Archives pour la catégorie Religion

betharam

Côte d’Ivoire: À Bétharram, on se ressource spirituellement aussi par le bio

À Adiapodoumé, sur la route de Dabou, la maison d’accueil Bétharram des frères du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram propose aux retraitants un cadre calme en pleine nature et une nourriture bio, totalement produite sur place.

Un centre de formation agrobiologique

Tshanfeto-« lève-toi » en langue ébrié- est une ferme pédagogique créée par la communauté des Bétharramites en 2000. Depuis septembre 2016, la 18e promotion de stagiaires y acquiert des connaissances en techniques agricoles et en élevage. Claude Emmanuel a 20 ans. Dans une vie antérieure, il était footballeur professionnel. Marie N’Goran a 26 ans. Dans une vie antérieure, elle étudiait la logistique. Abou Fofana quant à lui, est fils d’agriculteurs. Tous les trois font partie des 32 stagiaires qui viennent d’entamer une formation de 10 mois pour devenir agriculteurs à Tsanfeto.

Pour Claude Emmanuel, chrétien évangélique, ce choix de formation correspond d’abord à un appel : « le Seigneur m’a dit de m’occuper d’abord des animaux si je veux être pasteur d’hommes, comme le roi David. » Marie, chrétienne catholique, s’est essayée à beaucoup de petits boulots avant d’atterrir chez les bétharramites. Abou Fofana quant à lui, est musulman d’une lignée d’agriculteurs, il compte simplement perpétuer la tradition familiale. Trois personnalités différentes, un maillon de la chaîne de production qui permettra aux retraitants de la maison d’accueil Bétharram d’avoir dans leurs assiettes, une nourriture bio.

« Nous n’utilisons pas d’engrais chimique », explique le Fr. Herman responsable de la formation et de la discipline des stagiaires. Pour appuyer ses dires, il désigne un énorme tas de compost derrière les plants de navets et de choux. La nourriture des poulets, cailles et autres porcs est également produite sur place, par les stagiaires.

La maison d’accueil Notre Dame de Bétharram

Juste en face de la ferme pédagogique Tshanfeto, la maison d’accueil notre Dame de Bétharram reçoit des visiteurs depuis 2015. En petit nombre- pas plus de 30. « Il s’agit pour la plupart, de religieux ou religieuses venus se ressourcer. Il y a souvent aussi des étudiants qui préparent leur thèse ou encore des couples en lune de miel », explique le Fr. Valentin, responsable du centre d’accueil. Aux heures de repas, ce sont les aliments produits par les stagiaires de Tshanfeto qui sont à l’honneur. Ignames, aubergines, piments mais aussi cailles, poulets, œufs. « Notre défi est de prendre soin des gens qui viennent se reposer chez nous. Prendre soin de leur santé physique comme spirituelle. » Les retraitants profitent des mêmes espaces verts que les religieux.

Les retraitants bénéficient des prières communautaires

C’est en effet dans l’enceinte de la maison de formation des frères du Sacré-Cœur que sont accueillis ces visiteurs en quête de silence. En plus des prêtres, une vingtaine de frères en formation réside dans des pavillons autour de la chapelle Sainte Marie de Jésus Crucifié. « Nous voulons ainsi que les retraitants bénéficient des prières communautaires, ils peuvent aussi profiter d’un suivi spirituel s’ils le désirent », commente le responsable de la maison d’accueil. L’enjeu est de se couper au maximum de la pollution des grandes villes pour profiter d’une nourriture naturellement produite par la terre-mère. Se ressourcer en mangeant bio.

La congrégation des frères du Sacré-Cœur de Bétharram

Les religieux du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram sont présents en Côte d’Ivoire depuis 1959. Fidèles à leur charisme, « aller là où les autres ne veulent pas aller », ils se sont installés dans le diocèse de Katiola, à 431 km d’Abidjan. Depuis 1990, le diocèse de Yopougon leur a confié la paroisse Saint-Bernard d’Adiopodoumé, à la sortie de la ville.

Lucie Sarr / Urbi&Orb, à Abidjan
pape-francois-14-decembre-16

Catéchèse en français: « Le mal ne triomphera pas toujours »

« Le mal ne triomphera pas toujours, le désespoir est vaincu », a affirmé le pape François lors de l’audience générale du 14 décembre 2016, en la salle Paul VI du Vatican.

