par Dominique Steiler, titulaire de la chaire Mindfulness, Bien-être au travail et paix économique, Grenoble École de Management (GEM).

 

La paix économique, plus qu’un concept, est un contrepoint à la notion de guerre économique. Elle représente un mot d’ordre, une forme d’indignation dont l’objet serait de mettre en mouvement les énergies citoyennes vers le bien commun.

Un contrepoint à la vision guerrière

La guerre offre toujours au militaire l’horizon d’une paix possible qui rend son engagement compatible avec l’espoir d’un temps meilleur et l’envie de contribuer au bien commun. La guerre économique ne crée pas cette perspective. Elle n’offre aucun avenir et n’a pour horizon qu’elle-même, justifiant ainsi un état de violence institutionnel permanent. Cette guerre attise son propre feu par les menaces et les peurs qu’elle engendre – perte d’emploi, délocalisation, chômage…

Enracinée dans la vision présocratique de Polemos, incarnation divine de la guerre, elle pose comme naturelles et légitimes, les conditions d’un conflit nécessaire et père de toute chose. Elle ne laisse alors qu’une seule orientation possible, celle de se comporter comme une société de mercenaires qui proposent leurs services au plus offrant, ne voyant dans les crises que de plus grands bénéfices.

L’intention première de la paix économique serait donc d’inventer un horizon qui redonne du sens et qui, par le partage et la mise au service, réintroduit de l’émerveillement et de la beauté dans la vie quotidienne. Si la guerre réelle laisse entrevoir un espoir, celui d’un temps de paix à venir, la paix économique propose d’ouvrir une espérance, une orientation de l’être qui ne promet rien, mais qui incline davantage à y contribuer.

Une approche managériale plutôt qu’économique

Par la paix économique, nous ne parlons pas à proprement dit d’économie. Nous évoquons plutôt un pendant à la notion de guerre économique qui relève plus du management que de l’économie. Nous tentons ainsi de voir en quoi les acteurs de l’économie peuvent devenir des vecteurs de paix pour contribuer à la paix sociale et au mieux vivre ensemble en rendant les entreprises performantes et durables.

L’épanouissement social et humain est autant le cœur que la finalité de toutes les activités sociales, politiques et économiques. Les énergies nécessaires à l’activité humaine en constante évolution, parfois opposées les unes aux autres, peuvent conduire autant à des merveilles qu’à des situations blessantes ou dangereuses. Il est du devoir collectif d’y remédier et de trouver des axes de rééquilibration afin que cesse la violence et que reprenne place l’épanouissement. Pour notre part, c’est dans l’espace économique que nous avons décidé de nous impliquer.

Si les êtres humains se sont un jour rassemblés pour mettre en commun leur force de travail, c’était avant tout pour tendre vers un mieux vivre ensemble et leur permettre de prendre soin les uns des autres y compris dans un environnement de tension ou de compétition. Nous croyons que l’entreprise et les organisations d’aujourd’hui conservent ce but : contribuer par l’économie à renforcer le tissu social de manière durable, pacifique et respectueuse des femmes, des hommes et de l’environnement. Dans notre vision, les richesses créées ne sont pas une fin en soi. Elles participent aux moyens qui permettront d’atteindre ce but au profit de la société d’aujourd’hui et de demain.

Deux voies vers la paix économique

Nous ne sommes qu’au début de la construction de l’idée de paix économique. Donner une définition à cette étape n’est donc pas simple. Voici pourtant deux voies pour appréhender la démarche.

« La paix économique serait une orientation pour laquelle une entreprise, un manager, un collaborateur, en préservant les grandes valeurs humaines, créent de la richesse au profit du bien commun et de l’épanouissement de l’ensemble des parties prenantes, dont ils font partie, dans le cadre plus vaste de leur responsabilité sociale et humaine. »

Cette approche positive nous convient bien. Elle contient cependant le défaut de prêter immédiatement le flanc à la critique, tant chaque mot utilisé peut être interprété de plusieurs manières. Il est aussi possible de présenter la paix économique, non pas négativement, mais « par la négative », à la manière apophatique, pour éviter que l’idée que l’on s’en fait ne soit immédiatement mise en cause dans son inadéquation à délimiter un système complexe, encore loin d’avoir été suffisamment étudié. Elle ressemblerait alors à ceci :

