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Atteinte des ODD : Le Burkina veut valoriser les légumineuses

Après Kongoussi le 10 février 2017, Ouagadougou accueille ce 11 février 2017 la dernière cérémonie de clôture de l’Année internationale des légumineuses 2016. Le ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques, Jacob Ouédraogo, a saisi l’occasion pour saluer et encourager les délégations, notamment la FAO, les chercheurs, les producteurs et productrices, venues magnifier les légumineuses.

La tenue de la cérémonie de clôture de l’Année internationale des légumineuses au Burkina traduit la volonté des autorités du pays, soutenues par l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), d’encourager la production et la consommation de ces spéculations.

« Je remercie les responsables de la FAO qui ont porté leur choix sur le Burkina pour abriter cet évènement de portée mondiale et crédité notre pays d’une grande confiance pour l’organisation de cette importante cérémonie qu’ils ont en outre largement soutenue », a déclaré le ministre de l’agriculture, Jacob Ouédraogo.

Le but principal de cette cérémonie est de faire face au défi de l’insécurité alimentaire et du changement climatique, d’où le thème « Valorisation des légumineuses dans le cadre des ODD (Objectifs de développement durable) et pour la résilience au changement climatique ».

« Il est avéré que malgré les multiples bienfaits qu’offrent les légumineuses, leur production ne connaît pas le même succès que les céréales telles que le maïs et le riz », a par ailleurs déploré le ministre de l’agriculture.

La Directrice adjointe de la FAO, Maria Helena Semedo (Micro)

Des actions fortes attendues…

Jacob Ouédraogo a reconnu que cela est dû en grande partie aux habitudes alimentaires des populations et de la persistance de certains préjugés défavorables aux légumineuses. L’ultime solution convient donc de chercher à booster la consommation de ces plantes très riches en protéines. Et sans oublier, il faut souligner que la production des légumineuses est généralement réalisée par les couches vulnérables notamment les femmes rurales.

Selon la Directrice adjointe de la FAO, Maria Helena Semedo, il faudrait aussi travailler d’abord à consolider les acquis autour de la filière pour ensuite avancer vers leur amélioration. Ce 11 février, les acteurs se sont accordés à faire l’état des lieux de la filière, identifier ses contraintes et insuffisances et évaluer les besoins en matière de recherche.

Plusieurs activités sont au programme de cette cérémonie de clôture dans la capitale burkinabè : des échanges, la présentation du rapport de l’Année internationale des légumineuses, des projections de vidéos, des exposés, des expositions de mets et produits de légumineuses.

Il est également attendu une déclaration dite « Déclaration de Ouagadougou » et une séance d’entretien entre les responsables de la FAO, le gouvernement burkinabè et des représentants de pays invités.

Noufou KINDO

Burkina 24


Lire aussi ▶ Année Internationale des légumineuses 2016 : Le Burkina Faso à l’honneur

https://burkina24.com/2017/02/10/annee-internationale-des-legumineuses-le-burkina-a-lhonneur/embed/#?secret=1qQ9Fh5Udj

Photos de la cérémonie de clôture de l’Année internationale des légumineuses à Ouaga :

La croissance verte met le Maroc en position forte face à l’évolution du climat

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LES POINTS MARQUANTS
  • La vision marocaine d’une croissance verte et solidaire repose sur une meilleure gestion des ressources naturelles pour créer davantage d’emplois, de valeur et de bien-être avec les atouts disponibles.
  • La fin des subventions aux combustibles fossiles a favorisé les investissements dans les énergies renouvelables et relancé les programmes de dépenses sociales du gouvernement.
  • Les stratégies déployées dans l’agriculture et la pêche cherchent à tirer le maximum de ressources aquatiques et halieutiques limitées.

Tout près de Marrakech, dans cet environnement semi-aride typique de cette région du Maroc, les figuiers de barbarie, qui servaient jadis à délimiter les parcelles agricoles et à conjurer la faim, renaissent aujourd’hui et donnent un nouveau sens au vieil adage : « l’économie protège du besoin ».