Poursuivant son cycle de catéchèses sur l’espérance, le pape a souligné que « lorsque tout semble perdu et que la foi chancelle face à tant de réalités négatives, cette joyeuse nouvelle de Noël retentit : Dieu vient ».

« Chacun de nous est à son tour appelé à se réveiller (…) et à devenir, pour les autres, messager de paix, de justice et de vérité », a-t-il ajouté.

AK

Synthèse de la catéchèse du pape en français

Frères et sœurs, à l’approche de Noël le prophète Isaïe nous ouvre à l’espérance du salut. Le Seigneur veut libérer Jérusalem : « Me voici ! ». Il se fait proche du « petit reste » d’Israël qui, à travers les épreuves, résiste dans la foi et verra bientôt les merveilles de Dieu : « Comme ils sont beaux, sur les montagnes, les pas du messager qui annonce la paix ». C’est l’annonce joyeuse du Règne de Dieu qui se penche sur les hommes pour leur offrir sa miséricorde, Règne instauré en Jésus Christ.

Lorsque tout semble perdu et que la foi chancelle face à tant de réalités négatives, cette joyeuse nouvelle de Noël retentit : Dieu vient, et il refait toute chose nouvelle ; le mal ne triomphera pas toujours, le désespoir est vaincu.

Chacun de nous est à son tour appelé à se réveiller, à l’invitation du prophète, et à devenir, pour les autres, messager de paix, de justice et de vérité.

Posted by Zenit on 14 December, 2016

pape-francois-14-decembre-2016

Le pape invite les jeunes prêtres à être « médiateurs », pas « intermédiaires »

Lors de l’audience générale du 14 décembre 2016, le pape François a encouragé les jeunes prêtres à être « médiateurs », et non pas « intermédiaires ».

Après la catéchèse, le pape a en effet salué les séminaristes de Brescia, dans la région italienne de la Lombardie ainsi que les nouveaux prêtres de la congrégation des Légionnaires du Christ, présents avec leurs familles salle Paul VI. Trente-six Légionnaires ont été ordonnés dans la basilique de Saint-Jean-du-Latran le 10 décembre dernier, par le cardinal Secrétaire d’Etat, Pietro Parolin.

« Je souhaite, a dit le pape, que vous puissiez vivre votre sacerdoce avec authenticité, esprit de service et capacité de médiation entre la grâce de Dieu et la fragilité de la condition humaine ». « Capacité de médiation, a-t-il insisté : vous devez être des médiateurs, jamais des intermédiaires ».

Le pape a récemment invité les prêtres à être médiateurs, au cours de la messe du 9 décembre : la logique de Jésus, « c’est la logique du médiateur », différente de celle de « l’intermédiaire », qui « fait son travail et reçoit sa paie » comme un « fonctionnaire », a-t-il expliqué.

Le prêtre authentique, a soutenu le pape, « est un médiateur très proche de son peuple » et il suit la logique de Jésus qui est « de s’anéantir soi-même ». Le prix est « de donner sa vie, (…) sa fatigue, son travail » pour « unir le troupeau, pour unir les personnes, pour les conduire à Jésus ».

Le prêtre intermédiaire, a-t-il prévenu, « n’est pas heureux » : « Les prêtres intermédiaires prennent le chemin de la rigidité : si souvent, (…) ils ne savent pas ce qu’est la souffrance humaine ; (…) ils sont rigides ». Et les fidèles « sont chassés par cette rigidité ».

Posted by Anne Kurian, Zenit on 14 December, 2016

pape-francois

50° Journée mondiale de la Paix: Le Pape consacre son message pour le 1er janvier 2017

« En 2017, engageons-nous, par la prière et par l’action, à devenir des personnes qui ont banni de leur cœur, de leurs paroles et de leurs gestes, la violence, et à construire des communautés non-violentes, qui prennent soin de la maison commune », écrit le pape François.

Le pape consacre son message pour le 1er janvier 2017 – 50e Journée mondiale de la paix – à  « la non-violence comme style d’une politique de paix ».

Le pape affirme qu’aucune religion n’est terrorise » et qu’aucune guerre n’est « sainte »: seule la paix est « sainte ». Il plaide pour la non-violence aux niveaux international et familial. Il appelle au désarmement nucléaire notamment et à la fin de violences domestiques.

Le pape cite longuement Mère Teresa de Calcutta et il se dit impressionné par les exemples d’engagement à la non-violence. Il  cite aussi Jean-Paul II et Thérèse de Lisieux, pour demander la diffusion de cette culture de la non-violence à partir de la famille.

