Archives pour la catégorie Paix & Sécurité

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« De tous les chefs d’Etat français », François Hollande « aura été celui dont le rapport avec l’Afrique aura été le plus sincère et le plus loyal ». C’est ce qu’a déclaré, samedi, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), le président du Mali. C’était à l’occasion du sommet France-Afrique.

François Hollande qui participait à son dernier sommet France-Afrique, s’est montré heureux. Le président français a dit quelques mots.

« Je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique » a fait savoir, François Hollande. Selon lui, «la France restera toujours au côté du Mali jusqu’à l’aboutissement du processus de paix. Jusqu’à ce que l’Etat malien puisse avoir son autorité respectée sur l’ensemble du territoire malien».

De l’avis du président français, les terroristes ne contrôlent plus aucun territoire (au Mali), la démocratie a repris son cours. Pour preuve, les élections ont eu lieu, l’économie repart et la réconciliation avec les accords d’Alger est en cours ».

Et de poursuivre : « Ensemble, la France, l’Afrique nous avons été capables de relever des défis et de faire avancer le monde. Ensemble, l’Afrique, la France, nous avons été capables, aux Nations unies, de porter des objectifs de développement durable. L’Afrique, la France, ensemble, nous portons le message d’une réduction des inégalités à l’échelle planétaire».

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Seychelles : Vincent Mériton a pris part au Sommet France-Afrique

Une soixantaine de délégations des pays et des organisations multilatérales ont participé à ce Sommet de Bamako « pour le partenariat, la paix et l’émergence ».

Dans son intervention le Vice-Président a mis l’accent sur la démocratie, la bonne gouvernance et l’état de droit comme le socle du développement durable et de la paix et la sécurité. Il a souligné l’importance de l’économie bleue, considérée par l’Union africaine dans son Agenda 2063 comme « l’avenir de l’Afrique » car elle ouvre des perspectives d’une croissance économique écologiquement durable et socialement inclusive. Il a aussi appelé à la mise en application des promesses de la COP21 de Paris et la COP22 de Marrakech dans la lutte contre les changements climatiques.

Le sommet a adopté une déclaration dans laquelle les chefs d’état et de gouvernement affirment leur volonté d’unir davantage leurs efforts pour prévenir et lutter contre toutes les formes de menace à la paix, à la sécurité et à stabilité notamment le terrorisme, le crime transnational organisé, l’insécurité maritime, la radicalisation et l’extrémisme violent.

Au titre du développement et de l’émergence, ils ont convenu d’inscrire leurs actions dans le cadre du Programme d’Action d’Addis Abeba sur le financement du développement, les objectifs du développement durable des Nations-Unies, l’Accord de Paris sur le changement climatique et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Face aux défis d’ordre économique, social, humanitaire, environnemental et climatique ils ont réaffirmé leur engagement à intensifier les efforts contre la pauvreté et en faveur d’une croissance économique inclusive et diversifiée.

Le renforcement des systèmes de santé ainsi que des systèmes d’éducation et de formation professionnelle et entrepreneuriale, et le développement des investissements étrangers et du partenariat publique-privé, sont autant de sujets sur lesquelles les participants se sont prononcés. Ils ont appelé à la prise en compte du potentiel de croissance et de transformation économique et sociale que représente l’économique numérique, l’innovation et les énergies renouvelables.

La déclaration reconnait aussi le potentiel de l’économie bleue comme « moteur d’une croissance économique solidaire et soucieuse de l’environnement » et appelle à une coopération accrue dans ce secteur.

En marge du sommet la délégation seychelloise a participé au Forum économique organisé le 13 janvier par le Conseil national du patronat de Mali (CNPM) et le Mouvement des entreprises de France (MEDEF).

Le Vice-Président Mériton était accompagné de M. Alain Volcère, Secrétaire général au bureau du Vice-Président et de l’Ambassadeur Bernard Shamlaye.

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Le cacao congolais du Nord-Kivu attend la paix pour tenir ses promesses de développement

Depuis octobre 2014, la région subit une vague de massacres de civils dont on peine à identifier les coupables et dans laquelle plus de 700 personnes ont trouvé la mort.