Les fruits que l’on avait l’habitude de jeter une fois la saison passée sont désormais pressés pour faire de la confiture et les graines récupérées par l’industrie cosmétique, qui apprécie cette huile. Surtout, dans cette région où les précipitations, déjà limitées, se raréfient, cette plante grasse sait exploiter la moindre goutte d’eau disponible. Elle contribue par ailleurs à réduire l’érosion, crée un riche écosystème et, mélangée à la paille sous forme de jus, produit du fourrage qui allège les pressions sur les pâturages.

Le développement de la chaîne de valeur de ce cactus n’est que l’un des nombreux programmes et projets en cours pour identifier les gâchis, les inefficacités et les sources de pollution dans le but d’adapter les processus de production ou d’en inventer d’autres et de créer de la valeur avec des produits jusqu’ici peu ou pas valorisés.

Alors que de nombreux pays sont en train d’épuiser leurs ressources naturelles et sont aux prises avec des problèmes exacerbés par le changement climatique, le Maroc montre l’exemple en concevant et adoptant des stratégies de croissance verte dans différents secteurs.

Cette approche est conforme aux Objectifs de développement durable adoptés par les Nations Unies en septembre 2015. Mais l’engagement du Maroc en faveur de la croissance verte est antérieur à cette date. Depuis 2011 en effet, le droit à un environnement sain et un développement durable est inscrit dans la Constitution du royaume. La Banque mondiale a soutenu cette vision, en accordant au Maroc des prêts à l’appui des politiques de développement, en finançant des projets d’investissement et en lui apportant une assistance technique.

« Le droit au développement durable ne veut pas dire protéger l’environnement au détriment de l’économie », souligne Hakima El-Haite, ministre déléguée chargée de l’environnement. « Mais il veut dire être assez sage pour trouver l’équilibre entre le développement économique, l’ascension sociale et la protection de la ressource –pour avoir suffisamment de ressources pour nos enfants et nos petits-enfants. » Cet engagement s’est traduit par un train de réformes complet — depuis les subventions à l’énergie à la gestion des pêches en passant par les plans de zonage côtier ou la réglementation de la pollution — qui a valu au pays des félicitations à la veille de la prochaine conférence sur le climat, à Paris.

« Il est encourageant de constater que, dans tous ces domaines, ces décisions sont le résultat d’une volonté délibérée et de politiques claires de la part des autorités, qui ont su passer de la parole aux actes en mobilisant les ressources nécessaires et en prenant des mesures concrètes », indique Marie Francoise Marie-Nelly, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte.


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Morocco. Flore de Préneuf / World Bank

« Le droit au développement durable ne veut pas dire protéger l’environnement au détriment de l’économie. Mais il veut dire être assez sage pour trouver l’équilibre entre le développement économique, l’ascension sociale et la protection de la ressource –pour avoir suffisamment de ressources pour nos enfants et nos petits-enfants. »

Dr. Hakima El-Haite

Ministre déléguée chargée de l’environnement


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Morocco. Flore de Préneuf / World Bank

Verdir l’énergie pour économiser davantage

Le changement de politique le plus notoire est sans doute celui qui a conduit à organiser, depuis 2012, le démantèlement progressif des subventions aux combustibles fossiles.

Petites et grandes industries cherchent désormais à produire leur énergie et à faire des économies en récupérant leurs déchets et leurs sous-produits. Selon Said Mouline, à la tête de l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, les entreprises privées produisent déjà quelque 500 MW d’énergie éolienne pour leur propre consommation. « Cette activité aurait été impossible sans la disparition des subventions », affirme-t-il. « L’économie verte passe par la réglementation. »

À l’échelon national, le secteur de l’énergie s’est radicalement transformé, avec de lourds investissements dans les énergies renouvelables et l’implication manifeste du secteur privé, à travers les producteurs indépendants. Autant de bonnes nouvelles pour l’atténuation du changement climatique comme pour le développement humain et le bien-être des populations. Les économies engendrées par la suppression des subventions à l’essence, au diesel et au fioul lourd ont permis au gouvernement d’augmenter ses dépenses sociales en faveur des pauvres, notamment dans le secteur de la santé et de l’éducation : la part des allocations du Fonds de cohésion sociale, qui finance des programmes de protection sociale, dans les dépenses de l’État a doublé entre 2012 et 2015.

