Archives pour la catégorie Communication/Médias

Les réseaux sociaux ? Une formidable opportunité pour l’agriculture !

Après avoir exploré les relations agriculture-médias l’an passé, Agriculteurs de Bretagne a planché sur les réseaux sociaux le 19 janvier dernier, au Relecq-Kerhuon (29). Et les avis sont unanimes : pour mieux se faire connaître auprès des citoyens et des consommateurs, les agriculteurs ont tout intérêt à être présents sur Facebook, Twitter ou Instagram, à poster des vidéos sur YouTube…

C’est une simple remarque qui a tout déclenché ». Agriculteur en périphérie de Lens, dans le Pas-de-Calais, Thierry Bailliet n’a pas supporté que son fils se fasse insulter au collège à cause de sa profession. « Je me suis dit qu’il fallait communiquer sur notre métier ». Avec une caméra « toute simple », il se lance dans la création de vidéos, qu’il poste sur sa chaîne YouTube « Thierry agriculteur d’aujourd’hui ». « Arrachage des pommes de terre, semis des céréales, conditionnement des oignons à la Cuma… : j’explique simplement ce que je fais, comment je le fais et pourquoi je le fais ». Sans rien occulter ! « L’épandage de phytos, c’est plus compliqué… ». Depuis trois ans, les vidéos se succèdent au rythme d’une par semaine. Et, très vite, le succès est au rendez-vous. « J’ai de nombreux retours sur Facebook ou Twitter ».

Une photo, un message

« On peut dire ce qu’on pense, ça m’a plu ». Producteur de céréales et de légumes transformés à Mauron (56), Jean-René Menier s’est lancé sur Twitter il y a quatre à cinq ans. Très actif, « entre 30 et 100 tweets par mois », il apprécie ce nouveau mode de communication, qui lui permet de toucher un large public, « 500 personnes en moyenne par tweet, mais ça peut aller jusqu’à 3 000 ». Il en profite pour faire passer des messages, au détour d’une photo, « sur le bien-être animal aussi bien que sur l’emploi local ». Et le format, 140 caractères, « oblige à être bref, précis, concis et à peser ses mots ». Autre avantage de Twitter, et non des moindres, « son instantanéité ! Pas besoin d’être devant un ordinateur, un téléphone portable suffit pour saisir une photo et l’expédier ».

26 agricultrices blogueuses au Canada

« Les gens sont déconnectés de ce qui se passe sur une ferme ». Productrice de sirop d’érable au Canada, Natacha Lagarde a, elle aussi, ressenti le besoin de communiquer. Mais, plutôt que de le faire seule dans son coin, elle a lancé Agrimom, un blog qui réunit aujourd’hui 26 agricultrices, comme elle passionnées par leur métier et ayant envie de le faire partager au plus grand nombre. « Parce qu’on n’écoute pas ceux qui se plaignent tout le temps », Natacha l’a exigé dès le début, « c’est un blog d’agriculture positive : on parle de ce qui va bien ». Et le groupe a donné aux unes et aux autres le courage de se lancer. « Avant publication, les textes sont relus en interne. Ça  permet de corriger les fautes d’orthographe. Ça permet surtout aux blogueuses d’écrire avec leur cœur, sans se soucier d’autre chose ».

Un agriculteur par semaine aux Pays-Bas

« Je voulais pouvoir répondre à ces ONG qui critiquent l’agriculture ». Aux Pays-Bas, ce souci de communiquer a poussé Caroline Vander Plas à imaginer Boerburgertweet, le tweet citoyen. « Chaque semaine, un agriculteur différent prend la main et explique son quotidien à partir de photos et petits textes ». Cette semaine, c’est un éleveur de chèvres qui est aux manettes. Et lait, porc, céréales, tulipes, légumes… : au fil du temps, toutes les productions ont été balayées. « J’avais un bon carnet d’adresses pour démarrer. Et aujourd’hui, ce sont les agriculteurs qui me contactent ».

Lever les freins

Si toutes ces expériences sont positives, les freins restent nombreux avant que les agriculteurs n’osent se lancer. « Communiquer doit faire partie de notre métier, insiste Jean-René Menier. J’en ai ras-le-bol d’entendre d’autres parler à notre place ». « Il ne faut pas avoir peur, rajoute Thierry Bailliet. Plus de 98 % des messages que je reçois sont positifs. J’essaie de répondre aux attaques. Et si ça dérape, je mets fin à la discussion ».