Il fait observer que « Jésus lui-même nous offre un ‘‘manuel’’ de cette stratégie de construction de la paix dans le Discours sur la montagne ».

AB, Zenit

onu-jrnee-mondiale-paix

50° Journée mondiale de la Paix: «La non-violence: style d’une politique pour la paix»

1. Au début de cette nouvelle année, je présente mes vœux sincères de paix aux peuples et aux nations du monde, aux Chefs d’État et de Gouvernement, ainsi qu’aux responsables des communautés religieuses et des diverses expressions de la société civile. Je souhaite la paix à chaque homme, à chaque femme ainsi qu’à chaque enfant et je prie pour que l’image et la ressemblance de Dieu dans chaque personne nous permettent de nous reconnaître mutuellement comme des dons sacrés dotés d’une immense dignité. Surtout dans les situations de conflit, respectons cette « dignité la plus profonde » 1 et faisons de la non-violence active notre style de vie.

Voilà le Message pour la 50ème Journée Mondiale de la Paix. Dans le premier, le bienheureux Pape Paul VI s’est adressé à tous les peuples, non seulement aux catholiques, par des paroles sans équivoque : « Finalement [a] émergé d’une manière très claire le fait que la paix était l’unique et vraie ligne du progrès humain (et non les tensions des nationalismes ambitieux, non les conquêtes violentes, non les répressions créatrices d’un faux ordre civil) ». Il mettait en garde contre le « péril de croire que les controverses internationales ne peuvent se résoudre par les voies de la raison, à savoir par des pourparlers fondés sur le droit, la justice et l’équité, mais seulement au moyen des forces qui sèment la terreur et le meurtre ». Au contraire, en citant Pacem in terris de son prédécesseur saint Jean XXIII, il exaltait « le sens et l’amour de la paix, fondée sur la vérité, sur la justice, sur la liberté, sur l’amour ». 2 L’actualité de ces paroles, qui aujourd’hui ne sont pas moins importantes et pressantes qu’il y a cinquante ans, est frappante.

À cette occasion, je souhaite m’arrêter sur la non-violence comme style d’une politique de paix et je demande à Dieu de nous aider tous à puiser à la non-violence dans les profondeurs de nos sentiments et de nos valeurs personnelles. Que ce soient la charité et la non-violence qui guident la manière dont nous nous traitons les uns les autres dans les relations interpersonnelles, dans les relations sociales et dans les relations internationales. Lorsqu’elles savent résister à la tentation de la vengeance, les victimes de la violence peuvent être les protagonistes les plus crédibles de processus non-violents de construction de la paix. Depuis le niveau local et quotidien jusqu’à celui de l’ordre mondial, puisse la non-violence devenir le style caractéristique de nos décisions, de nos relations, de nos actions, de la politique sous toutes ses formes !

Un monde en morceaux

2. Le siècle dernier a été ravagé par deux guerres mondiales meurtrières ; il a connu la menace de la guerre nucléaire et un grand nombre d’autres conflits, tandis qu’aujourd’hui, malheureusement, nous sommes aux prises avec une terrible guerre mondiale par morceaux. Il n’est pas facile de savoir si le monde est actuellement plus ou moins violent qu’il l’a été hier, ni si les moyens de communication modernes et la mobilité qui caractérise notre époque nous rendent conscients de la violence ou plus habitués à elle.

De toute façon, cette violence qui s’exerce par ‘‘morceaux’’, de manières et à des niveaux différents, provoque d’énormes souffrances dont nous sommes bien conscients : guerres dans différents pays et continents ; terrorisme, criminalité et attaques armées imprévisibles ; les abus subis par les migrants et par les victimes de la traite ; la dévastation de l’environnement. À quelle fin ? La violence permet-elle d’atteindre des objectifs de valeur durable ? Tout ce qu’elle obtient n’est-ce pas plutôt de déchaîner des représailles et des spirales de conflits mortels qui ne profitent qu’à un petit nombre de ‘‘seigneurs de la guerre’’ ?

La violence n’est pas le remède pour notre monde en morceaux. Répondre à la violence par la violence conduit, dans la meilleure des hypothèses, à des migrations forcées et à d’effroyables souffrances, puisque d’importantes quantités de ressources sont destinées à des fins militaires et soustraites aux exigences quotidiennes des jeunes, des familles en difficulté, des personnes âgées, des malades, de la grande majorité des habitants du monde. Dans le pire des cas, elle peut conduire à la mort, physique et spirituelle, de beaucoup, voire de tous.