« La paix économique est une orientation pour laquelle une entreprise crée de la valeur sans détruire ses concurrents, manipuler ses clients, exploiter ses fournisseurs, exercer une quelconque violence vis-à-vis de ses collaborateurs et ignorer ses responsabilités sociétales, autrement dit, sans nuire à ses parties prenantes. »

Ainsi, elle se présente en trois étapes :

La paix comme intention représente le premier pas. La plupart des entreprises ont défini les valeurs clés sur lesquelles elles voulaient se positionner. Malheureusement, elles ont du mal à les mettre en action ce qui provoque souvent leur perte. Ces valeurs ont pourtant rôle de boussole, de cap à tenir. Très fragiles et évanescentes, elles sont néanmoins fondamentales pour ne pas perdre sa route et risquer de se retrouver dans une posture où nos valeurs ne semblent vraies qu’en dehors du travail.

La paix comme chemin se caractérise par les nouvelles voies que créent les acteurs pour réinventer des modalités de fonctionnement qui permettent de maintenir le cap des valeurs choisies. Il est possible ainsi de décider de l’autonomie des collaborateurs ou du soutien apporté à ses fournisseurs. Il ne s’agit pas ici d’une vision purement stratégique pour un retour sur investissement, mais de la conviction que de l’épanouissement conjoint des parties prenantes naîtra un réseau plus résilient et une performance partagée.

La paix comme fondation est un changement de paradigme. Il ne s’agit plus de voir la paix comme un état lointain, qui contient ontologiquement les racines de son propre échec, mais comme le simple engagement personnel et journalier de clarifier ses intentions puis de pacifier son corps, ses émotions, ses pensées avant d’entreprendre une nouvelle action, décision ou relation. Par ce comportement est donnée plus de chance à la paix d’exister non comme une récompense attendue, mais comme une composante possible de la vie. C’est ici qu’interviennent la pleine conscience et sa capacité à mettre chacun en pleine responsabilité face aux situations vécues.

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Par Dominique Steiler, titulaire de la chaire Mindfulness, Bien-être au travail et paix économique, Grenoble École de Management (GEM)

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L’ONU souligne l’interdépendance et les synergies entre une paix durable et un développement durable

Les 17 Objectifs de développement durable (ODD) du Programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’ONU. Photo : ONU/Project Everyone

Lors d’un dialogue de haut niveau consacré aux synergies entre le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le maintien de la paix, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a souligné la nécessité d’une réponse mondiale qui s’attaque aux causes sous-jacentes des conflits et intègre la paix, le développement durable et les droits de l’homme de manière holistique, et ce, de la conception à l’exécution.

« Notre priorité est la prévention : la prévention des conflits, des pires effets des catastrophes naturelles et autres menaces humaines à la cohésion et au bien-être des sociétés », a insisté le Secrétaire général dans un discours.

Les meilleurs outils de la prévention et de la paix durable sont un développement inclusif et durable, a martelé M. Guterres qui a identifié deux défis majeurs : l’éducation, qui est la condition préalable à la paix et au développement économique, et l’emploi productif et le travail décent, notamment des jeunes, qui sont essentiels à des sociétés stables et sûres.

L’alignement des objectifs des entreprises avec les visées stratégiques de la communauté internationale est déjà apparent dans l’explosion de l’économie verte, s’est réjoui le Secrétaire général qui a cité des estimations montrant que les économies et les revenus que l’on tirerait de la mise en œuvre du Programme 2030 se chiffrent à des dizaines de milliers de milliards de dollars.

Pour accompagner les Etats membres, le Secrétaire général a souligné que l’ONU doit, elle aussi, être prête à se réformer. Il a ainsi identifié trois grands domaines de réforme : les opérations de maintien de la paix, le système des Nations Unies pour le développement et l’administration de l’ONU. Avec ces réformes, M. Guterres estime qu’il est essentiel de créer une nouvelle génération de partenariats avec les gouvernements, la société civile, les organisations régionales, les institutions financières internationales, les universités et le monde des affaires.

La dernière partie de l’équation est, a reconnu le Secrétaire général, le financement. Il faut mettre en œuvre le Programme d’action d’Addis-Abeba et aller au-delà. Les pays en développement, a-t-il expliqué, doivent avoir accès aux technologies et aux marchés et ils ont besoin que les pays développés honorent leurs engagements en faveur de l’aide. Les institutions financières internationales devraient aider les pays à accéder aux marchés financiers et aux investissements étrangers directs. L’aide publique au développement (APD) comme l’aide humanitaire doivent être allouées stratégiquement conformément à des risques et des besoins clairement identifiés.