« Je n’irai jamais partager dans un groupe qui prône le sans sucre, avoue Natacha, dans un éclat de rire, avant de dévoiler sa technique. Quand j’ai des questions épineuses sur mon blog, je vais d’abord marcher dans la campagne… Il ne faut jamais répondre à chaud mais prendre un peu de recul, se laisser le temps de la réflexion ». Et le groupe prend là tout son intérêt. « Nous pouvons nous épauler, profiter de l’expérience des unes et des autres, leur demander comment elles auraient fait dans la même situation ».

Et Sophie Jézéquel, vice-présidente de la chambre d’agriculture du Finistère, de lancer un appel aux agriculteurs. « Nous sommes les mieux placés pour parler de notre métier ! Alors prenons la parole sur ce qui fait notre quotidien mais aussi notre fierté ». Un conseil qu’Agriculteurs de Bretagne met déjà en pratique. « Avec 6 000 abonnés sur Facebook, on assiste à l’émergence d’une vraie communauté », note avec satisfaction Danielle Even, sa présidente. Également présente sur Twitter, l’association va ouvrir d’ici peu un compte Instagram.

Par Chantal Pape

vice-pdt-fida

Le rapport sur le développement rural 2016 est un “appel de ralliement“ (Vice-président FIDA)

Le vice-président du Fonds international de développement agricole (FIDA), Michel Mordasini, a affirmé, mercredi, lors du lancement du rapport 2016 sur le développement rural que ce document est un « appel de ralliement » pour les gouvernements africains autour de l’importance des politiques agricoles et du développement rural.

« Il est indispensable d’associer les populations rurales, les exploitants agricoles à la stratégie de lutte contre la pauvreté », a notamment signifié M. Mordasini.

D’après ce rapport, seules des politiques ciblées axées sur les populations rurales permettront d’éradiquer la pauvreté dans les pays en développement. « L’agriculture, le développement rural, restent des pièces maitresses des opportunités centrales pour réussir les grands objectifs d’une réduction de la pauvreté sur tout le continent », a soutenu Michel Mordasini, pour qui, l’essentiel de la population africaine se trouve en zone rurale.

Pour assurer l’alimentation des villes d’aujourd’hui et de demain, ainsi que la dépendance croissante des importations de denrées alimentaires, il faut une agriculture dynamique et un monde rural qui se transforme de façon inclusive, qui associe l’ensemble des populations rurales au processus de changement, a-t-il conseillé.

« Il y a de grandes opportunités en Afrique, il faut passer à l’action, il faut investir, il faut travailler sur un affinage des politiques pour permettre au secteur privé d’accéder aux zones rurales et de permettre aux petits exploitants agricoles d’accéder aux produits financiers (…) », a-t-il lancé.

Selon le vice-président du FIDA, le rapport révèle les contraintes, les défis et donne un message d’espoir sur les opportunités considérables qui existent en Afrique pour que l’agriculture soit encore un facteur de moteur de croissance et de développement, et une meilleure prospérité pour tous.

Le FIDA est une institution financière internationale et un organisme spécialisé des Nations Unies dont le siège est à Rome. Depuis 1978, le Fonds a octroyé environ 17,7 milliards d’USD sous la forme de prêts à faible taux d’intérêt et de dons en faveur de projets qui ont touché quelque 459 millions de personnes. Il investit dans les populations rurales, en les autonomisant afin de réduire la pauvreté, d’accroître la sécurité alimentaire, d’améliorer la nutrition et de renforcer leur résilience.

kkf/tm, AIP

basilica_san_pietro_sm-600x338

Discours à la FAO pour la Journée mondiale de la pêche

Intervention du Cardinal Parolin

Monsieur le Directeur général,
Monsieur le Cardinal,
Messieurs les Ambassadeurs et Représentants permanents,
Messieurs les Fonctionnaires de la FAO
et Représentants de la société civile
Mesdames et Messieurs les Intervenants,
Mesdames et Messieurs,

  1. Je suis reconnaissant envers le directeur général de la FAO, le Professeur José Graziano da Silva, pour ses aimables paroles de bienvenue. Je voudrais exprimer mon estime pour le travail de la FAO et pour son attention à de nombreuses questions liées au développement humain, que l’Église catholique et le Saint-Siège suivent avec attention. Je salue aussi les intervenants qui, avec leur expérience bien connue, donneront le juste relief à cet événement à l’occasion de la Journée mondiale de la pêche.

Comme nous le savons tous, le secteur de la pêche contribue de manière décisive à la sécurité alimentaire mondiale, au bien-être humain et à la prospérité économique, et il est particulièrement important pour la survie des communautés de pêche à petite échelle dans de nombreux États. Le poisson continue d’être un des produits alimentaires les plus commercialisés dans le monde entier et le travail dans ce secteur a augmenté à des rythmes plus soutenus que ceux de la population mondiale (cf. FAO, Report on The State of World Fisheries and Aquaculture 2014). La pêche emploie des millions de personnes et permet la subsistance de familles, de groupes et de communautés. Cela est particulièrement important pour les pays en voie de développement où les produits du poisson représentent souvent la moitié de la valeur totale des marchandises échangées.