La Bonne Nouvelle

3. Jésus aussi a vécu en des temps de violence. Il a enseigné que le vrai champ de bataille, sur lequel s’affrontent la violence et la paix, est le cœur de l’homme : « C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses » (Mc 7, 21). Mais le message du Christ, face à cette réalité, offre la réponse radicalement positive : il a prêché inlassablement l’amour inconditionnel de Dieu qui accueille et pardonne et il a enseigné à ses disciples à aimer les ennemis (cf. Mt 5, 44) et à tendre l’autre joue (cf. Mt 5, 39). Lorsqu’il a empêché ceux qui accusaient la femme adultère de la lapider (cf. Jn 8, 1- 11) et lorsque, la nuit d’avant sa mort, il a dit à Pierre de remettre son épée au fourreau (cf. Mt 26, 52), Jésus a tracé la voie de la non-violence, qu’il a parcourue jusqu’au bout, jusqu’à la croix, par laquelle il a réalisé la paix et détruit l’inimitié (cf. Ep 2, 14-16). C’est pourquoi, celui qui accueille la Bonne Nouvelle de Jésus sait reconnaître la violence qu’il porte en lui-même et se laisse guérir par la miséricorde de Dieu, en devenant ainsi, à son tour, un instrument de réconciliation, selon l’exhortation de saint François d’Assise : « La paix que vos bouches annoncent, ayez-la plus encore en vos cœurs ».3

Être aujourd’hui de vrais disciples de Jésus signifie adhérer également à sa proposition de non-violence. Comme l’a affirmé mon prédécesseur Benoît XVI, elle « est réaliste, car elle tient compte du fait que dans le monde il règne trop de violence, trop d’injustice, et que par conséquent, on ne peut surmonter cette situation qu’en lui opposant un supplément d’amour, un supplément de bonté. Ce ‘‘supplément’’ vient de Dieu ». 4 Et il ajoutait avec une grande force : « Pour les chrétiens, la non-violence n’est pas un simple comportement tactique, mais bien une manière d’être de la personne, l’attitude de celui qui est tellement convaincu de l’amour de Dieu et de sa puissance, qu’il n’a pas peur d’affronter le mal avec les seules armes de l’amour et de la vérité. L’amour de l’ennemi constitue le noyau de la ‘‘révolution chrétienne’’ ».5 Justement, l’évangile du aimez vos ennemis (cf. Lc 6, 27) est considéré comme «la magna charta de la non-violence chrétienne » ; il ne consiste pas « à se résigner au mal […] mais à répondre au mal par le bien (cf. Rm 12, 17-21), en brisant ainsi la chaîne de l’injustice ».6

Plus puissante que la violence

4. La non-violence est parfois comprise dans le sens de capitulation, de désengagement et de passivité, mais en réalité il n’en est pas ainsi. Lorsque Mère Térésa a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1979, elle a livré clairement son message de non-violence active : « Dans notre famille, nous n’avons pas besoin de bombes et d’armes, de détruire pour apporter la paix, mais uniquement d’être ensemble, de nous aimer les uns les autres […]. Et nous pourrons vaincre tout le mal qu’il y a dans le monde ».7 Car, la force des armes est trompeuse. « Tandis que les trafiquants d’armes font leur travail, il y a les pauvres artisans de paix qui, seulement pour aider une personne, une autre, puis une autre, puis une autre, donnent leur vie » ; pour ces artisans de paix, Mère Térésa est « un symbole, une icône de notre temps ».8 En septembre dernier, j’ai eu la grande joie de la proclamer sainte. J’ai loué sa disponibilité envers tous par « l’accueil et la défense de la vie humaine, de la vie dans le sein maternel [et] de la vie abandonnée et rejetée. […] Elle s’est penchée sur les personnes abattues qu’on laisse mourir au bord des routes, en reconnaissant la dignité que Dieu leur a donnée ; elle a fait entendre sa voix aux puissants de la terre, afin qu’ils reconnaissent leurs fautes face aux crimes – face aux crimes – de la pauvreté qu’ils ont créée eux-mêmes ».9 En réponse, sa mission – et en cela, elle représente des milliers, voire des millions de personnes – est d’aller à la rencontre des victimes avec générosité et dévouement, en touchant et en pansant tout corps blessé, en guérissant toute vie brisée.