La paix durable : « moyen et fin » du développement durable

Le Président de l’Assemblée générale, Peter Thomson, a rappelé que, de la même manière que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 reconnait l’importance de promouvoir des sociétés pacifiques, justes et inclusives pour réaliser chacun de ses 17 objectifs, les résolutions sur la pérennisation de la paix reconnaissent l’importance du développement durable pour le maintien de la paix.

« Sans paix durable, le développement durable est quasiment impossible ; nous savons que c’est la vérité», a déclaré M. Thompson.

Dix-sept pays dans le monde sont touchés par des conflits prolongés et deux milliards de personnes vivent dans des nations où sévissent fragilités, conflits et violences, a relevé le Président, soulignant que 95% des réfugiés et des personnes déplacées vivent dans des pays secoués par le même conflit depuis 1991.

Selon le Président de l’Assemblée générale, le monde doit agir sur deux fronts ; Tout d’abord impulser un élan « irrésistible » dès à présent, lors de cette phase préliminaire de la mise en œuvre du Programme 2030, en mobilisant les Etats membres, le secteur privé, la société civile et le milieu universitaire. Mais aussi reconnaître la paix durable à la fois comme « moyen et fin » du développement durable, et investir, « financièrement et intellectuellement », dans la paix durable.

Centre d’actualités de l’ONU


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Des champs à l’école et au-delà : aider les ménages ruraux du Togo à sortir de la pauvreté

Au Togo, les étudiants originaires de zones rurales sont nombreux à ne pas trouver d’emploi à l’issue de leurs études.
Erick Kaglan/Banque mondiale

La semaine dernière, j’ai relaté une visite de terrain effectuée au mois d’octobre dans le cadre du Projet de soutien au secteur agricole togolais financé par l’Association internationale de développement (IDA) et le Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP). Au cours de nos échanges avec un riziculteur et sa famille nous avons pu constater l’efficacité rapide du soutien apporté par la Banque mondiale, mais nous avons également réalisé qu’il restait un grand nombre de défis à relever pour aider les petits exploitants à s’extraire durablement de la pauvreté et renforcer la productivité et la compétitivité de l’agriculture togolaise.

Notre dernière conversation avec Komlan Souley a été particulièrement frappante, parce qu’elle a révélé très concrètement la nécessité de créer des passerelles entre les interventions en faveur de l’agriculture et celles ciblant d’autres secteurs si l’on veut améliorer durablement les perspectives des ménages ruraux pauvres. Alors que nous rentrions chez lui par un chemin de terre boueux, ce riziculteur nous a raconté que son fils bachelier ne parvenait pas à trouver d’emploi. Et de demander : « la Banque mondiale a-t-elle les moyens d’améliorer les choses ? ».

Tandis que l’éducation est l’une des réponses pour aider les familles pauvres à sortir de la pauvreté, surtout dans les pays où il existe une corrélation claire entre hausse de l’instruction et qualité des emplois ou niveaux de revenu, le cas du Togo est nettement moins évident. En général, plus un individu est instruit, plus il risque de se retrouver au chômage ou d’être sous-employé. Près de 4 % des individus ayant (ou non) achevé leur cycle primaire sont au chômage, soit 184 000 personnes sur plus de 5 millions de Togolais. Parmi les 630 000 Togolais qui sortent du secondaire ou du premier cycle du supérieur, le taux de chômage bondit à 15 % (environ 93 000 personnes). Dans le même temps, alors que moins de 3 % de la population active est au chômage, près de 35 % de la main-d’œuvre est sous-employée.

Le fils de Komlan Souley peut travailler, en aidant par exemple son père à la ferme ou, comme de nombreux autres Togolais sous-employés, en devenant chauffeur de zemidjan (mototaxi) en ville. Mais cela soulève la question de la rentabilité de l’investissement dans l’éducation pour la prochaine génération de ruraux. Comment faire en sorte que ceux qui ont travaillé dur pour pouvoir envoyer leurs enfants à l’école voient leur labeur récompensé non seulement par des gains de productivité agricole mais également par des débouchés professionnels accrus pour leurs enfants qui ont achevé leurs études ?