Toutefois, il est nécessaire que la vision économique n’oublie pas la garantie d’un bien-être humain compatible avec la protection de l’environnement, afin de créer de la prospérité à long terme et une perspective durable pour les générations actuelles et futures. Pour ces raisons, la promotion d’une pêche et d’une aquaculture durables et responsables doit être une préoccupation fondamentale pour toutes les actions internes et internationales. Dans l’encyclique Laudato si’, nous rappelant l’importance de protéger notre « maison commune », le pape François souligne que « les océans non seulement constituent la majeure partie de l’eau de la planète, mais aussi la majeure partie de la grande variété des êtres vivants, dont beaucoup nous sont encore inconnus et sont menacés par diverses causes. D’autre part, la vie dans les fleuves, les lacs, les mers et les océans, qui alimente une grande partie de la population mondiale, se voit affectée par l’extraction désordonnée des ressources de pêche, provoquant des diminutions drastiques de certaines espèces. Des formes sélectives de pêche, qui gaspillent une grande partie des espèces capturées, continuent encore de se développer. Les organismes marins que nous ne prenons pas en considération sont spécialement menacés, comme certaines formes de plancton qui constituent une composante très importante dans la chaîne alimentaire marine, et dont dépendent, en définitive, les espèces servant à notre subsistance.» (n.40)

Comme l’indique l’introduction du Code de conduite de la FAO pour la pêche responsable, adopté il y a vingt ans, « la pêche, y compris l’aquaculture, représente une source vitale d’alimentation, de travail de temps libre, de commerce et de bien-être économique pour les personnes dans le monde entier, pour les générations actuelles comme pour les générations futures et doit par conséquent être menée de manière responsable ». Malheureusement, dans de nombreuses régions, un niveau insoutenable d’exploitation a été atteint et les interventions de la Communauté internationale, y compris à travers le Code de conduite mentionné, ont substantiellement empêché que la situation n’empire.

  1. Il y a cependant une autre perception plus directement humaine et, j’oserais dire, humanitaire, en suivant les plus récents critères exprimés par le Sommet d’Istanbul en mai dernier, qui préoccupe le Saint-Siège et, je crois, toutes les personnes qui voient avec sagesse la pêche comme une ressource importante pour l’avenir de la famille humaine.

Deux siècles après l’abolition de la traite transatlantique des esclaves, au moins 20,9 millions de personnes continuent de travailler sous la contrainte, en grande partie dans l’économie informelle et illégale (cf. ILO, Global estimates 2012). Environ 90 pour cent du travail forcé, aujourd’hui, est imposé par le secteur privé, surtout dans les activités à haute intensité de main-d’œuvre, comme la pêche. L’étude et le travail des Organisations internationales compétentes – je me réfère en particulier à la FAO et à l’OIL, mais sans négliger les organisations de la société civile – soulignent que la pêche et l’aquaculture sont devenues des activités mondiales qui emploient un grand nombre de travailleurs, souvent déjà rendus vulnérables parce que migrants, victimes de la traite ou du travail forcé.

Les travailleurs, embauchés à travers des agences de travail, vivent constamment la précarité de l’emploi puisque leurs contrats, en général, vont de cinq à six mois. La même précarité est vécue par les travailleurs embauchés par les coopératives, du moment que l’une des conditions pour rester dans la coopérative est d’y rester employé alors qu’à chaque échéance du contrat il n’y a aucune garantie d’être réembauché.

Les travailleurs embarqués sur des bateaux de pêche sont effectivement isolés pendant de longues périodes, privés non seulement de garanties contractuelles mais aussi des droits les plus fondamentaux. Les bateaux de pêche, en particulier ceux qui sont utilisés dans la pêche en haute mer, ont une capacité de plus en plus grande de rester en mer pendant de longues périodes, même pendant plusieurs années. Plutôt que d’accoster régulièrement, ces embarcations peuvent « transborder » le poisson capturé et se refournir en carburant à travers des embarcations plus petites. Pour les équipages, cela signifie vivre dans des conditions dégradantes, dans des espaces restreints, presque en détention, sans documents, qui ne leur sont restitués que rarement après de longues périodes de travail forcé et sous-payé.

