Archives pour la catégorie Intégration africaine

ape-pays-cae

A quand l’entrée en vigueur de l’APE avec les pays de la Communauté d’Afrique de l’Est?

Le projet APE, Accord de Partenariat Economique entre l‘UE et la Communauté des pays d’Afrique de l’Est, ne fait pas l’unanimité au sein de cette communauté. Certains pays refusent de coopérer.

L’Union européenne négocie actuellement un accord de libre échange avec les six pays de  la CEA, la Communauté d’Afrique de l’Est (Kenya, Burundi, Ouganda, Tanzanie, Rwanda et Soudan du Sud). Un accord censé être signé début février, mais, si le Kenya et le Rwanda ont déjà signé ce traité avec l’Union européenne de manière bilatérale, le Burundi s’y refuse, rappelle la taz, die tageszeitung. La raison  est que l’UE a gelé son aide au développement à cause de la crise politique qui agite le pays depuis les élections de 2015.  Et ce n’est qu’après de longues hésitations que l‘Ouganda a annoncé, en septembre dernier, vouloir signer ce traité appelé APE, Accord de Partenariat Economique.

Ghana Ölindustrie (imago/Xinhua) Raffinerie au Ghana

Quant à la Tanzanie, elle n’entend toujours pas signer dans l’état actuel des choses. Le gouvernement ne voit dans ces APE que des désavantages pour la libéralisation de sa propre industrie et son développement. Mais le risque est que les pays qui refuseraient de signer voient se tarir l’aide européenne au développement.

Plusieurs accords commerciaux entre l’UE et les États de l’Afrique trouvent leur origine dans le sommet de Cotonou au Bénin en l’an 2000. Les pays africains sont censés pouvoir exporter sans taxes vers l’UE leurs produits leurs produits alimentaires comme poissons ou mangues, leurs matières premières tels que pétrole, minerais ou coton. Cela est censé renforcer l’économie et créer des emplois afin de lutter à longue échéance contre les raisons de l‘émigration des Africains vers l’Europe.

Mittelmeer Migranten und Flüchtlinge in Schlauchboot (picture-alliance/AP Photo/S. Diab) Les APE, les Accords de Partenariat Economique entre l’UE et les pays d’Afrique sont censés apporter la prospérité et mettre fin un jour à l’émigration.

Par ailleurs, les pays en développement ont le droit de n’ouvrir que progressivement leurs marchés pour les produits de l’UE, afin de ne pas mettre en danger la production locale.

Mais  certains pays se sentent en position de dépendance vis à vis de l’UE, souligne die tageszeitung.

Afrika Kaffeeanbau Illustration (picture alliance/Tone Koene) Production de café au Kenya

Les tergiversations sur les accords menacent déjà l’intégration régionale: comme la Communauté d’Afrique de l’Est est une union économique et douanière, il faut que les six Etats qui la composent signent tous les accords avec l’UE afin de pouvoir les appliquer. Initialement, le Kenya était opposé aux APE. Jusqu‘à ce qu’en 2014, l’UE introduise des taxes douanières sur plusieurs produits kényans. Le Kenya a alors changé sa position et s’efforce actuellement de faire pression sur ses voisins.

La taz souligne que même les APE que l’UE a négociés ou négocie avec d’autres communautés africaines, avec la CEDEAO ou la SADC, ne font pas l’unanimité au sein même de ces communautés.

Autre thème: Les transferts d’argent des émigrés africains

Dans un article intitulé : « L’Afrique sous perfusion des émigrés « , la FAZ, la Frankfurter Allgemeine Zeitung relève que pour de nombreux pays africains, les virements d’argents de leurs émigrés sont parfois une question de survie, du moins une source financière importante pour les familles de ceux qu’on appelle en Europe des « réfugiés économiques ».

Ces transferts d’argent des émigrés africains en Europe vers leurs  pays d’origine est un aspect qui explique le manque de volonté de certains États africains de coopérer lors du rapatriement de ressortissants dont le statut de résident dans des pays européens est contesté.

Rien qu’en 2015, 35 milliards de dollars ont été transférés vers l’Afrique. Sachant cela, il est clair que l’offre de l’UE en novembre 2015 de verser aux principaux pays africains d’émigration la somme de 1,8 milliard d’euros pour la « réintégration » de demandeurs d’asile africains déboutés, ait provoqué l’hilarité au sud du Sahara, souligne la FAZ .