 

A 51 ans, Antoine Kakule Kihumuledi rêve de s’offrir une voiture pour transporter sa récolte de cacao. Comme tant d’autres habitants du territoire de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, il désire aussi ardemment la paix, pour pouvoir réaliser ses projets.

M. Kakule est un pionnier de la culture du cacao dans cette région du nord du Nord-Kivu, province déchirée par les guerres et la violence armée depuis plus de vingt ans.

Il dit avoir commencé à planter pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003) et se souvient d’une première récolte vers 2007.

A l’aide d’une faucille montée au bout d’un long manche, ce père de six enfants détache les cabosses jaunes et oranges qui pendent des troncs des cacaoyers. Ceux-ci s’épanouissent à l’ombre d’arbres parasols, dans sa plantation de Mbau, à environ 25 km au nord de la ville de Beni.

A l’orée de son champ, M. Kakule montre la piste qui part vers l’est. A quelques kilomètres se trouve une position de l’armée congolaise. Lui se sent « en sécurité » mais il n’oserait pas s’aventurer au-delà.

Après le « décabossage », les fèves des fruits cueillis par M. Kakule sont mises à fermenter, avant d’être séchées au soleil et vendues pour l’exportation.

Comme beaucoup d’autres ressources naturelles de la RDC, un des pays les moins développés de la planète, le cacao n’est pas transformé sur place.

En 2015, M. Kakule dit avoir vendu 1.200 kg à un prix supérieur à 2 dollars le kilo. Les cours mondiaux ayant baissé, les planteurs vendent désormais le kilo de cacao entre 1,6 et 2 dollars en fonction de sa qualité.

Substitut au café

Dans un pays où, selon l’ONU, près de 90% de la population survit avec moins de 1,25 dollar par jour, M. Kakule, qui nourrit sa famille grâce au manioc et aux légumes produits sur son terrain, s’estime heureux de son sort.

« Les recettes me permettent de faire étudier mes enfants, de prendre en charge leurs soins médicaux et de faire des projets, comme celui de construire [une nouvelle] maison », dit-il, particulièrement fier de sa fille, enseignante fraîchement diplômée.

Que M. Kakule puisse aujourd’hui rêver d’une voiture pour s’épargner les efforts liés au transport de sa récolte a quelque chose d’extraordinaire.

Sa chance est d’avoir rencontré ESCO Kivu. En 1998, cette société installée de longue date à Beni se lance dans la culture du cacao à titre expérimental.

L’idée, alors, est de trouver un relais de croissance à deux produits d’exportation traditionnels de la région: l’écorce de quinquina (d’où est extraite la quinine), en perte de vitesse, et le café, dont les plantations ont été ravagées par un champignon.

Les essais sont concluants: les sols de Beni se prêtent bien à la pousse des cacaoyers et la saison sèche ne dure pas trop longtemps, condition indispensable pour ces arbres qui ont besoin d’humidité.

En l’absence de demande locale, « nous avons créé le marché » en permettant aux planteurs de se lancer avec la certitude que leur récolte serait achetée, explique Jacques Matumo, administrateur d’ESCO Kivu.

Car ESCO ne produit pas, elle apporte aux planteurs indépendants l’assistance technique dont ils ont besoin en mettant à leur disposition des agronomes, et achète leur production qu’elle conditionne ensuite pour l’exporter vers l’Europe et les États-Unis.

Visiter l’usine d’ESCO offre une expérience rare au Congo. Les lieux sont propres, les machines tournent et les employés, à qui l’on sert chaque jour un déjeuner, apparaissent globalement satisfaits.

Champs abandonnés

Un cadre qui préfère garder l’anonymat dit gagner « dans les 700 dollars » chaque mois et savoure sa chance de travailler ici.

Le cacao qui sort de l’usine est certifié UTZ, label garantissant un mode de production durable soucieux du bien-être de la population locale et de la préservation de son environnement naturel.

ESCO dit employer environ 200 personnes et travailler en partenariat avec 29.000 planteurs. Elle est aujourd’hui concurrencée par une poignée d’autres entreprises qui lui ont emboîté le pas.

Pour Cléophas Paluku Kahongya, président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC, patronat) de Beni, « le cacao contribue beaucoup au relèvement de l’économie locale ».