Tout cela peut signifier que l’équipage de ces navire n’a pas accès aux ports et n’est donc pas en mesure de fuir, d’empêcher les abus ou de demander assistance. En outre, à bord des bateaux, les travailleurs ont rarement la possibilité de communiquer avec le monde extérieur. Les téléphones portables sont hors de portée des signaux ou il leur est interdit d’utiliser d’autres moyens de communication de bord tels que la radio ou les téléphones satellitaires. Au fond, nous sommes devant des personnes privées de leur identité, avec un bas salaire et qui, si elles étaient libres, ne sont pas en mesure de reconstruire leur vie parce qu’elles sont victimes d’un véritable système d’esclavage. Cette situation est aggravée dans le cas de la pêche illégale, non déclarée et non règlementée.

Nous ne devons pas oublier que le secteur industriel du travail de la pêche continue de s’intéresser à ce qu’on appelle le travail « informel » plutôt qu’à des formes typiques de contrats avec des embauches régulières, sans échéance déterminées et avec des conditions qui prévoient les garanties sociales minimum. Les travailleurs employés à travers des intermédiaires ou des agents de main-d’œuvre, vivent constamment dans la précarité du travail qui se caractérise par des contrats limités dans le temps et uniquement gérés par les donneurs de travail.

Nous sommes témoins d’une situation face à laquelle la Communauté internationale et ses institutions font tous leurs efforts pour établir et développer des solutions spécifiques afin d’éliminer le travail forcé de la chaîne mondiale de la production. Je pense au nouveau Cadre de politique stratégique, adopté par l’ILO en 2010 ou aux récentes décisions du Comité de la pêche de la FAO sur les activités illicites liées au secteur de la pêche.

Les conventions de l’ILO, en particulier la Convention de travail forcé, 1930 (n° 29) et la Convention sur le travail dans la pêche, 2007 (n° 188), l’Accord de la FAO sur les mesures de l’État du port, adopté en 2009 et aujourd’hui en vigueur, le Code de conduite pour une pêche responsables et les Lignes-guides volontaires pour la protection de la petite pêche durable dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’élimination de la pauvreté de 2014, fournissent d’importantes indications et des moyens réels pour chercher à endiguer ce phénomène. Reste cependant le problème de leur mise en œuvre effective et donc de la bonne volonté des différentes parties impliquées.

  1. Face à ces défis, le Saint-Siège considère comme fondamental de développer, en particulier, les capacités de surveiller, d’identifier et de sauver les pêcheurs victimes de la traite, du trafic et de traitements dégradants. Les normes actuelles du droit international nous imposent d’aller au-delà des raisons pour lesquelles les personnes s’adressent à des contrebandiers et des trafiquants. Non avons non seulement le devoir moral de donner d’autres opportunités aux personnes, mais aussi un devoir contraignant de leur fournir une autre possibilité.

Une première réponse pratique peut être représentée par des mesures légales plus strictes et par des procédures de mise en œuvre dont peuvent bénéficier les migrants qui travaillent dans le secteur de la pêche, afin de fuir le trafic et la traite des êtres humains. Il serait possible de donner l’importance nécessaire aux résultats du Forum de Bali de mars 2016, qui ne peuvent être limités à la seule région du sud-est asiatique, du moment que nous sommes face à un phénomène enraciné dans toutes les zones et les régions. Cela aidera à éliminer les affaires illicites de contrebandiers et de trafiquants.

Au niveau intergouvernemental, ensuite, il faut reconnaître que les Agences spécialisées des Nations Unies, ainsi que les autres Organisations internationales, ont maintenant la capacité de prévoir des alternatives durables ; il suffit de penser à l’hypothèse de visas humanitaires, au visa de brève durée, aux visas pour les travailleurs saisonniers. La législation sur les visas, en général, n’a pas réussi à suivre le rythme des changements de la technologie, avec la révolution numérique et avec le progrès qui change et qui a changé le monde ces dernières années.

Les pays d’origine, ensuite, ont la responsabilité de faciliter la mobilité du travail intra-régional pour ceux qui cherchent de meilleures conditions de vie. Cela peut signifier garantir des politiques en matière d’immigration par rapport aux obligations établies dans l’article 18 du Protocole à la Convention de Palerme sur la criminalité organisée transnationale en matière de prévention, de répression et de persécution de la traite et du trafic des êtres humains. De telles dispositions demandent à l’État de faciliter et d’accepter le retour des victimes de la traite et du trafic, qui sont ses citoyens ou qui avaient un droit de séjour permanent sur son territoire en tant que droit acquis au moment de leur entrée dans cet État dans le respect de sa législation nationale.