La non-violence pratiquée avec détermination et cohérence a donné des résultats impressionnants. Les succès obtenus par le Mahatma Gandhi et Khan Abdul Ghaffar Khan dans la libération de l’Inde, et par Martin Luther King Jr contre la discrimination raciale ne seront jamais oubliés. Les femmes, en particulier, sont souvent des leaders de non-violence, comme par exemple, Leymah Gbowee et des milliers de femmes libériennes, qui ont organisé des rencontres de prière et une protestation non-violente (pray-ins) obtenant des négociations de haut niveau pour la fin de la deuxième grande guerre civile au Libéria.

Nous ne pouvons pas non plus oublier la décennie historique qui s’est conclue par la chute des régimes communistes en Europe. Les communautés chrétiennes ont apporté leur contribution par la prière insistante et l’action courageuse. Le ministère et le magistère de saint Jean-Paul II ont exercé une influence particulière. En réfléchissant sur les événements de 1989 dans l’Encyclique Centesimus annus (1991), mon prédécesseur soulignait qu’un changement historique dans la vie des peuples, des nations et des États se réalise « par une lutte pacifique, qui [utilise] les seules armes de la vérité et de la justice ».10 Ce parcours de transition politique vers la paix a été rendu possible en partie « par l’action non violente d’hommes qui, alors qu’ils avaient toujours refusé de céder au pouvoir de la force, ont su trouver dans chaque cas la manière efficace de rendre témoignage à la vérité ». Et il concluait : « Puissent les hommes apprendre à lutter sans violence pour la justice, en renonçant à la lutte des classes dans les controverses internes et à la guerre dans les controverses internationales ».11

L’Église s’est engagée pour la réalisation de stratégies non-violentes de promotion de la paix dans beaucoup de pays, en sollicitant même les acteurs les plus violents dans des efforts pour construire une paix juste et durable.

Cet engagement en faveur des victimes de l’injustice et de la violence n’est pas un patrimoine exclusif de l’Église catholique, mais est propre à de nombreuses traditions religieuses pour lesquelles « la compassion et la non-violence sont essentielles et indiquent la voie de la vie ». 12 Je le réaffirme avec force : « Aucune religion n’est terroriste ».13 La violence est une profanation du nom de Dieu.14 Ne nous lassons jamais de le répéter : « Jamais le nom de Dieu ne peut justifier la violence. Seule la paix est sainte. Seule la paix est sainte, pas la guerre ! ».15

La racine domestique d’une politique non-violente

5. Si l’origine dont émane la violence est le cœur des hommes, il est alors fondamental de parcourir le sentier de la non-violence en premier lieu à l’intérieur de la famille. C’est une composante de cette joie de l’amour que j’ai présentée, en mars dernier, dans l’Exhortation apostolique Amoris laetitia, en conclusion de deux ans de réflexion de la part de l’Église sur le mariage et la famille. La famille est le creuset indispensable dans lequel époux, parents et enfants, frères et sœurs apprennent à communiquer et à prendre soin les uns des autres de manière désintéressée, et où les frictions, voire les conflits doivent être surmontés non pas par la force, mais par le dialogue, le respect, la recherche du bien de l’autre, la miséricorde et le pardon.16 De l’intérieur de la famille, la joie de l’amour se propage dans le monde et rayonne dans toute la société.17 D’autre part, une éthique de fraternité et de coexistence pacifique entre les personnes et entre les peuples ne peut se fonder sur la logique de la peur, de la violence et de la fermeture, mais sur la responsabilité, sur le respect et sur le dialogue sincère. En ce sens, j’adresse un appel en faveur du désarmement, ainsi que de la prohibition et de l’abolition des armes nucléaires : la dissuasion nucléaire et la menace de la destruction réciproque assurée ne peuvent pas fonder ce genre d’éthique.18 Avec la même urgence, je supplie que cessent la violence domestique et les abus envers les femmes et les enfants.