L’intensification de sa culture devrait favoriser l' »émergence d’une classe moyenne agricole », croit M. Matumo, mais ce projet se heurte au « grand problème [qu]’est l’insécurité ».

« On a perdu beaucoup de planteurs » dans les massacres, et il y en a aussi beaucoup d’autres « qui sont vivants mais qui ont abandonné leurs champs » et dont la production « pourrit » sur pied, quand elle n’est pas volée, dit-il.

A cela s’ajoute le problème de la fraude. En 2015, sur une production estimée à 20.000 tonnes, 9.000 ont été exportées clandestinement en Ouganda pour échapper à l’impôt congolais, indique M. Paluku.

M. Matumo déplore le niveau des taxes congolaises qui nuisent selon lui à la compétitivité du cacao local, mais il dénonce tout autant la fraude qui prive l’État, et donc la population, de ressources. « C’est comme si nous produisions pour le pays voisin », regrette-t-il.

Malgré tout, ESCO Kivu garde confiance : l’entreprise mise sur une hausse prochaine de ses volumes exportés et s’apprête à installer une nouvelle chaîne de triage des fèves dans son usine.

La Voix de l’Amérique Avec AFP

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Les conflits en cours continuent d’aggraver l’insécurité alimentaire, selon la FAO

Les conflits civils et les chocs liés aux conditions météorologiques ont fortement pesé sur la sécurité alimentaire en 2016, faisant augmenter le nombre de personnes ayant besoin d’une assistance alimentaire, selon un nouveau rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

La nouvelle édition du rapport «Perspectives de récolte et situation alimentaire», publiée jeudi, souligne que 39 pays ont besoin d’une aide extérieure pour couvrir leurs besoins alimentaires.

Alors que les perspectives sur les approvisionnements céréaliers dans le monde s’améliorent en raison de conditions de croissance favorables pour les cultures, les séquelles des dernières sécheresses persistent, tout comme les effets négatifs ressentis suite aux conflits.

Les prévisions agricoles suggèrent que les prochaines récoltes de grains seront bonnes mais que la faim va probablement s’intensifier dans certaines régions et ce, pendant les saisons maigres, avant que les nouvelles cultures n’arrivent à maturation. En Afrique australe, où les effets du phénomène El Niño ont fortement contribué à réduire la production agricole en 2016, le nombre de personnes ayant besoin d’une assistance extérieure de janvier à mars 2017 devrait augmenter de manière significative, comparé à la même période l’année précédente. Le rapport indique que les retards de croissance sont «beaucoup plus répandus» dans les zones connaissant des troubles telles que Madagascar, le Malawi et le Mozambique.

Dans certaines régions, les stocks de semences de céréales et de légumes, devenus inadéquats à la suite de deux récoltes insuffisantes et consécutives, pourraient limiter les campagnes de semis. La FAO et les gouvernements travaillent à la mise en œuvre de programmes de soutien agricole visant à améliorer l’accès aux intrants agricoles essentiels.

Les conflits jettent une ombre sur la sécurité alimentaire

Afin de faciliter la planification d’une intervention humanitaire, le rapport identifie les causes premières des crises alimentaires locales. Cela va du déficit exceptionnel de la production agricole au manque d’accès généralisé (en raison des faibles revenus, des prix élevés ou des perturbations des réseaux de distribution), en passant par les effets du conflit sur les conditions de sécurité alimentaire locale.

Les conflits civils et leurs conséquences, y compris les mouvements de réfugiés qui pèsent sur les pays d’accueil tels que le Cameroun et le Tchad, sont cités par 21 des 39 pays concernés. Les conflits généralisés peuvent conduire à la perte et à la diminution des moyens de production des ménages, comme cela est le cas en République centrafricaine, et à des problèmes de sécurité qui auront pour effet de freiner les activités agricoles, à l’image du Soudan du Sud. Dans certaines zones du pays, les récoltes, bien que meilleures, vont probablement avoir un effet éphémère en raison du conflit en cours, qui limite la pratique des activités agricoles, posant ainsi davantage de risques pour les communautés les plus vulnérables.