En renforçant la gestion humanitaire des frontières, nous serons en mesure de garantir des frontières sûres, libres des abus de la traite et du trafic d’êtres humains, fournissant un accès à la protection pour ceux qui y ont droit, comme dans le cas des pêcheurs soumis au travail forcé. Cette approche aurait aussi l’avantage de distinguer entre criminels et victimes, de manière objective et complète. C’est pourquoi, il faudrait considérer un ensemble d’options en faveur des pêcheurs forcés, identifiés comme des personnes qui ne possèdent aucune protection internationale ou qui n’ont pas de droit de séjour. Ces options devraient comprendre aussi une assistance pour les aider à rentrer volontairement chez eux, avec un soutien financier pendant la phase de réinsertion.

Comme nous le rappelle le pape François, « les migrants sont nos frères et sœurs qui cherchent une vie meilleure loin de la pauvreté, de la faim, de l’exploitation et de l’injuste distribution des ressources de la planète qui devraient être équitablement partagées entre tous. N’est-ce pas le désir de chacun d’améliorer ses conditions de vie et d’obtenir un honnête et légitime bien-être à partager avec ses proches ? » (Message pour la journée des migrants 2016).

  1. En répondant aux exigences d’un monde qui change et qui est constamment à la recherche de justice, de solidarité, de dignité et de respect des droits de chaque personne, en particulier des plus faibles et des plus vulnérables, chacun de nous est appelé à donner sa contribution, proportionnellement à ses capacités, pour libérer les esclaves du commerce humain pratiqué aujourd’hui à une échelle mondiale. Ce n’est qu’en travaillant ensemble, avec nos efforts conjoints, que nous serons en mesure de briser la chaîne de l’exploitation évidente qui influence les activités de pêche dans de nombreux pays et que nous pourrons dénoncer qu’elle contient tous les éléments d’un véritable crime contre l’humanité selon le droit international.

Nous devons le faire en nous concentrant sur trois objectifs fondamentaux : les aides pour les pêcheurs exploités et dégradés, afin de faciliter leur réhabilitation et leur réinsertion ; le respect, de la part des États et des gouvernements, des normes internationales en vigueur en matière de pêche et, en particulier, sur le travail dans le secteur de la pêche ; la lutte contre le trafic et la traite avec des moyens, y compris des mesures coercitives, capables d’imposer l’état de droit et les standards sur les droits humains. L’objectif final est de préserver la légalité aussi sur les mers qui, depuis des siècles, est un signe de liberté et de civilisation.

Le Saint-Siège est très proche des Organisations internationales comme la FAO et l’ILO qui promeuvent ces objectifs et, à travers les institutions de l’Église catholique dans les différents pays, il est prêt à contribuer à cet effort. Un objectif qui, dans la vision chrétienne, signifie œuvrer pour « rendre la liberté aux opprimés » (Lc 4,18-19).

Merci pour votre attention.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

peche-zenit

Le cardinal Parolin appelle à « briser la chaîne de l’exploitation » dans le secteur de la pêche

Le cardinal Pietro Parolin a appelé la communauté internationale à « briser la chaîne de l’exploitation qui influence les activités de pêche dans de nombreux pays » : une chaîne qui contient « tous les éléments d’un véritable crime contre l’humanité », a prévenu le secrétaire d’Etat du Saint-Siège lors d’un colloque le 21 novembre 2016 au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome.

Au cours de cet événement co-organisé par le Conseil pontifical pour les migrants à l’occasion de la Journée mondiale de la pêche, le « numéro 2 » du Vatican a appelé la Communauté internationale à se concentrer sur « trois objectifs fondamentaux » : les aides pour les pêcheurs exploités et dégradés ; le respect, de la part des États et des gouvernements, des normes internationales en vigueur en matière de pêche ; la lutte contre le trafic et la traite avec des moyens, y compris des mesures coercitives, capables d’imposer l’état de droit et les standards sur les droits humains.

Au fil de son intervention, le cardinal Parolin a plaidé la cause des migrants, victimes de la traite ou du travail forcé dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture : « un véritable système d’esclavage », a-t-il dénoncé, avec « des conditions de travail dégradantes », « presque en détention, sans documents ».

L’événement avait pour thème « La violation des droits humains dans le secteur de la pêche et la pêche illégale, non déclarée et non-réglementée » (The violation of human rights within the fishing sector and illegal, unreported and unregulated (IUU) fishing)

AK, ZENIT

sangafowa-discrs-cop-22

COP 22/ Panel sur un dialogue multipartite pour des partenariats public-privé plus performants : l’allocution du ministre Sangafowa à Marrakech

Monsieur AZIZ Akhannouch, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime du Royaume du Maroc ;

Monsieur Stephane LE FOLL, Ministre français de l’Agriculture et de l’Agroforesterie ;

Mesdames et Messieurs les Ministres de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche;

Monsieur GRAZIANO DA SILVA, Directeur Général de la FAO ;

Mesdames et Messieurs les partenaires au développement ;

Mesdames et Messieurs, en vos rangs, grades et qualités ;
Chers participants ;

Permettez qu’avant tout propos, qu’au nom des ministres africains de l’agriculture et en mon nom propre, j’exprime ma fierté en tant qu’africain aux autorités Marocaines pour la qualité de l’organisation de cet événement planétaire.