Une agriculture plus résistante et moins gourmande en eau

L’agriculture représente en moyenne 16 % du PIB et emploie environ 40 % de la main-d’œuvre du pays. Le Plan Maroc Vert cherche à renforcer la valeur ajoutée du secteur et à créer des emplois tout en rendant l’agriculture plus durable, plus inclusive et plus résistante.

Cette stratégie nationale prévoit entre autres une aide aux pratiques climato-intelligentes dans l’agriculture pluviale et irriguée.

Pour les exploitants en agriculture pluviale, la technique du semis direct permet de préserver l’humidité du sol et la terre végétale et, en période de sécheresse, elle contribue à stabiliser les rendements céréaliers.

Les exploitants pratiquant l’irrigation tentent, avec les techniques de goutte-à-goutte, de s’adapter aux pressions grandissantes sur les ressources hydriques. Pour Brahim Berjamy, responsable des systèmes d’information et de la communication pour l’Agence du bassin hydraulique du Tensift, « nous devons nous efforcer de gérer la demande afin de prôner une utilisation [de l’eau] plus rationnelle et plus efficace. »

La pêche et l’emploi des générations futures

En mer, l’impact du changement climatique peut prendre différentes formes, comme les migrations observées et attendues de certaines espèces, qui fuient le réchauffement et l’acidification de l’eau ainsi que l’évolution des modèles de circulation des océans. Mais actuellement, le principal frein à la croissance tient aux pratiques de pêche illicite, non déclarée et non réglementée, qui mettent en péril le renouvellement naturel des espèces et les moyens de subsistance de près de 500 000 Marocains.

Conscientes de ce danger, les autorités ont investi dans un certain nombre de dispositifs, dont un système de suivi des navires par satellite, qui impose aux bateaux à partir d’un certain gabarit de s’équiper de balises afin de pouvoir les suivre en temps réel et d’avoir une vraie traçabilité. Les pêcheurs doivent par ailleurs respecter des zones de reproduction de certaines espèces, interdites à la navigation, et appliquer les règles concernant le matériel acceptable et la taille minimale des prises.

D’autres réformes en lien avec la croissance verte cherchent à améliorer la gestion des zones côtières, développer une aquaculture durable en milieu rural (où vivent 70 % des pauvres) et, en préservant le patrimoine naturel, à engendrer des recettes supplémentaires. Le tourisme centré sur la découverte de la nature  fait partie des filières en plein boum dans l’industrie touristique mondiale et pourrait créer des emplois au Maroc et contribuer ainsi à la croissance du pays.

banquemondiale.org

Mali: Agriculture et sécurité alimentaire

Mali – Agriculture et sécurité alimentaire
L’USAID aide les agriculteurs Maliens à apprendre des nouvelles techniques pour améliorer leurs productivités.

 

Pourvoyeur d’emplois pour 80% de la population malienne qui s’adonnent aux activités agricoles, le secteur agricole est le pilier de l’économie malienne et recèle un important potentiel qui en fait le moteur de la croissance économique du Mali. Dans le même temps, plus de 29% de la population sont malnutris. La faible productivité, les pertes après récolte, les marchés peu développés et la vulnérabilité aux impacts des changements climatiques figurent au nombre des défis majeurs que le pays doit relever afin d’assurer sa sécurité alimentaire et de jouir d’une croissance économique à plus large assise. A l’heure actuelle, en dépit du fait que seulement 7% des 43,7 millions d’hectares de terres arables soient cultivés et que 14%  des 2,2 millions d’hectares potentiellement irrigables soient irrigués, le potentiel pour la croissance et le développement agricoles au Mali est important. Les investissements des Etats-Unis assurent la promotion de la sécurité alimentaire et une croissance économique plus inclusive grâce : à l’amélioration de la productivité agricole ; à la promotion de l’adoption de technologies de nature à accroître les rendements et à la vulgarisation des pratiques de conservation des sols et de l’eau ; au renforcement du développement des marchés d’intrants ; à l’amélioration de la qualité et de la valeur ajoutée des principales denrées alimentaires ; à l’appui à la commercialisation des excédents ; et à l’atténuation des impacts négatifs des changements climatiques.