L’exemple du Nigeria montre à quel point les virements d’argent à partir de l‘étranger sont importants pour l’économie de la patrie d’origine d’un émigré. Rien qu’en 2015, plus de 20 milliards d’euros ont été transférés dans ce pays le plus peuplé d’Afrique avec ses 180 millions d‘habitants. Cette somme équivaut à 4% du PIB ! Selon les estimations de la Banque Mondiale un tiers de tous les produits importés au Nigeria sont financés avec l’argent de la diaspora nigériane.

Mobile Banking Afrika (picture-alliance/Landov) Les migrants internes en Afrique contribuent aussi à nourrir leurs familles restées au pays.

Outre le Nigeria, le Sénégal, le Mali, le Bénin et la Gambie sont parmi les pays dont sont issus une grosse partie de ceux qu’on appelle des « réfugiés économiques » en Europe. Près d’un milliard et demi d’euros sont transférés chaque année vers le Sénégal ce qui correspond à  11,7 % du PIB. Le Mali reçoit près de 850 millions d’euros (soit 6,8% de son PIB) et même le petit Bénin reçoit de l’étranger plus de 300 millions d’euros (soit 3,6% de son PIB). Dans le cas de la Gambie, qui n’a que 2 millions d’habitants mais qui compte un grand nombre d’émigrés, plus de 22 % du PIB proviennent de l’étranger !

Pour de nombreux pays subsahariens les virements de l’étranger sont de loin le plus important instrument du développement, résume le journal de Francfort. Très souvent, cette manne financière ne dépasse pas seulement les montants de l’aide au développement classique, mais aussi ceux des investissements étrangers directs ! -( à l’exception des investissements chinois dans le domaine des matières premières). C’est pourquoi aucun gouvernement africain n’a sérieusement intérêt à freiner l’exode de ses concitoyens », conclut la FAZ.

Auteur Philippe Pognan, Afro-presse (hebdomadaire)

http://www.dw.com/fr

 

ibk-et-francois-hollande

« De tous les chefs d’Etat français », François Hollande « aura été celui dont le rapport avec l’Afrique aura été le plus sincère et le plus loyal ». C’est ce qu’a déclaré, samedi, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), le président du Mali. C’était à l’occasion du sommet France-Afrique.

François Hollande qui participait à son dernier sommet France-Afrique, s’est montré heureux. Le président français a dit quelques mots.

« Je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique » a fait savoir, François Hollande. Selon lui, «la France restera toujours au côté du Mali jusqu’à l’aboutissement du processus de paix. Jusqu’à ce que l’Etat malien puisse avoir son autorité respectée sur l’ensemble du territoire malien».

De l’avis du président français, les terroristes ne contrôlent plus aucun territoire (au Mali), la démocratie a repris son cours. Pour preuve, les élections ont eu lieu, l’économie repart et la réconciliation avec les accords d’Alger est en cours ».

Et de poursuivre : « Ensemble, la France, l’Afrique nous avons été capables de relever des défis et de faire avancer le monde. Ensemble, l’Afrique, la France, nous avons été capables, aux Nations unies, de porter des objectifs de développement durable. L’Afrique, la France, ensemble, nous portons le message d’une réduction des inégalités à l’échelle planétaire».

vincent-meriton-au-27eme-sommet-france-afrique

Seychelles : Vincent Mériton a pris part au Sommet France-Afrique

Une soixantaine de délégations des pays et des organisations multilatérales ont participé à ce Sommet de Bamako « pour le partenariat, la paix et l’émergence ».

Dans son intervention le Vice-Président a mis l’accent sur la démocratie, la bonne gouvernance et l’état de droit comme le socle du développement durable et de la paix et la sécurité. Il a souligné l’importance de l’économie bleue, considérée par l’Union africaine dans son Agenda 2063 comme « l’avenir de l’Afrique » car elle ouvre des perspectives d’une croissance économique écologiquement durable et socialement inclusive. Il a aussi appelé à la mise en application des promesses de la COP21 de Paris et la COP22 de Marrakech dans la lutte contre les changements climatiques.