Le Jubilé de la Miséricorde, conclu en novembre dernier, a été une invitation à regarder dans les profondeurs de notre cœur et à y laisser entrer la miséricorde de Dieu. L’année jubilaire nous a fait prendre conscience du grand nombre et de la grande variété des personnes et des groupes sociaux qui sont traités avec indifférence, sont victimes d’injustice et subissent la violence. Ils font partie de notre ‘‘famille’’, ils sont nos frères et nos sœurs. C’est pourquoi les politiques de non-violence doivent commencer entre les murs de la maison pour se diffuser ensuite dans l’entière famille humaine. « L’exemple de sainte Thérèse de Lisieux nous invite à pratiquer la petite voie de l’amour, à ne pas perdre l’occasion d’un mot aimable, d’un sourire, de n’importe quel petit geste qui sème paix et amitié. Une écologie intégrale est aussi faite de simples gestes quotidiens par lesquels nous rompons la logique de la violence, de l’exploitation, de l’égoïsme. ».19

Mon invitation

6. La construction de la paix au moyen de la non-violence active est un élément nécessaire et cohérent avec les efforts permanents de l’Église pour limiter l’utilisation de la force par les normes morales, par sa participation aux travaux des institutions internationales et grâce à la contribution compétente de nombreux chrétiens à l’élaboration de la législation à tous les niveaux. Jésus lui-même nous offre un ‘‘manuel’’ de cette stratégie de construction de la paix dans le Discours sur la montagne. Les huit béatitudes (cf. Mt 5, 3-10) tracent le profil de la personne que nous pouvons qualifier d’heureuse, de bonne et d’authentique. Heureux les doux – dit Jésus –, les miséricordieux, les artisans de paix, les cœurs purs, ceux qui ont faim et soif de justice.

C’est aussi un programme et un défi pour les leaders politiques et religieux, pour les responsables des institutions internationales et pour les dirigeants des entreprises et des media du monde entier : appliquer les Béatitudes dans leur manière d’exercer leurs responsabilités propres. Un défi à construire la société, la communauté ou l’entreprise dont ils sont responsables avec le style des artisans de paix ; à faire preuve de miséricorde en refusant de rejeter les personnes, d’endommager l’environnement et de vouloir vaincre à tout prix. Cela demande la disponibilité « [à] supporter le conflit, [à] le résoudre et [à] le transformer en un maillon d’un nouveau processus ».20 Œuvrer de cette façon signifie choisir la solidarité comme style pour écrire l’histoire et construire l’amitié sociale. La non-violence active est une manière de montrer que l’unité est vraiment plus puissante et plus féconde que le conflit. Tout dans le monde est intimement lié.21 Certes, il peut arriver que les différences créent des frictions : affrontons-les de manière constructive et non-violente, de façon que « les tensions, et les oppositions [puissent] atteindre une unité multiforme, unité qui engendre une nouvelle vie », en conservant « les précieuses potentialités des polarités en opposition ». 22

J’assure que l’Église catholique accompagnera toute tentative de construction de la paix, y compris par la non-violence active et créative. Le 1er janvier 2017 naît le nouveau Dicastère pour le Service du Développement humain intégral, qui aidera l’Église à promouvoir de manière toujours plus efficace les « biens incommensurables de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création » et de la sollicitude envers les migrants, « les personnes dans le besoin, les malades et les exclus, les personnes marginalisées et les victimes des conflits armés et des catastrophes naturelles, les détenus, les chômeurs et les victimes de toute forme d’esclavage et de torture ».23 Chaque action dans cette direction, aussi modeste soit-elle, contribue à construire un monde libéré de la violence, premier pas vers la justice et la paix.

En conclusion

7. Conformément à la tradition, je signe ce Message le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Marie est la Reine de la Paix. À la naissance de son Fils, les anges glorifiaient Dieu et souhaitaient paix sur la terre aux hommes et aux femmes de bonne volonté (cf. Lc 2, 14). Demandons à la Vierge d’être notre guide.

« Tous nous désirons la paix ; beaucoup de personnes la construisent chaque jour par de petits gestes ; nombreux sont ceux qui souffrent et supportent patiemment les efforts de beaucoup de tentatives pour la construire ». 24 En 2017, engageons-nous, par la prière et par l’action, à devenir des personnes qui ont banni de leur cœur, de leurs paroles et de leurs gestes, la violence, et à construire des communautés non-violentes, qui prennent soin de la maison commune. « Rien n’est impossible si nous nous adressons à Dieu dans la prière. Tous nous pouvons être des artisans de paix ».25

Du Vatican, le 8 décembre 2016

Pape François

___________________

1 Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 228.