L’Initiative Alimentaire pour l’Avenir, initiative mondiale de lutte contre la faim et de promotion de la sécurité alimentaire du Gouvernement américain, vise à améliorer la productivité agricole et la nutrition en introduisant des technologies, en mettant à disposition des connaissances et en renforçant les capacités des institutions locales en vue de promouvoir une approche induite par un secteur privé dynamique à l’effet d’assurer la sécurité économique et alimentaire. L’Initiative Alimentaire pour l’Avenir investit dans trois chaines de valeur au Mali :

1. Le petit mil et le sorgho pour la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté ;

2. Le riz pour l’amélioration des revenus des ménages et le renforcement de la sécurité alimentaire ; et

3. L’élevage pour l’amélioration des revenus et de la nutrition des ménages.

agri-bio

Une étude scientifique conclut aux effets bénéfiques globaux de l’agriculture biologique

Pour la première fois en France, une étude quantifie les avantages et les inconvénients du bio dans les domaines de l’environnement, de la santé et de l’impact social. Le résultat ? Les bienfaits de l’agriculture bio sont confirmés.

Le tableau récapitulatif du rapport est clair : la majorité des cases sont vert foncé. La couleur signale les impacts positifs de l’agriculture biologique. Ils sont confirmés dans les domaines de la création d’emplois, de la moindre pollution de l’eau par les nitrates et les pesticides, de la plus faible consommation d’énergie à l’hectare, de l’impact réduit sur la biodiversité, de l’absence de maladies dues aux pesticides, ou encore de sa préférence pour le plein air, qui favorise le bien-être animal.

Vous avez sans doute déjà entendu ces arguments en faveur de l’agriculture biologique. Mais ce rapport est pourtant inédit : c’est la première fois que l’on tente, en France, de quantifier précisément ces bénéfices, afin de les rendre visibles tant pour le consommateur que pour le décideur politique.

Commandé par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, il y a un peu plus d’un an à l’Itab (Institut technique de l’agriculture biologique), le rapport Quantifier et chiffrer économiquement les externalités de l’agriculture biologique ? a été présenté par ses auteurs Natacha Sautereau et Marc Benoît, le 25 novembre dernier.

« Il y a externalité lorsque l’activité de production d’un agent a une influence non marchande (positive ou négative) sur le bien-être d’un autre sans qu’aucun ne reçoive ou ne paye une compensation pour cet effet. Les externalités ne sont pas directement visibles et mesurables par le consommateur », explique la synthèse du document. Les deux chercheurs ont pris en compte à la fois les impacts positifs de l’agriculture biologique pour la société et ses effets négatifs, le tout en comparaison avec l’agriculture conventionnelle.

« Une contamination généralisée de ses masses d’eau par les pesticides »

Pour procéder à cette évaluation, ils ont rassemblé une bibliographie de 280 références scientifiques et complété leur analyse par la consultation d’une vingtaine de chercheurs. « Cette étude touche à des domaines très divers, qui vont de la microbiologie des sols à l’épidémiologie en passant par l’économie, explique Natacha Sautereau. Nous avons donc sollicité des experts très différents. » Les externalités ont été regroupées en trois grandes catégories : environnement, santé et performances sociales. Pour chaque partie, la première étape est un essai de chiffrage global : combien d’animaux sont affectés par les pesticides ? Quelles maladies ont un lien avec l’exposition aux pesticides ? Combien d’emplois supplémentaires le bio crée-t-il ? Puis, pour chaque sujet, les auteurs ont cherché les études permettant d’établir un difficile chiffrage économique : quelle valeur donner à la vie d’un oiseau, au service de pollinisation des abeilles, aux gaz à effet de serre non émis ou à un sol en bonne santé ?

