Archives pour la catégorie Agriculture familiale

Atteinte des ODD : Le Burkina veut valoriser les légumineuses

Après Kongoussi le 10 février 2017, Ouagadougou accueille ce 11 février 2017 la dernière cérémonie de clôture de l’Année internationale des légumineuses 2016. Le ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques, Jacob Ouédraogo, a saisi l’occasion pour saluer et encourager les délégations, notamment la FAO, les chercheurs, les producteurs et productrices, venues magnifier les légumineuses.

La tenue de la cérémonie de clôture de l’Année internationale des légumineuses au Burkina traduit la volonté des autorités du pays, soutenues par l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), d’encourager la production et la consommation de ces spéculations.

« Je remercie les responsables de la FAO qui ont porté leur choix sur le Burkina pour abriter cet évènement de portée mondiale et crédité notre pays d’une grande confiance pour l’organisation de cette importante cérémonie qu’ils ont en outre largement soutenue », a déclaré le ministre de l’agriculture, Jacob Ouédraogo.

Le but principal de cette cérémonie est de faire face au défi de l’insécurité alimentaire et du changement climatique, d’où le thème « Valorisation des légumineuses dans le cadre des ODD (Objectifs de développement durable) et pour la résilience au changement climatique ».

« Il est avéré que malgré les multiples bienfaits qu’offrent les légumineuses, leur production ne connaît pas le même succès que les céréales telles que le maïs et le riz », a par ailleurs déploré le ministre de l’agriculture.

La Directrice adjointe de la FAO, Maria Helena Semedo (Micro)

Des actions fortes attendues…

Jacob Ouédraogo a reconnu que cela est dû en grande partie aux habitudes alimentaires des populations et de la persistance de certains préjugés défavorables aux légumineuses. L’ultime solution convient donc de chercher à booster la consommation de ces plantes très riches en protéines. Et sans oublier, il faut souligner que la production des légumineuses est généralement réalisée par les couches vulnérables notamment les femmes rurales.

Selon la Directrice adjointe de la FAO, Maria Helena Semedo, il faudrait aussi travailler d’abord à consolider les acquis autour de la filière pour ensuite avancer vers leur amélioration. Ce 11 février, les acteurs se sont accordés à faire l’état des lieux de la filière, identifier ses contraintes et insuffisances et évaluer les besoins en matière de recherche.

Plusieurs activités sont au programme de cette cérémonie de clôture dans la capitale burkinabè : des échanges, la présentation du rapport de l’Année internationale des légumineuses, des projections de vidéos, des exposés, des expositions de mets et produits de légumineuses.

Il est également attendu une déclaration dite « Déclaration de Ouagadougou » et une séance d’entretien entre les responsables de la FAO, le gouvernement burkinabè et des représentants de pays invités.

Noufou KINDO

Burkina 24


Lire aussi ▶ Année Internationale des légumineuses 2016 : Le Burkina Faso à l’honneur

https://burkina24.com/2017/02/10/annee-internationale-des-legumineuses-le-burkina-a-lhonneur/embed/#?secret=1qQ9Fh5Udj

Photos de la cérémonie de clôture de l’Année internationale des légumineuses à Ouaga :

Invasion de chenilles en Afrique: Réunion d’urgence à Hararé

Harare (AFP) – L’invasion d’une chenille légionnaire vorace venue d’Amérique fait l’objet d’une réunion d’urgence sous l’égide de l’ONU mardi à Harare, afin de discuter de mesures contre cette larve qui a endommagé les cultures céréalières de plusieurs pays africains et fait craindre des pénuries alimentaires.

Des experts représentant 13 pays seront réunis pendant trois jours dans la capitale zimbabwéenne, sous l’égide de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

La « chenille légionnaire d’automne », originaire des Amériques et récemment introduite en Afrique, a déjà fait des ravages dans les champs de céréales en Zambie, au Zimbabwe, en Afrique du Sud et au Ghana. Le Malawi, le Mozambique et la Namibie seraient également affectés.