Sa Majesté le Roi Mohamed VI, que Dieu l’assiste, par son leadership, œuvre chaque jour pour le rayonnement d’une Afrique décomplexée.

Monsieur le Ministre Marocain de l’Agriculture et de la Pêche Maritime et cher ami, vous qui êtes l’un des principaux artisans de l’organisation de cet événement, nous vous prions de bien vouloir traduire à sa Majesté notre infinie reconnaissance et toute notre admiration.

Mesdames et Messieurs,
À la COP22, COP de l’action, il me faut être clair. Nous sommes ici pour donner à l’agriculture toute la place qui lui revient de droit dans le débat sur le changement climatique.

En effet, la COP21 a connu un succès historique. Cependant, elle n’a pas permis de mesurer la pertinence d’une contribution du secteur agricole, notamment africain, face au défi du réchauffement de la planète et d’en tirer toutes les conséquences, en particulier celles liées aux nécessaires investissements dans ce secteur.

Je voudrais donc, d’une part, saluer le Ministre français de l’agriculture dont l’initiative 4 pour 1000 permet, par la séquestration du carbone dans le sol, de positionner l’agriculture non plus seulement comme l’un des problèmes, mais comme l’une des solutions aux émissions de gaz à effet de serre.

Je voudrais ensuite rappeler que l’agriculture est l’une des principales victimes du dérèglement climatique. Or du fait de la croissance démographique, il nous faudra produire plus avec de moins en moins de ressources naturelles disponibles pour satisfaire les besoins alimentaires sans cesse croissants de l’humanité.

Avec plus des deux tiers des ressources naturelles de la planète encore disponibles, l’Afrique est au cœur du défi de la Sécurité alimentaire de la planète. Son agriculture mérite donc, ne serait-ce que pour cette seule raison une meilleure attention des décideurs réunis, ici à la COP22.

Au surplus, il se trouve que notre continent qui n’est responsable que de 4% des émissions de gaz à effet de serre est le plus frappé par les impacts du changement climatique et le plus fragile pour adapter ses moyens de production agricole.

L’atténuation des émissions est certainement la solution pour contenir et même stopper le réchauffement de la planète. Seulement, ramener à l’échelle du continent, je me demande encore ce que cela signifie. Car si l’Afrique parvenait à éliminer toutes ses émissions cela n’aura qu’une incidence imperceptible sur le climat.
Le défi pour nous est donc, d’adapter aux effets du changement climatique, avec le soutien des pays développés, notre modèle de développement et donc nos moyens de production notamment agricole.

Voilà pourquoi, et sans réserve, nous sommes venus, en notre qualité de Président de la 29 ème Conférence Régionale de la FAO pour l’Afrique ; promouvoir avec le Ministre Aziz Akhannouch l’initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine en abrégé AAA.
Cette initiative vise, non seulement la promotion des solutions d’adaptation de l’agriculture africaine, mais bien plus, elle vise la répartition équitable des ressources annoncées entre l’atténuation et l’adaptation.

Mesdames et Messieurs,
De ce qui précède, l’Agriculture Africaine est en droit d’attendre des pays développés des ressources conséquentes et de l’assistance technique.

Notre attente est d’autant plus justifiée que nous payons à la nature et plus que le reste du monde, la facture du développement des pays dits avancés.

En effet, comme le rappelait hier le président français François HOLLANDE à l’ouverture de cette COP22, 36 des 50 pays les plus affectés par le changement climatique au monde sont africains. Notre continent compte aujourd’hui plus de 10 millions de réfugiés climatiques. De plus, en Afrique, contrairement à ce qui est répandu, ce n’est pas l’agriculture qui est la principale responsable de la déforestation accélérée sur le continent mais bien l’exploitation forestière qui continue d’alimenter l’industrie des pays développés.
Mon pays n’est pas passé en moins d’un demi-siècle de 16 millions d’hectares de forêts à moins de 2 millions d’hectares du simple fait d’une agriculture encore familiale. Voilà pourquoi nous pensons que l’essentiel des ressources affectées à l’Adaptation doivent revenir à l’Agriculture Africaine.