Exemple de cette démarche, l’eau, un sujet sur lequel les chercheurs ont pu aisément trouver de nombreuses études. Les chiffres rassemblés dans la synthèse du rapport sont éloquents : « La France connaît une contamination généralisée de ses masses d’eau par les pesticides […] détectés dans 90 % des points de mesures, ainsi que par l’azote, présent sous forme de nitrate […] dans 83 % des points de suivi des eaux de surface. » En outre, « ces pollutions agricoles se sont accentuées dans quasiment toutes les régions », souligne le document. Près de la moitié des sources d’eau potable doivent être dépolluées pour être consommées. Les surcoûts de la pollution de l’eau en France aux nitrates et pesticides ont été évalués entre 940 et 1.490 millions d’euros par an, notent les auteurs du rapport. Ainsi, ils calculent que la société « économise » de 20 à 46 euros par an et par hectare de grande culture (l’unité de comparaison qu’ils ont choisie) en bio plutôt qu’en conventionnel.

Autres chiffrages dans cette partie sur l’environnement, ceux liés à la perte de biodiversité, due entre autres aux pesticides, à la contamination des eaux, ou à la destruction de certains milieux. Le bio permettrait par exemple de diminuer les mortalités d’oiseaux et de poissons, évitant à la société un coût de 43 à 78 euros par hectare de grande culture chaque année. Concernant la pollinisation, le bénéfice créé par une agriculture qui limite leur déclin est comparé au prix d’une location de ruche : 300 euros l’hectare pour des arbres fruitiers dont la production dépend entièrement des abeilles.

Les consommateurs bio ont moins de problèmes de surpoids

La deuxième partie traite des impacts sur la santé. Uniquement pour les cancers (d’autres maladies, comme Parkinson, ont un lien avéré avec les pesticides) pouvant être imputés aux pesticides, l’hypothèse basse est de 52 euros par hectare et par an, et la plus haute de 262 euros. Des dépenses qui seraient évitées en agriculture biologique. « Dans le domaine de la santé, c’est là que les chiffrages sont les plus élevés, mais aussi que les incertitudes sont les plus grandes, c’est pourquoi nous avons eu du mal à produire des résultats chiffrés », explique Natacha Sautereau.

Pour certains sujets, les chercheurs n’ont donc pas pu quantifier les effets, mais soulignent un moindre impact de l’agriculture biologique par rapport à l’agriculture conventionnelle. Ainsi, l’élevage bio consomme significativement moins d’antibiotiques que le conventionnel, contribuant à limiter le développement de l’antibiorésistance.

Concernant l’effet bénéfique de la nourriture bio sur la santé, « les débats […] sont récurrents », indique le document. La seule étude en France sur un grand nombre de personnes mangeant bio est encore en cours. Les premiers résultats « montrent que les consommateurs de produits bio connaissent moins de problèmes de surpoids et d’obésité, et de pathologies associées ». Mais, « ils ont généralement un mode de vie plus sain », précise l’analyse. En outre, les risques d’allergie sont réduits : le bio autorise 47 additifs contre 300 en conventionnel.

Enfin, du côté de l’impact social de la bio, la création d’emplois est le plus facilement chiffrable. Trois ans après leur conversion, la majorité des fermes bio ont augmenté le volume de travail. Le rapport évalue ce bénéfice en emploi entre 10 et 18 euros par hectare de grande culture chaque année.

Le rôle des fermes bio dans le renforcement du lien social (Amaps, circuits courts) dans les territoires est aussi souligné, tout comme une amélioration du bien-être animal grâce à la limitation des mutilations.

Tout au long du rapport, un seul impact réellement négatif est noté : les moindres rendements du bio pourraient obliger à étendre les surfaces cultivées.

Des pistes pour améliorer les soutiens publics à l’agriculture biologique

« Cette démarche de chiffrage économique peut être critiquée », reconnaît Nathalie Sautereau. En effet, comment donner une valeur économique à la vie humaine, au bien-être animal ou à la préservation de la biodiversité ? Et comment comparer la valeur d’une abeille à celle d’une eau non polluée ? Les auteurs ne cachent pas les limites de l’exercice, dues également au manque de données, ou à la diversité des systèmes de culture : tous ne se ressemblent pas à l’intérieur du bio ou du conventionnel.