Le sommet a adopté une déclaration dans laquelle les chefs d’état et de gouvernement affirment leur volonté d’unir davantage leurs efforts pour prévenir et lutter contre toutes les formes de menace à la paix, à la sécurité et à stabilité notamment le terrorisme, le crime transnational organisé, l’insécurité maritime, la radicalisation et l’extrémisme violent.

Au titre du développement et de l’émergence, ils ont convenu d’inscrire leurs actions dans le cadre du Programme d’Action d’Addis Abeba sur le financement du développement, les objectifs du développement durable des Nations-Unies, l’Accord de Paris sur le changement climatique et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Face aux défis d’ordre économique, social, humanitaire, environnemental et climatique ils ont réaffirmé leur engagement à intensifier les efforts contre la pauvreté et en faveur d’une croissance économique inclusive et diversifiée.

Le renforcement des systèmes de santé ainsi que des systèmes d’éducation et de formation professionnelle et entrepreneuriale, et le développement des investissements étrangers et du partenariat publique-privé, sont autant de sujets sur lesquelles les participants se sont prononcés. Ils ont appelé à la prise en compte du potentiel de croissance et de transformation économique et sociale que représente l’économique numérique, l’innovation et les énergies renouvelables.

La déclaration reconnait aussi le potentiel de l’économie bleue comme « moteur d’une croissance économique solidaire et soucieuse de l’environnement » et appelle à une coopération accrue dans ce secteur.

En marge du sommet la délégation seychelloise a participé au Forum économique organisé le 13 janvier par le Conseil national du patronat de Mali (CNPM) et le Mouvement des entreprises de France (MEDEF).

Le Vice-Président Mériton était accompagné de M. Alain Volcère, Secrétaire général au bureau du Vice-Président et de l’Ambassadeur Bernard Shamlaye.

Afrique du Sud : un forum sur les données au service du développement durable

Le Forum mondial des Nations unies sur les données est destiné aussi à obtenir un soutien pour un nouveau plan d’action global. « Ce Forum intervient à un moment crucial pour le renforcement des données et des capacités statistiques à l’échelle mondiale. Les pays du monde entier se mobilisent pour réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030 qu’ils ont adopté lors d’un sommet de l’ONU il y a deux ans », a souligné le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires économiques et sociales, Wu Hongbo, lors d’une conférence de presse à l’ouverture du Forum. « …Il est essentiel de disposer de données précises, fiables, actualisées et détaillées. Nous devons atteindre toute une série d’objectifs économiques, sociaux et environnementaux inclus dans ce programme de développement durable. Cela nécessitera que tout le monde dans la communauté des statistiques et des données, qu’il s’agisse des gouvernements, du secteur privé et des communautés de scientifiques et d’universitaires, trouve des façons de travailler ensemble dans différents domaines et crée des partenariats et des synergies », a-t-il ajouté.

Wu Hongbo a souligné que le Programme 2030 pose d’énormes défis pour la communauté statistique, en ce qui concerne la modernisation et l’amélioration de ses capacités, de sorte que tous les bureaux nationaux de statistiques deviennent des centres fournissant les données nécessaires pour élaborer les politiques et assurer un suivi aux niveaux national, régional et mondial. « Pour ce faire, nous aurons besoin que les gouvernements, les organisations internationales, les entreprises, les universités et la société civile unissent leurs forces et travaillent ensemble », a-t-il conclu.

Josiane Mambou Loukoula
khadim-diop

Sénégal/Khadim Diop sur la bonne gouvernance : « Des progrès constants sont réalisés d’année en année»

Le Sénégal ne cesse de gagner des points en bonne gouvernance, a déclaré, avant-hier, le ministre Khadim Diop, en charge de l’Intégration africaine, du Nepad et de la Promotion de la Bonne gouvernance, à l’ouverture du séminaire national sur l’Etat de la gouvernance au Sénégal au regard de l’Indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique et du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep).

Le séminaire national, co-organisé par le ministère de l’Intégration africaine, du Nepad et de la Promotion de la bonne gouvernance, la Fondation Mo Ibrahim (Mif) et l’Institut africain de la gouvernance (Iag) est « la traduction effective de la qualité du partenariat qui lie le département en charge de la promotion de la bonne gouvernance au Sénégal et la Fondation », a dit le ministre Khadim Diop. Selon lui, « au Sénégal, des progrès constants sont réalisés d’année en année en la matière, dans tous les secteurs de la vie publique».