Mesdames et Messieurs,
Une fois les engagements sur les ressources annoncées tenus, la mise en place d’un thermomètre mondial permettant de mesurer les efforts de chaque pays et les récompenser en conséquence, deviendra nécessaire. Cette étape est un défi pour les experts de la planète. Mais, la mise au point des programmes d’adaptation structurés, pertinents capables de mobiliser les ressources annoncées et la gouvernance africaine notamment celle liée à l’agriculture sont des défis pour les experts africains.

C’est à ce niveau que je voudrais en appeler aux institutions africaines notamment la Banque Africaine de Développement qui nous accueille cet après midi, pour relever les défis qui sont les nôtres.

Car, en plus du défi sur le climat, nous sommes concernés au plus haut point par ceux sur l’immigration et le terrorisme.

La réponse commune du continent face à ces défis est la création de richesses partagées sur place par une économie structurée et diversifiée, dont l’agriculture constitue de notre point de vu le fer de lance.

Je vous remercie de votre aimable attention.

formation-jeunes-tic

Le Mooc « Afrique Innovations » forme les jeunes Africains au journalisme numérique

« On a constaté à quel point la jeunesse africaine est connectée et demande que les choses évoluent », explique Pierre Jalladeau, directeur Afrique de l’Agence française de coopération médias (CFI). CFI est à l’origine du programme « Afrique Innovations-Réinventer les Médias », dont « Le Monde Afrique » est partenaire.

Lancé début 2015, le projet veut « former les futurs leaders d’opinion » avec des événements, des ateliers et, à partir du lundi 20 juillet, un Mooc gratuit qui sera animé pendant douze semaines par des journalistes.

Du lundi 20 juillet au dimanche 11 octobre 2015, le Mooc « Afrique Innovations » propose à ses participants un apprentissage en journalisme et en programmation Web. L’idée derrière le projet ? « Améliorer la qualité, l’impact et l’audience du journalisme africain en ligne en s’appuyant sur des modèles économiques qui favorisent l’indépendance. »

Séparée en deux blocs, programmation d’une part et journalisme de l’autre, la formation se divise en six séquences, axées chacune sur un thème différent. A l’issue de celle-ci, les participants « porteurs des meilleurs projets » peuvent présenter leur initiative devant le jury « Afrique Innovations », lequel attribuera une bourse globale d’un million de dollars, partagée entre « une quarantaine de lauréats. »

Coumba Kane est journaliste au  « Monde Afrique », partenaire du projet. « C’est une vraie opportunité à saisir pour les jeunes motivés, ceux qui s’intéressent au journalisme mais à qui il manque une formation, explique-t-elle. Et en plus, c’est gratuit ! »

A la genèse du projet Afrique Innovations-Réinventer les Médias, un constat de CFI : « il y a une Afrique plus connectée que l’autre, estime Pierre Jalladeau. Pour des raisons techniques, il y a, par exemple, plus de connexions sur les côtes. Mais les besoins sont les mêmes partout et pour tous ! »

L’Agence française de coopération médias lance alors « Afrique Innovations », en partenariat avec l’ONG américaine Code For Africa. Au programme : des événements de type « hackathon » [un marathon de programmeurs web] pour les développeurs et des ateliers « bootcamps » pour les journalistes numériques. Depuis début 2015, ces événements ont lieu dans plusieurs capitales africaines telles que Dakar, Abidjan, Antananarivo et Douala.

À partir du 20 juillet, plus de 2 000 personnes ont choisi de suivre les cours en ligne. Et ce, pendant les douze semaines de formation prévues par le Mooc.

Amaury Hauchard, Le Monde

Quand les médias africains se réinventent dans l’agriculture, la musique, la mode ou la beauté

De l’agriculture, de la musique, de la mode et de la beauté. L’innovation des médias, en Afrique francophone, s’engouffre dans tous les aspects de la vie quotidienne. C’est une petite révolution, portée par une jeunesse africaine créative et résolument engagée dans le numérique. Au début octobre, Dakar a abrité un atelier du programme Afrique innovation – Réinventer les médias initié par CFI, l’opérateur médias du ministère français des affaires étrangères et du développement International et Code for Africa, un collectif de développeurs web dont Le Monde Afrique est partenaire.

Afrique innovation est une compétition de porteurs de projets en matière de collecte et de traitement de l’information à l’ère du numérique. Les projets sont issus d’un double Mooc (cours en ligne) lancé par CFI en 2015, destiné à apprendre à coder aux journalistes du continent et à informer aux codeurs. Vingt projets sont sortis du lot et ont passé, à Dakar, les épreuves de qualification pour l’étape suivante. Coup de projecteur sur trois d’entre eux.