Ce rapport se veut donc, surtout, un outil d’aide à la décision politique. « Un soutien financier à l’agriculture biologique est largement justifié sur la base de ce rapport », estime Marc Benoît, l’un des auteurs. Ayant assisté à sa présentation, le conseiller du ministre de l’Agriculture chargé du bio, Luc Maurer, précise : « Avec ce rapport, le ministre veut faire deux choses : mieux faire reconnaître la nécessité de développer l’agriculture biologique dans la future politique agricole commune de l’Union européenne, qui commencera en 2020 et qui se prépare dès maintenant ; et identifier les priorités de recherche en agriculture biologique. »

Le document ouvre donc des pistes pour améliorer les soutiens publics à l’agriculture biologique. Il souligne que les consommateurs acceptant de payer un peu plus cher pour les produits bio, ils bénéficient d’une « certaine rémunération par le marché », mais que cela « ne permet pas d’atteindre un niveau satisfaisant de financement des services à caractère public ». Un soutien public mieux organisé pourrait même permettre, éventuellement, de baisser les prix et favoriser un meilleur accès de tous aux produits bio. Parmi les outils envisagés : des taxes sur les intrants polluants (pesticides et engrais chimiques) ou une rémunération des agriculteurs liée aux services environnementaux de leur exploitation.

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Le tableau de synthèse des effets de l’agriculture biologique

Marie Astier (Reporterre.net)

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Environnement: le Saint-Siège encourage à investir dans les énergies renouvelables

« Utiliser notre argent pour désinvestir des sources fossiles et investir dans les énergies renouvelables ». C’est l’invitation du cardinal Peter Turkson, préfet du nouveau Dicastère au service du développement humain intégral, lors d’un congrès international sur « Laudato si’ et les investissements catholiques », à l’Université pontificale du Latran à Rome, le 27 janvier 2017.

Dans son intervention rapportée par l’agence catholique italienne SIR, le cardinal a encouragé les banques, « impliquées ces temps-ci dans des scandales financiers, évasions et opérations spéculatives, à faire les choses différemment et à agir en fonction du bien commun ».

Si le Saint-Siège, à travers la doctrine sociale, « lance les principes », il revient ensuite à chaque Eglise particulière de les appliquer en fonction des situations. Mais dans tous les cas, a-t-il affirmé, « quand nous investissons de l’argent, nous devons demander comment notre argent sera employé. Nous avons l’obligation de réaliser une sorte de justice écologique. C’est notre cohérence et notre dignité qui sont en jeu. (…) Il est temps que les Églises locales agissent. C’est cela, la subsidiarité de l’Église ».

Le cardinal Turkson a aussi réfuté l’objection selon laquelle l’investissement dans les énergies renouvelables provoqueraient le chômage du secteur des combustibles fossiles : le charbon, par exemple, « peut être utilisé pour la production d’autres matériaux, comme les tableaux de bord des voitures ». « Notre maison commune, a-t-il conclu, ne doit pas devenir un lieu où l’on ne produit que de l’anhydride carbonique à décharger dans l’atmosphère. Il s’agit de reconnaître la nécessité d’abandonner progressivement les combustibles fossiles. Même si le progrès est lent, l’important est de ne pas rester sans rien faire en acceptant passivement les sources qui polluent ».

Suivant les indications du mouvement « Divestment » lancé en 2011 par un groupe d’étudiants américains, aujourd’hui 680 institutions du monde entier (universités, instituts religieux, compagnies d’assurances) se sont engagées à retirer leurs investissements des sujets qui agissent dans le secteur des combustibles fossiles.

Avec une traduction de Constance Roques, ZENIT

« Les pays africains doivent miser sur la diversité agricole »

Les actions d’aide au développement menées par l’Europe ne favorisent pas une agriculture africaine durable, affirme Charles Goerens, député européen (groupe ADLE) du Parti démocratique du Luxembourg.

Les pays africains doivent développer une agriculture durable et diversifiée.