En Syrie, 9,4 millions de personnes ont besoin d’une assistance alimentaire, en raison de la poursuite du conflit civil. Cette année, le niveau de la production de blé devrait être environ 55% moins important que celui précédant la crise. Selon le rapport, le conflit en cours au Yémen a clairement contribué à faire augmenter le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire, dépassant largement l’évaluation de juin qui les estimaient à 14,2 millions.

Les tendances agricoles appelées à s’améliorer après une année 2016 difficile

En 2016, les sécheresses et les effets climatiques induits par le phénomène El Niño ont provoqué d’importantes pertes de récoltes dans plusieurs pays. L’ensemble de la production céréalière africaine a baissé en 2016 malgré quelques gains sous-régionaux, notamment en Afrique de l’Ouest et dans la région sahélienne, qui est en passe de battre un record avec sa production céréalière. En Afrique australe, la production de maïs a connu une forte baisse, menaçant gravement les conditions de sécurité alimentaire.

Les faibles récoltes ont entraîné une forte hausse des prix de l’incontournable maïs au Malawi, où 6,5 millions de personnes devraient vraisemblablement se retrouver en situation d’insécurité alimentaire lors de la prochaine saison maigre. D’un point de vue positif, avec la fin du phénomène El Niño, les estimations préliminaires font état d’une hausse de 27% des semis de maïs pour la campagne agricole sud-africaine de 2017, de loin le plus grand producteur de la région.

Alors que la plupart des pays d’Asie ont bénéficié de productions agricoles plutôt généreuses en 2016, notamment grâce à une nette relance en Inde, l’impact des conflits toujours en cours dans les pays du Proche-Orient continue d’amoindrir la production agricole et ce, malgré des conditions climatiques globalement favorables pour les cultures céréalières de base.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, un rebond de la production en Amérique centrale en 2016 serait apprécié, après des rendements diminués par la sécheresse l’année précédente, tandis que la campagne de semis de 2017 en Amérique du sud devrait bien démarrer après avoir enregistré une baisse des récoltes en 2016, due en grande partie aux sécheresses qui ont sévi en Bolivie, au Brésil et au Paraguay.

Les 39 pays ayant actuellement besoin d’une aide alimentaire extérieure sont : l’Afghanistan, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo, la République populaire démocratique de Corée, la République démocratique du Congo, Djibouti, l’Erythrée, l’Ethiopie, la Guinée, Haïti, l’Irak, le Kenya, le Lesotho, le Liberia, la Libye, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Birmanie, le Népal, le Niger, le Nigéria, le Pakistan, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, le Swaziland, la Syrie, l’Ouganda, le Yémen et le Zimbabwe.

Centre d’actualités de l’ONU

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Pour l’ONU, le Soudan du Sud est « à deux doigts d’une guerre civile ethnique »

14 décembre 2016 – A l’occasion d’une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme mercredi à Genève consacrée à la situation au Soudan du sud, plusieurs responsables de l’ONU ont souligné le risque d’un conflit ethnique généralisé.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, n’épargne personne. « Toutes les parties au conflit sont coupables de ces violations des droits de l’homme, y compris les forces gouvernementales », a-t-il indiqué.

Un niveau de violence et de tension ethnique que l’on peut observer dans le pays est sans précédent

Du point de vue du Haut-Commissaire, toutes les conditions sont en place pour que le conflit dégénère en conflit ethnique ; « mais le scénario du pire peut encore être évité », a déclaré M. Zeid, avant d’appeler le Conseil à prendre toutes les mesures pour l’éviter.

Pour la Présidente de la Commission sur les droits de l’homme au Soudan du Sud, Yasmin Sooka, le niveau de violence et de tension ethnique que l’on peut observer dans le pays est sans précédent, les Équatorias (NDLR: les trois États fédérés de la ceinture méridionale du Soudan du Sud) – jusqu’ici épargnés – étant devenus l’épicentre du conflit, a-t-elle indiqué, avant d’ajouter que la famine était en outre aux portes du pays.

« Des récits nous parviennent qui font état là-bas de cadavres trouvés le long des routes, d’attaques par des groupes armés inconnus et de contre-attaques des forces gouvernementales », a poursuivi Mme Sooka. « Un environnement propice aux violations des droits de l’homme s’est développé, alimenté par le déversement d’un discours de haine et par la déshumanisation de groupes ethniques de la part de responsables gouvernementaux, y compris le Président lui-même ». Le Soudan du Sud est à deux doigts d’une guerre civile ethnique sans merci qui pourrait déstabiliser toute la région, a conclu Mme Sooka. La communauté internationale doit agir maintenant, a-t-elle déclaré, après avoir indiqué que « la récente visite de la Commission au Soudan du Sud suggère qu’un processus de nettoyage ethnique régulier est en cours dans certaines parties du pays».