On ne parviendra à éliminer la pauvreté au Togo et à favoriser une hausse durable des revenus qu’en apportant des solutions à l’ensemble des problèmes qui entravent le fonctionnement du secteur public et du secteur privé et interdisent d’offrir de meilleures perspectives d’avenir à la population, dans l’agriculture, à l’école et au-delà. Bien que l’économie togolaise soit relativement diversifiée — grâce aux services et au bâtiment, nouveaux moteurs de croissance depuis quelques années — l’agriculture reste le premier pourvoyeur d’emplois et un secteur critique pour faire reculer la pauvreté. Face à l’importance des cultures vivrières et des activités de transformation sans réelle valeur ajoutée mais aussi à une productivité comparativement faible des cultures vivrières et commerciales dans le pays, il semble évident que des mesures doivent être prises pour aider les agriculteurs à devenir plus productifs, à monter en gamme et à s’enrichir. De même, on ne parviendra pas à éliminer la pauvreté, ni à garantir un retour sur investissement de l’éducation, sans faire évoluer les débouchés et la qualité des emplois agricoles et non agricoles, grâce à un secteur privé plus dynamique porté par un climat des affaires plus favorable. La place centrale des femmes dans la société, comme mères au foyer, agricultrices et entrepreneures, exige aussi de leur donner les mêmes opportunités économiques que les hommes. Actuellement pourtant, les taux d’alphabétisation sont plus faibles chez les femmes que chez les hommes et ces dernières décrochent aussi plus souvent de l’enseignement secondaire, ce qui restreint leurs perspectives d’emploi et de rémunération.

Toutes ces questions et bien d’autres liées à la réduction de la pauvreté et à la promotion d’une prospérité partagée sont au cœur du diagnostic systématique que nous avons élaboré récemment pour le Togo et constitueront le pivot du soutien de la Banque mondiale au titre de son prochain cadre de partenariat avec ce pays, dont la finalisation est prévue en 2017.

Par Joelle Businger

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Climat et sécurité alimentaire : une convention de financement FAO-Côte d’Ivoire pour l’atteinte des objectifs

Abidjan – Le ministère de l’Environnement et du Développement durable de Côte d’Ivoire et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont conclu, jeudi à Abidjan, une convention de financement du projet pour la contribution à l’atteinte des objectifs liés au changement climatique et à la sécurité alimentaire.

« La signature de ce projet vise à renforcer les capacités de la Côte d’Ivoire face aux effets visibles du changement climatique, principalement dans la filière du riz », a expliqué le représentant de la FAO en Côte d’Ivoire, Germain Dasylva.

Ce projet, doté d’un budget d’environs 126 millions F FA, sera exécuté en synergie avec d’autres initiatives. Il s’agit notamment deux projets régionaux, en cours de mise en œuvre par les deux parties, portant sur le renforcement des capacités et de partage d’expériences pour le développement durable de la chaîne de valeur du riz en Afrique, grâce à la coopération sud-sud et l’appui à la transition vers des systèmes alimentaires basés sur l’agriculture.

Le ministre ivoirien de l’Environnement et du Développement durable, Allah Kouadio Remi, s’est pour sa part félicité de ce partenariat qui se présente comme « un appui concret des institutions des Nations Unies à la mise en œuvre de l’accord de Paris dans notre pays ».

L’impact de ce projet, selon le ministre, est de contribuer à l’adaptation du secteur vivrier aux changements climatiques via la promotion de pratiques d’agriculture intelligente face au climat en Côte d’Ivoire, pour assurer la sécurité alimentaire dans le pays.

« L’accent sera mis (dans le cadre de cette initiative) sur la filière du riz qui est l’une des denrées alimentaires les plus consommées en Côte d’Ivoire par toutes les catégories de la population », a-t-il indiqué.

Le projet est prévu pour une durée de 18 mois.

tg/tm

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Le PAM se réjouit du soutien continu de l’Union européenne aux réfugiés à Djibouti

Grâce à une contribution de 700.000 euros de l’Union européenne (UE), le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) a pu fournir un programme innovant d’aide en espèces combiné à des rations alimentaires à près de 17.000 réfugiés et demandeurs d’asile actuellement à Djibouti.