Selon des experts, c’est la première fois que cette espèce cause de telles destructions de champs en Afrique.

Ces chenilles dévorent le maïs, le blé, le millet et le riz, des aliments de base en Afrique australe, une région déjà frappée par l’une des pires sécheresses de ces dernières années.

La semaine dernière, le Centre international pour l’agriculture et les biosciences (Cabi) avait souligné que ces chenilles se « propageaient rapidement » sur le continent africain.

Cette organisation internationale à but non lucratif basée au Royaume-Uni avait également prévenu que ces chenilles « pourraient se propager dans les prochaines années en Asie tropicale et en Méditerranée, devenant une menace majeure pour le commerce agricole mondial ».

Selon le Cabi, le maïs est particulièrement vulnérable à cette invasion.

Contrairement à l’espèce africaine de ce nuisible, cette chenille légionnaire d’automne ne progresse pas en grand nombre pour ravager les céréales, mais agit plus individuellement en se nichant dans les épis de maïs ou les racines des plantes céréalières pour les dévorer, selon la FAO.

– ‘Catastrophique’ –

L’agence de l’ONU a prévenu que cette invasion, combinée aux problèmes de propagation de criquets, « pourrait être catastrophique » pour l’Afrique australe qui souffre déjà de sécheresses répétées provoquées par le phénomène climatique El Nino.

« Cette phase de l’invasion a débuté mi-décembre 2016 en Zambie », a expliqué Kenneth Wilson, professeur à l’Université de Lancaster (Grande-Bretagne), dans une note publiée lundi.

« L’invasion s’est maintenant propagée jusqu’à l’Afrique du Sud. Ces chenilles légionnaires se nourrissent de nombreuses céréales de base, elles peuvent donc provoquer des pénuries alimentaires dans la région », a-t-il relevé.

Il a précisé que ces chenilles d’automne, qui s’attaquent aussi aux champs de coton, de soja, de pommes de terre et de tabac, pourraient avoir été introduites en Afrique via des végétaux importés.

Les pesticides chimiques peuvent être une solution, mais sur le continent américain ces chenilles légionnaires ont développé une résistance aux insecticides.

Le ministre adjoint à l’Agriculture du Zimbabwe, Davis Marapira, a indiqué à l’AFP que cette invasion touchait désormais les dix provinces de son pays, déjà plongé dans une grave crise économique.

« Le gouvernement aide actuellement les agriculteurs » à lutter contre ce phénomène, a-t-il affirmé.

En décembre, les autorités zambiennes ont fait appel à l’armée pour acheminer des pesticides dans plusieurs provinces affectées par ces insectes.

Fric-Afrique avec AFP

AFP

Mali: Agriculture et sécurité alimentaire

Mali – Agriculture et sécurité alimentaire
L’USAID aide les agriculteurs Maliens à apprendre des nouvelles techniques pour améliorer leurs productivités.

 

Pourvoyeur d’emplois pour 80% de la population malienne qui s’adonnent aux activités agricoles, le secteur agricole est le pilier de l’économie malienne et recèle un important potentiel qui en fait le moteur de la croissance économique du Mali. Dans le même temps, plus de 29% de la population sont malnutris. La faible productivité, les pertes après récolte, les marchés peu développés et la vulnérabilité aux impacts des changements climatiques figurent au nombre des défis majeurs que le pays doit relever afin d’assurer sa sécurité alimentaire et de jouir d’une croissance économique à plus large assise. A l’heure actuelle, en dépit du fait que seulement 7% des 43,7 millions d’hectares de terres arables soient cultivés et que 14%  des 2,2 millions d’hectares potentiellement irrigables soient irrigués, le potentiel pour la croissance et le développement agricoles au Mali est important. Les investissements des Etats-Unis assurent la promotion de la sécurité alimentaire et une croissance économique plus inclusive grâce : à l’amélioration de la productivité agricole ; à la promotion de l’adoption de technologies de nature à accroître les rendements et à la vulgarisation des pratiques de conservation des sols et de l’eau ; au renforcement du développement des marchés d’intrants ; à l’amélioration de la qualité et de la valeur ajoutée des principales denrées alimentaires ; à l’appui à la commercialisation des excédents ; et à l’atténuation des impacts négatifs des changements climatiques.