Le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide, Adam Dieng, a estimé pour sa part qu’il y avait un risque imminent et réel d’escalade de la violence entre les ethnies avec un potentiel de génocide. « Des mesures doivent être prises maintenant sans attendre pour prévenir les violences massives », a-t-il affirmé, se disant convaincu qu’il fallait un embargo sur les armes pour réduire le risque de perpétuation d’atrocités.

Des violences sexuelles qui n’épargnent pas les enfants

Cette 27ème session spéciale a également été l’occasion pour les responsables de l’ONU de dénoncer la violence sexuelle présente au Soudan du sud. M Zeid a fait état de cas de viols collectifs et d’exploitation sexuelle, touchant y compris des enfants. « Ces actes sont parfois commis sur une base purement ethnique », a-t-il précisé.

Mme Sooka a pour sa part indiqué qu’une étude menée par les Nations Unies avait révélé que 70% des femmes dans les camps avaient été violées, essentiellement par les membres de la police ou de l’armée, depuis l’éruption du conflit.

A l’issu des travaux de cette sessions spéciale, le Conseil des droits de l’homme a adopté sans vote une résolution réaffirmant le mandat de la Commission sur les droits de l’homme au Soudan du Sud en mettant de nouveau l’accent sur la nécessité d’établir les faits et les circonstances des allégations de violations de droits de l’homme afin d’assurer que les responsables aient à rendre des comptes.

A travers sa résolution, le Conseil a également condamné dans les termes les plus forts les violences sexuelles et sexistes répandues au Soudan du sud, y compris les viols et les viols de groupe, qui peuvent être utilisées comme arme de guerre, en toute impunité, par tous les groupes armés. Le Conseil demande à ladite Commission de suggérer, dès que possible et en collaboration avec l’ensemble du système des Nations Unies, des recommandations prioritaires à l’intention du Gouvernement de la République du Soudan du Sud quant à la manière de mettre fin aux violences sexuelles et sexistes. Le Conseil exhorte en outre le Gouvernement de la République du Soudan du Sud à nommer un représentant spécial sur la violence sexuelle et sexiste.

Centre d’actualités de l’ONU

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Agriculture, adaptation aux changements climatiques, égalité des sexes, paix et stabilité: les défis de l’Afrique selon le Secrétaire général de l’ONU

LES DÉFIS DE L’AFRIQUE SELON LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU

On trouvera ci-après le message du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, à l’occasion de la Journée de l’Afrique, célébrée le 25 mai 2014:

Transformation, croissance, dynamisme, progrès et partenariat: tels sont les mots d’ordre de l’Union africaine alors qu’elle s’engage dans la seconde moitié de son premier centenaire.  Je ne doute pas que la vision de l’Union africaine, telle que définie dans Agenda 2063 sera couronnée de succès.

L’agriculture et la sécurité alimentaire –thème retenu pour la Journée de l’Afrique cette année– joueront un rôle crucial.  Un plus grand nombre de pays investissent dans l’agriculture et les donateurs se sont engagés à accroître leurs financements et leur assistance technique dans ce secteur.  Je suis particulièrement préoccupé par le spectre de la famine sur le Soudan du Sud où, faute d’une véritable cessation des hostilités, les agriculteurs risquent de manquer la saison des semailles.

Mon initiative Défi Faim zéro vise à intensifier les efforts déployés pour éliminer la faim grâce à la mise en place de systèmes d’agriculture et d’alimentation durables.  La célébration en 2014 de l’Année internationale de l’agriculture familiale a pour objet de mobiliser une assistance en faveur des petits exploitants agricoles, en particulier les femmes, qui contribuent pour une si grande part à la sécurité alimentaire en Afrique.