La Direction générale pour l’aide humanitaire et la protection civile (ECHO) de la Commission européenne a accordé une importante aide financière en espèces à 13.000 réfugiés originaires de Somalie, d’Éthiopie et d’Érythrée vivant dans les camps d’Ali-Addeh et de Hol-Hol. Par ailleurs, des réserves de fonds complémentaires octroyées à la fin de cette année ont permis au PAM d’élargir rapidement ce soutien à 4.000 demandeurs d’asile récemment arrivés d’Ethiopie.

« Nous sommes extrêmement reconnaissants envers l’Union européenne d’avoir aidé le PAM à soutenir de manière efficace les réfugiés et les demandeurs d’asile », a déclaré le directeur du PAM pour Djibouti, Jacques Higgins. « Grâce au soutien d’ECHO, nous avons pu changer la façon dont nous aidons les réfugiés à Djibouti en fournissant de l’argent en espèces à côté des rations alimentaires régulières », a-t-il ajouté soulignant que cette aide contribue également à stimuler l’économie dans et autour des camps de réfugiés tout en répondant à leurs besoins alimentaires.

Cette nouvelle approche offre une flexibilité et des choix alimentaires à travers une combinaison de rations alimentaires mensuelles et de distributions d’argent en espèces. Les réfugiés reçoivent des virements d’argent fournis par ECHO, ce qui permet aux familles d’acheter la nourriture qu’ils préfèrent dans les magasins locaux.

Avec le soutien d’autres donateurs, le PAM fournit également des rations mensuelles en nature d’aliments de base, ainsi que des aliments supplémentaires fortifiés spécialement conçus pour les enfants souffrant de malnutrition et d’autres groupes à risque.

Le soutien d’ECHO a permis au PAM de mettre en place l’initiative ‘Cash and food’ (espèce et nourriture) en octobre 2014 et le financement continu de l’office humanitaire de l’UE a permis à l’agence onusienne chargée de la lutte contre la faim de soutenir ce programme d’assistance mixte innovant pour les réfugiés depuis lors.

Le soutien d’ECHO à l’initiative s’est avéré crucial pour répondre aux besoins alimentaires quotidiens des réfugiés les plus vulnérables et lutter contre la malnutrition. En outre, elle a stimulé l’économie locale et a contribué à encourager les activités génératrices de revenus, telles que les petites entreprises, qui sont gérées par des partenaires opérationnels locaux.

Grâce aux financements d’ECHO, le PAM a également mis en place un processus de vérification biométrique dans tous les camps de réfugiés à Djibouti afin de réduire les irrégularités et d’accroître l’efficacité de l’assistance fournie aux personnes dans le besoin.

Centre d’actualités de l’ONU

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Pour l’ONU, le Soudan du Sud est « à deux doigts d’une guerre civile ethnique »

14 décembre 2016 – A l’occasion d’une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme mercredi à Genève consacrée à la situation au Soudan du sud, plusieurs responsables de l’ONU ont souligné le risque d’un conflit ethnique généralisé.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, n’épargne personne. « Toutes les parties au conflit sont coupables de ces violations des droits de l’homme, y compris les forces gouvernementales », a-t-il indiqué.

Un niveau de violence et de tension ethnique que l’on peut observer dans le pays est sans précédent

Du point de vue du Haut-Commissaire, toutes les conditions sont en place pour que le conflit dégénère en conflit ethnique ; « mais le scénario du pire peut encore être évité », a déclaré M. Zeid, avant d’appeler le Conseil à prendre toutes les mesures pour l’éviter.

Pour la Présidente de la Commission sur les droits de l’homme au Soudan du Sud, Yasmin Sooka, le niveau de violence et de tension ethnique que l’on peut observer dans le pays est sans précédent, les Équatorias (NDLR: les trois États fédérés de la ceinture méridionale du Soudan du Sud) – jusqu’ici épargnés – étant devenus l’épicentre du conflit, a-t-elle indiqué, avant d’ajouter que la famine était en outre aux portes du pays.