Agribusinesstv. info

Basée au Burkina Faso, cette web télé produit et diffuse depuis mai 2016 des reportages sur des jeunes africains qui se sont lancés dans l’entreprenariat agricole. Le projet, initié par le journaliste burkinabé Inoussa Maïga, veut rendre justice à un secteur souvent négligé. « L’idée, c’est de faire connaître ceux qui sont dans l’agriculture mais également de changer les perceptions sur la pratique agricole, qui a longtemps rimé avec pauvreté, misère… », dit le fondateur. Agribusinesstv. info est aussi disponible sur une application mobile et les réseaux sociaux. En plus de la rédaction centrale, au Burkina, les correspondants dans sept autres pays (Bénin, Côte d’Ivoire, Mali, Cameroun, Togo, Niger, Maurice) envoient de petites vidéos (4 à 8 minutes) adaptées au web et sous-titrées français-anglais. Ce projet innovant commence à porter ses fruits : « Depuis le lancement, nous avons eu plus d’1 million de vues sur nos différentes plateformes », confie Inoussa Maïga.

Beatzaddiction.com

Avec ses deux slogans, « Enjoy African music » et aussi, plus francophone, « La culture au clic », cette plateforme permet aux artistes africains de vendre leur musique au public local. Le principe est simple : le client achète un code sur le site en payant avec Orange Money, Mobile Money ou d’autres services similaires. Le code lui est envoyé par SMS, WhatsApp ou Messenger et permet de télécharger une certaine quantité de musique, au choix. Le projet émane d’un trio de jeunes Béninois partis du constat que les artistes africains avaient les plus grandes difficultés à atteindre leurs fans africains par les outils internationaux de vente de musique que sont iTunes ou Deezer, par exemple. « Nous prenons 35 % sur chaque vente, le reste va aux artistes à qui nous versons leurs droits chaque trimestre à travers les mêmes canaux mobile », explique Salami Loukmane, l’un des créateurs de Beatzaddiction.com venu défendre le projet à Dakar. Le site enregistre déjà, en moyenne, plus de 1 000 téléchargements par jour.

Komkonso

Voilà un média qui n’existe que sur WhatsApp. « Le choix du réseau social s’explique par le fait qu’il est plus engageant et que l’information arrive directement à l’utilisateur », explique Aminata Thior, sénégalaise, ingénieure en télécoms installée à Paris. Avec deux compatriotes à Dakar, dont Massamba Ndakhté Gaye, directeur du site ecofinance.sn, elle entend fournir des infos pratiques et factuelles dans le domaine de la mode et de la beauté. Kom signifie « économie » en wolof. komkonso renvoie donc à l’économie de la consommation à travers un site qui offre 80 % d’infographies et 20 % de sons et de vidéos. Le secteur de la mode et de la beauté connaît un essor important au Sénégal mais soufre d’informations souvent orientées. Komkonso.com veut renverser la tendance en apportant des réponses à trois niveaux : quel est le produit le plus consommé du moment ? Où le trouver à Dakar ou ailleurs au Sénégal ? A quel prix ? Komkonso propose aussi un deuxième volet : orienter les marques face aux tendances du marché.

Un million à la clé

Ces trois projets font partie des huit sélectionnés à Dakar pour participer à la finale, à Abidjan, fin novembre, lors du Africa web festival. Les cinq autres étant Koobo, du Burkina Faso, une plateforme permettant de former des agriculteurs grâce à des messages audio sur leur téléphone, Niouz, de Madagascar, un média social pour les jeunes malgaches, La voix du Juriste, du Burkina, un webzine consacré aux questions de droit, Afroinitiativ, de Côte d’Ivoire, un média numérique dédié à la promotion de l’entrepreneuriat et des nouvelles technologies et Kionesha, de République démocratique du Congo et du Cameroun, une banque d’images et de données destinée aux médias en ligne du continent.

Les ateliers Afrique Innovation à Dakar, début octobre 2016

Avant la finale d’Abidjan, devant un parterre de possibles mentors, sponsors et investisseurs, les huit projets retenus à Dakar vont se bonifier grâce aux conseils d’experts pour renforcer leurs propositions, développer des plans de mise en œuvre ainsi que leur modèle économique. Par ailleurs, et dans un processus parallèle, ces projets seront des candidats naturels – et bien armés – à un autre concours, panafricain celui-ci, Innovate Africa qui, le 31 janvier 2017, distribuera un million de dollars à 20 projets de tout le continent, avec des prix allant de 12 000 à 100 000 dollars. Et là, Pierre Jalladeau, directeur Afrique à CFI affiche déjà ses ambitions : « Notre espoir c’est qu’à l’issue de ce programme, des projets francophones puisent être primés ». Lors de la dernière édition, en 2013, seuls des projets d’Afrique anglophone avaient remporté le concours.

Amadou Ndiaye (contributeur Le Monde Afrique, Dakar)