Par ailleurs, il nous faut faire plus pour exploiter pleinement le potentiel du secteur agricole en Afrique, qui emploie 2 Africains sur 3.  En transformant les produits de base et en mettant en œuvre d’autres moyens pour créer de la valeur ajoutée, nous pouvons aider à développer les zones rurales, à créer des emplois et à rendre les populations autonomes, tout en assurant la sécurité alimentaire.

J’engage les dirigeants africains et leurs partenaires à promouvoir ces initiatives.  L’Organisation des Nations Unies continuera à redoubler d’efforts pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement et faire en sorte que les priorités de l’Afrique, énoncées dans la Position africaine commune, soient prises en compte dans le programme de développement pour l’après-2015.

J’invite aussi les dirigeants africains à participer au Sommet sur le climat que je convoquerai en septembre pour galvaniser l’action engagée en vue de parvenir à un véritable accord sur le climat.  L’Afrique fait partie des régions les plus exposées aux effets des changements climatiques, et j’offre mon soutien sans réserve aux dirigeants du continent dans les efforts qu’ils déploient pour affronter ce problème critique.

La Journée de l’Afrique est aussi l’occasion de réaffirmer notre engagement à l’égard des femmes et des jeunes africains.  Je tiens à exprimer ma solidarité avec les familles des lycéennes enlevées dans l’État de Borno au Nigéria, ainsi qu’avec le Gouvernement et le peuple nigérians, et je m’engage à m’efforcer d’assurer leur retour saines et sauves dans leur famille.

L’Afrique connaît une croissance remarquable, mais les inégalités sociales et économiques s’accentuent.  Assurer une plus grande équité représente un défi commun à l’ensemble du continent et peut contribuer à promouvoir la paix et la stabilité.  La prévention des conflits et le règlement pacifique des différends par le biais du dialogue et de la médiation revêtent une importance cruciale pour la réalisation de l’objectif visant à mettre fin à toutes les guerres en Afrique d’ici à 2020.

L’Organisation des Nations Unies maintiendra avec l’Union africaine un solide partenariat en faveur de la paix, du développement durable, de la démocratie et des droits de l’homme.  En cette Journée de l’Afrique, engageons-nous à continuer de nous tenir aux côtés des peuples et dirigeants africains alors qu’ils progressent sur la voie d’un avenir plus pacifique, plus prospère et plus stable pour tous.

 

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Banque africaine de développement : plaidoyer pour l’agriculture et la sécurité alimentaire

La stabilité que connaît la Côte d’Ivoire depuis ces trois dernières années a permis à la BAD de s’installer durablement pour déployer ses activités. Son nouveau président, Akinwumi Adesina, entend mettre l’accent sur l’agriculture pour absorber le chômage des jeunes Africains et lutter contre la pauvreté.

Le retour définitif de la Banque africaine de développement à son siège statutaire d’Abidjan, fin 2014, a symbolisé, selon le Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan, «la confiance de la Banque dans les capacités de la Côte d’Ivoire à lui offrir durablement les conditions favorables pour exercer ses missions, mais également la reconnaissance des efforts importants déjà accomplis pour justement favoriser ce retour». En effet, la Côte d’Ivoire, deuxième économie de l’Afrique de l’Ouest après le Nigeria, avait perçu comme une injustice, début 2003, la «relocalisation temporaire» du siège de la BAD à Tunis «en raison de la fragilité du climat sociopolitique de l’époque». Au regard du prestige dont jouit la BAD, les autorités d’alors voyaient dans le choix stratégique de la Banque de délocaliser le centre de ses opérations à Tunis un autre coup dur à l’économie nationale, peu de temps seulement après l’éclatement de la rébellion en septembre 2002. Crise qui a connu son pic avec la guerre survenue après le second tour de l’électorale présidentielle de 2010, mettant ainsi à mal la paix et la stabilité du pays.