La Croix : Le Parlement européen a voté en 2016 une résolution très critique sur la politique d’aide au développement de la Nasan, la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition destinée aux pays africains pauvres dans laquelle l’Union européenne a investi plus d’un milliard d’euros. Pourquoi ?

Charles Goerens : Nous avons tout intérêt à ce que les pays en développement éradiquent la pauvreté et parviennent à la sécurité alimentaire. Or l’aide au développement est en partie dévoyée. Lorsque l’on brade en Afrique les bas morceaux de poulet non prisés par les Européens, on crée une rude concurrence sur les marchés africains et déstabilise des agricultures très fragiles.

L’UE devrait être le meilleur avocat des pays demandeurs de protection, comme elle a su, elle, protéger son agriculture. Pourtant dans les accords de partenariat économique (APE) qu’elle négocie avec les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), elle applique la libéralisation du commerce qui expose ces pays à une concurrence brutale, en se référant aux accords du Gatt. Mais ceux-ci avaient été pensés pour commercer entre pays à situations économiques comparables !

> Lire aussi : En Afrique, le défi de l’emploi agricole

Le commerce prend le pas sur le développement…

C. G. : Les APE ont été négociées par la direction générale du commerce de la Commission, la direction générale chargée du développement ayant eu un rôle second. Il y a de fait une asymétrie entre acteurs. Tant qu’ils ne seront pas sur un pied d’égalité et tant qu’il n’existera pas au sommet des institutions une instance d’arbitrage pour trancher les conflits entre directions, alors il y aura toujours un problème de cohérence des politiques européennes.

Dans votre résolution, vous demandez de ne pas soutenir les cultures OGM en Afrique. Pourquoi ?

C. G. : Les OGM rendent les agriculteurs dépendants d’acteurs extérieurs. Les pays ont besoin de soutenir leur agriculture paysanne, de miser sur la diversité des semences et des modes de culture pour s’adapter aux différents milieux et aux changements climatiques. Toutefois il revient aux pays de définir eux-mêmes leur cadre légal, d’interdire les OGM s’ils le souhaitent.

À nous de prêter assistance à ceux qui le demandent pour renforcer leur gouvernance. Plus les acteurs publics sont forts, plus la société civile est organisée, plus ils peuvent faire contrepoids aux puissants acteurs privés.

> Lire aussi : À la COP22, l’agriculture africaine face au changement climatique

La lutte contre l’accaparement des terres fait aussi partie de vos priorités…

C. G. : Le Parlement s’est saisi de cette question comme ce fut le cas dans le passé pour la suppression des subventions honteuses à l’exportation des produits agricoles qui détruisaient les marchés par une concurrence déloyale. Pour l’arrêter, il a suffi d’une décision unilatérale de l’UE. La lutte contre l’accaparement des terres est plus complexe et la décision revient, in fine, à chaque État. La politique est affaire de petits pas. Nous devrons nous mobiliser au long cours sur cet enjeu.

Recueilli par Marie Verdier
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« De tous les chefs d’Etat français », François Hollande « aura été celui dont le rapport avec l’Afrique aura été le plus sincère et le plus loyal ». C’est ce qu’a déclaré, samedi, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), le président du Mali. C’était à l’occasion du sommet France-Afrique.

François Hollande qui participait à son dernier sommet France-Afrique, s’est montré heureux. Le président français a dit quelques mots.

« Je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique » a fait savoir, François Hollande. Selon lui, «la France restera toujours au côté du Mali jusqu’à l’aboutissement du processus de paix. Jusqu’à ce que l’Etat malien puisse avoir son autorité respectée sur l’ensemble du territoire malien».

De l’avis du président français, les terroristes ne contrôlent plus aucun territoire (au Mali), la démocratie a repris son cours. Pour preuve, les élections ont eu lieu, l’économie repart et la réconciliation avec les accords d’Alger est en cours ».

Et de poursuivre : « Ensemble, la France, l’Afrique nous avons été capables de relever des défis et de faire avancer le monde. Ensemble, l’Afrique, la France, nous avons été capables, aux Nations unies, de porter des objectifs de développement durable. L’Afrique, la France, ensemble, nous portons le message d’une réduction des inégalités à l’échelle planétaire».