Créée en 2006 avec pour centre d’intérêt particulier le rôle crucial que jouent le leadership et la gouvernance dans la transformation de l’Afrique, la Fondation Mo Ibrahim contribue à apporter des changements significatifs en Afrique, en fournissant des outils et en plaidant pour un leadership progressiste et une gestion responsable. Parmi ces outils, l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique, créé en 2007 et constitué d’un ensemble exhaustif de données quantitatives permettant de fournir une évaluation annuelle de la gouvernance dans chaque pays africain. En effet, « validé par les experts de plusieurs institutions africaines de référence, l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique propose un cadre complet permettant aux citoyens, autorités publiques et partenaires de mesurer avec quelle efficacité les biens et services publics sont fournis et gérés», a indiqué le ministre.

Selon lui, il est composé de 4 catégories principales, qui se subdivisent elles-mêmes en 14 sous catégories : sécurité et Etat de droit (Etat de droit, redevabilité, sécurité personnelle, sécurité nationale), participation et droits de l’homme (participation, droits, genre), opportunité économique durable (management public, environnement des affaires, infrastructures, secteur rural), développement humain (bien-être, éducation, santé).

Un Sénégal performant
« Depuis sa création en 2007, le Sénégal s’honore de figurer parmi les pays les plus performants de l’Iag surtout depuis 2012, avec l’accession à la magistrature suprême du président Macky Sall. En 2015, il se situe au 10ème rang des 54 pays du continent (avec 60,8 points sur 100) en gouvernance globale, après une progression de +3,7 points au cours des 10 dernières années. Il importe de souligner ici que le Sénégal est l’un des seuls trois (3) pays parmi les dix premiers du classement à enregistrer une amélioration dans chacune des 4 catégories de l’indice, avec une hausse particulièrement remarquable dans la catégorie sécurité et Etat de droit (+4,8), à rebours du recul presque général du continent dans ce domaine. Le Sénégal réalise sa meilleure performance dans la catégorie Participation et droits de l’homme, en se hissant au 7ème rang du continent en 2015 », a-t-il laissé entendre. Il a ajouté que la catégorie « Développement humain (+6,1) » affiche la plus forte progression de la décennie écoulée.

Par ailleurs, s’inscrivant dans une quête permanente d’amélioration de la gouvernance de notre pays, le président de la République Macky Sall a engagé le Sénégal dans le processus d’évaluation du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep), qui a été institué dans le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), par les chefs d’Etat africains, pour mesurer les performances et les déficiences des pays africains, dans les domaines de la démocratie, des droits humains, de la bonne gouvernance et des bonnes pratiques de développement économique et social.

Lutte contre la corruption
« On peut constater que la bonne gouvernance des affaires publiques, prônée par le président de la République Macky Sall, est en marche», a noté Khadim Diop. A l’en croire, le développement économique et social ne peut se réaliser que grâce à une plus grande cohérence dans les relations entre l’administration, les citoyens et les acteurs non-étatiques.

« C’est la raison pour laquelle, la prise en compte des questions de bonne gouvernance et de développement durable dans l’agenda des politiques publiques est aujourd’hui un fait établi. Pour les pays africains et le Sénégal en particulier, la question est porteuse d’espoir et revêt un intérêt crucial pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Odd) », a souligné le ministre. Il a indiqué qu’en définitive, « l’amélioration des pratiques de gouvernance vise à transformer, en profondeur, les attitudes et comportements des acteurs qui y sont associés. Elle doit permettre l’adoption de nouvelles attitudes de gestion de la chose publique, fondées sur des valeurs, des repères et des principes reconnus et acceptés par tous », a soutenu le ministre. Pour le président du Global local forum (Glf), Abdoulaye Sène, il a reconnu que la corruption est une problématique générale qui transcende les générations. Il s’est félicité de cette initiative qui promeut ainsi la bonne gouvernance et l’Etat de droit. Quant au directeur exécutif de la Fondation Mo Ibrahim Abdoulie Jannah, il a trouvé salutaire la démarche du Maep dont le rapport sera présenté en fin janvier au forum des chefs d’Etat pour l’étape d’évaluation par les pairs, qui se déroulera le 28 de ce mois à Addis-Abeba, en Ethiopie.

Serigne Mansour Sy CISSE

http://www.lesoleil.sn