« Des récits nous parviennent qui font état là-bas de cadavres trouvés le long des routes, d’attaques par des groupes armés inconnus et de contre-attaques des forces gouvernementales », a poursuivi Mme Sooka. « Un environnement propice aux violations des droits de l’homme s’est développé, alimenté par le déversement d’un discours de haine et par la déshumanisation de groupes ethniques de la part de responsables gouvernementaux, y compris le Président lui-même ». Le Soudan du Sud est à deux doigts d’une guerre civile ethnique sans merci qui pourrait déstabiliser toute la région, a conclu Mme Sooka. La communauté internationale doit agir maintenant, a-t-elle déclaré, après avoir indiqué que « la récente visite de la Commission au Soudan du Sud suggère qu’un processus de nettoyage ethnique régulier est en cours dans certaines parties du pays».

Le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide, Adam Dieng, a estimé pour sa part qu’il y avait un risque imminent et réel d’escalade de la violence entre les ethnies avec un potentiel de génocide. « Des mesures doivent être prises maintenant sans attendre pour prévenir les violences massives », a-t-il affirmé, se disant convaincu qu’il fallait un embargo sur les armes pour réduire le risque de perpétuation d’atrocités.

Des violences sexuelles qui n’épargnent pas les enfants

Cette 27ème session spéciale a également été l’occasion pour les responsables de l’ONU de dénoncer la violence sexuelle présente au Soudan du sud. M Zeid a fait état de cas de viols collectifs et d’exploitation sexuelle, touchant y compris des enfants. « Ces actes sont parfois commis sur une base purement ethnique », a-t-il précisé.

Mme Sooka a pour sa part indiqué qu’une étude menée par les Nations Unies avait révélé que 70% des femmes dans les camps avaient été violées, essentiellement par les membres de la police ou de l’armée, depuis l’éruption du conflit.

A l’issu des travaux de cette sessions spéciale, le Conseil des droits de l’homme a adopté sans vote une résolution réaffirmant le mandat de la Commission sur les droits de l’homme au Soudan du Sud en mettant de nouveau l’accent sur la nécessité d’établir les faits et les circonstances des allégations de violations de droits de l’homme afin d’assurer que les responsables aient à rendre des comptes.

A travers sa résolution, le Conseil a également condamné dans les termes les plus forts les violences sexuelles et sexistes répandues au Soudan du sud, y compris les viols et les viols de groupe, qui peuvent être utilisées comme arme de guerre, en toute impunité, par tous les groupes armés. Le Conseil demande à ladite Commission de suggérer, dès que possible et en collaboration avec l’ensemble du système des Nations Unies, des recommandations prioritaires à l’intention du Gouvernement de la République du Soudan du Sud quant à la manière de mettre fin aux violences sexuelles et sexistes. Le Conseil exhorte en outre le Gouvernement de la République du Soudan du Sud à nommer un représentant spécial sur la violence sexuelle et sexiste.

Centre d’actualités de l’ONU

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Catéchèse en français: « Le mal ne triomphera pas toujours »

« Le mal ne triomphera pas toujours, le désespoir est vaincu », a affirmé le pape François lors de l’audience générale du 14 décembre 2016, en la salle Paul VI du Vatican.

Poursuivant son cycle de catéchèses sur l’espérance, le pape a souligné que « lorsque tout semble perdu et que la foi chancelle face à tant de réalités négatives, cette joyeuse nouvelle de Noël retentit : Dieu vient ».

« Chacun de nous est à son tour appelé à se réveiller (…) et à devenir, pour les autres, messager de paix, de justice et de vérité », a-t-il ajouté.

AK

Synthèse de la catéchèse du pape en français

Frères et sœurs, à l’approche de Noël le prophète Isaïe nous ouvre à l’espérance du salut. Le Seigneur veut libérer Jérusalem : « Me voici ! ». Il se fait proche du « petit reste » d’Israël qui, à travers les épreuves, résiste dans la foi et verra bientôt les merveilles de Dieu : « Comme ils sont beaux, sur les montagnes, les pas du messager qui annonce la paix ». C’est l’annonce joyeuse du Règne de Dieu qui se penche sur les hommes pour leur offrir sa miséricorde, Règne instauré en Jésus Christ.

Lorsque tout semble perdu et que la foi chancelle face à tant de réalités négatives, cette joyeuse nouvelle de Noël retentit : Dieu vient, et il refait toute chose nouvelle ; le mal ne triomphera pas toujours, le désespoir est vaincu.

Chacun de nous est à son tour appelé à se réveiller, à l’invitation du prophète, et à devenir, pour les autres, messager de paix, de justice et de vérité.

Posted by Zenit on 14 December, 2016