La sécurité, condition du développement
Le gouvernement ivoirien, selon l’aveu même de son Premier ministre Daniel Kablan Duncan, a fait de la sécurité, de la stabilité et de la paix ses priorités après la profonde crise postélectorale de 2010 qui a sinistré l’économie du pays. Et dès leur prise de fonction en avril 2011, les nouvelles autorités d’Abidjan ont mené des actions visant à améliorer considérablement le niveau de sécurité dont l’indice, selon les Nations unies, est aujourd’hui comparable à celui des grandes métropoles occidentales.
La préservation de ce climat de sécurité propice à l’environnement des affaires, malgré quelques escarmouches, a facilité la réhabilitation des infrastructures d’accueil, dont l’immeuble du CCIA, d’un coût de rénovation évalué à 33,7 milliards FCFA, d’une part, et du siège de la BAD, estimé quant à lui à 36 milliards FCFA, d’autre part. Ces ouvrages ont été mis à la disposition du personnel, revenu plus nombreux, environ 2.000 salariés, contre 800 au départ de la Banque à Tunis en 2003.
Ce contexte de stabilité qui a caractérisé l’environnement économique et social de la Côte d’Ivoire tout au long de 2015 a permis à la BAD de déployer sainement ses opérations et d’organiser à la fois son cinquantenaire et son assemblée générale annuelle en fin mai 2015 à Abidjan, au terme de laquelle la Banque a élu son nouveau président, le Nigérian Akinwumi Adesina, en remplacement du Rwandais Donald Kaberuka.

Le défi du chômage des jeunes
Si, au plan national, la Côte d’Ivoire a connu en 2015 une relative stabilité, «le changement de leadership à la tête de la BAD intervient, au plan régional, dans un environnement particulier où l’Afrique fait face à de nouveaux challenges sur les plans sécuritaire, économique, démographique et environnemental», analyse le président ivoirien Alassane Ouattara, économiste et banquier de son état. En effet, le monde est confronté à des problèmes de sécurité marqués par le terrorisme et les conflits armés, avec pour corollaire des violations massives des droits de l’homme. Ce contexte d’insécurité international n’épargne malheureusement pas le continent africain. Si rien n’est fait, ces menaces pourraient contrarier les bonnes perspectives que présente l’Afrique pour les années à venir.
Aussi, le chômage des jeunes Africains constitue un problème à aborder avec «audace». L’Afrique est aujourd’hui le plus jeune continent du monde avec 60% de sa population âgée de 15 à 24 ans, relève Akinwumi Adesina. Ce haut fonctionnaire de la Banque souligne d’ailleurs que plus de la moitié de ces jeunes sont au chômage, en sous-emploi ou inactifs. S’ils ne sont pas rapidement accès à l’emploi, prévient Adesina, ils continueront à amplifier le phénomène migratoire vers l’Occident et représenteront une bombe latente risquant de réduire à néant «les atouts économiques de l’Afrique».
Enfin, au plan économique, les cours des matières premières, essentiels produits d’exportation du continent, continuent de subir les soubresauts des marchés financiers internationaux. Du pain sur la planche pour le nouveau président de la BAD qui devrait impérativement trouver des solutions idoines au financement du développement de l’Afrique, en dépit des contraintes liées à la lutte contre le réchauffement climatique.

Priorité à l’agriculture et à la sécurité alimentaire
Malgré son potentiel en ressources naturelles, sa croissance économique flatteuse et ses perspectives d’avenir, avec une démographie galopante se rapprochant des 2 milliards d’individus d’ici quelques années, l’Afrique demeure aujourd’hui le continent le plus pauvre et le plus dépendant des autres économies. Le nouveau patron de la BAD, Akinwumi Adesina, ne conçoit pas «qu’un continent avec d’abondantes terres arables, de l’eau, une réelle diversité de ses ressources agro-écologiques et un climat favorable soit importateur net de produits alimentaires alors qu’il dispose de 65% des terres arables en jachère dans le monde, qui pourraient répondre aux besoins alimentaires de 9 milliards de personnes sur la planète d’ici à 2050.» Pour ce chantre de l’agriculture, l’Afrique doit absolument prendre sa place dans la chaîne des valeurs en produisant pour elle-même et par elle-même, tout en cessant d’exporter les matières premières pour développer des zones industrielles agro-alimentaires. L’objectif étant de profiter pleinement de ses richesses naturelles au-delà de ses hydrocarbures ou de ses ressources minérales. C’est en cela, indique Akinwumi Adesina, que la Banque, sous sa présidence, accordera la priorité à l’agriculture et à la sécurité alimentaire. Bien sûr, d’autres secteurs ne sont en reste.

Alexis Noumé, Cote d’Ivoire Economie