2 Message pour la célébration de la 1ère Journée de la Paix, 1er janvier 1968.

3 « Légende des trois compagnons », n. 58, Sources franciscaines, Cerf/Éditions franciscaines, 2010, p. 1146.

4 Angelus, 18 février 2007.

5 Ibid.

6 Ibid.

7 Mère Térésa, Discours pour le Prix Nobel, 11 décembre 1979.

8 Méditation « La route de la paix », Chapelle de la Domus Sanctae Marthae, 19 novembre 2015.

9 Homélie pour la canonisation de la bienheureuse Mère Térésa de Calcutta, 4 septembre 2016.

10 N. 23.

11 Ibid.

12 Discours lors de l’Audience interreligieuse, 3 novembre 2016.

13 Discours à la 3ème Rencontre mondiale des mouvements populaires, 5 novembre 2016.

14 Cf. Discours lors de la Rencontre avec le Cheikh des Musulmans du Caucase et avec des Représentants des autres communautés religieuses, Bakou, 2 octobre 2016.

15 Discours, Assise, 20 septembre 2016.

16 Cf. Exhort. ap. postsyn. Amoris laetitia, nn. 90-130.

17 Cf. Ibid., nn. 133.194.234.

18 Cf. Message à l’occasion de la Conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, 7 décembre 2014.

19 Lett. enc. Laudato si’, n. 230.

20 Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 227.

21 Cf. Lett. enc. Laudato si’, nn. 16.117.138.

22 Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 228.

23 Lettre apostolique sous forme de ‘‘Motu proprio’’ par laquelle est institué le Dicastère pour le Service du Développement humain intégral, 17 août 2016.

24 Regina Caeli, Bethléem, 25 mai 2014.

25 Appel, Assise, 20 septembre 2016.

© Librairie éditrice du Vatican

rome-pape-la-vie-pelerinage

Saint-André: « Notre vie est un pèlerinage vers la Maison du Père »

« Notre vie est un pèlerinage vers la Maison du Père », souligne le pape François en évoquant la mission de l’apôtre saint André.

Le pape a évoqué la fête de l’apôtre « premier appelé », qui a ensuite conduit Pierre à Jésus: « J’adresse mes salutations affectueuses aux jeunes, aux personnes malades et aux nouveaux époux. Aujourd’hui, nous célébrons la fête de l’apôtre André, frère de saint Pierre ».

Le pape a cité implicitement la scène du matin de la résurrection et la visite des deux frères au tombeau du Christ: « Que sa course vers le tombeau à la rencontre du Seigneur vous rappelle à vous, chers jeunes, que notre vie est un pèlerinage vers la Maison du Père. »

Le pape a aussi évoqué le martyre de saint André, crucifié sous l’empereur romain Néron, à Patras (Grèce) en l’an 60 : « Que sa force pour affronter le martyre vous soutienne, chers malades, quand la souffrance semble insupportable. »

« Et que sa « sequela » passionnée pour le Sauveur vous pousse, chers nouveaux époux, à saisir l’importance de l’amour dans votre nouvelle famille », a conclu le pape François.

Source: Zenit

jrne-inter-contre-violences-faites-aux-femmes

Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

Le pape élève la voix en faveur des femmes pour qu’elles soient «libres et en toute dignité»

En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le pape François rappelle que le Christ veut les femmes « libres et en toute dignité ».

« Combien de femmes accablées du poids de la vie et du drame de la violence ! Le Seigneur les veut libres et en toute dignité », a-t-il affirmé dans un tweet posté sur son compte @Pontifex_fr, ce vendredi 25 novembre 2016.

Le pape a dénoncé à de nombreuses reprises les violences dont les femmes sont victimes. Il s’insurge contre «la violence honteuse qui parfois s’exerce sur les femmes» dans son exhortation apostolique sur la famille, Amoris Laetitia.

Le pape y déplore «les abus dans le cercle familial» ainsi que «les diverses formes d’esclavage, qui ne constituent pas une démonstration de force masculine, mais une lâche dégradation».

Il y a un an, le 25 novembre 2015,  le pape François a reçu à la Maison Sainte-Marthe du Vatican un groupe de onze femmes et de six enfants, hébergés dans un centre d’accueil pour les victimes de la violence domestique et de la prostitution.

La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes est soutenue par l’Organisation des Nations unies. La date du 25 novembre a pour origine l’assassinat, le 25 novembre 1960 des sœurs Mirabal, militantes politiques contre la dictature en République dominicaine.