L’Initiative Alimentaire pour l’Avenir, initiative mondiale de lutte contre la faim et de promotion de la sécurité alimentaire du Gouvernement américain, vise à améliorer la productivité agricole et la nutrition en introduisant des technologies, en mettant à disposition des connaissances et en renforçant les capacités des institutions locales en vue de promouvoir une approche induite par un secteur privé dynamique à l’effet d’assurer la sécurité économique et alimentaire. L’Initiative Alimentaire pour l’Avenir investit dans trois chaines de valeur au Mali :

1. Le petit mil et le sorgho pour la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté ;

2. Le riz pour l’amélioration des revenus des ménages et le renforcement de la sécurité alimentaire ; et

3. L’élevage pour l’amélioration des revenus et de la nutrition des ménages.

« Les pays africains doivent miser sur la diversité agricole »

Les actions d’aide au développement menées par l’Europe ne favorisent pas une agriculture africaine durable, affirme Charles Goerens, député européen (groupe ADLE) du Parti démocratique du Luxembourg.

Les pays africains doivent développer une agriculture durable et diversifiée.

La Croix : Le Parlement européen a voté en 2016 une résolution très critique sur la politique d’aide au développement de la Nasan, la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition destinée aux pays africains pauvres dans laquelle l’Union européenne a investi plus d’un milliard d’euros. Pourquoi ?

Charles Goerens : Nous avons tout intérêt à ce que les pays en développement éradiquent la pauvreté et parviennent à la sécurité alimentaire. Or l’aide au développement est en partie dévoyée. Lorsque l’on brade en Afrique les bas morceaux de poulet non prisés par les Européens, on crée une rude concurrence sur les marchés africains et déstabilise des agricultures très fragiles.

L’UE devrait être le meilleur avocat des pays demandeurs de protection, comme elle a su, elle, protéger son agriculture. Pourtant dans les accords de partenariat économique (APE) qu’elle négocie avec les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), elle applique la libéralisation du commerce qui expose ces pays à une concurrence brutale, en se référant aux accords du Gatt. Mais ceux-ci avaient été pensés pour commercer entre pays à situations économiques comparables !

> Lire aussi : En Afrique, le défi de l’emploi agricole

Le commerce prend le pas sur le développement…

C. G. : Les APE ont été négociées par la direction générale du commerce de la Commission, la direction générale chargée du développement ayant eu un rôle second. Il y a de fait une asymétrie entre acteurs. Tant qu’ils ne seront pas sur un pied d’égalité et tant qu’il n’existera pas au sommet des institutions une instance d’arbitrage pour trancher les conflits entre directions, alors il y aura toujours un problème de cohérence des politiques européennes.

Dans votre résolution, vous demandez de ne pas soutenir les cultures OGM en Afrique. Pourquoi ?

C. G. : Les OGM rendent les agriculteurs dépendants d’acteurs extérieurs. Les pays ont besoin de soutenir leur agriculture paysanne, de miser sur la diversité des semences et des modes de culture pour s’adapter aux différents milieux et aux changements climatiques. Toutefois il revient aux pays de définir eux-mêmes leur cadre légal, d’interdire les OGM s’ils le souhaitent.

À nous de prêter assistance à ceux qui le demandent pour renforcer leur gouvernance. Plus les acteurs publics sont forts, plus la société civile est organisée, plus ils peuvent faire contrepoids aux puissants acteurs privés.

> Lire aussi : À la COP22, l’agriculture africaine face au changement climatique

La lutte contre l’accaparement des terres fait aussi partie de vos priorités…

C. G. : Le Parlement s’est saisi de cette question comme ce fut le cas dans le passé pour la suppression des subventions honteuses à l’exportation des produits agricoles qui détruisaient les marchés par une concurrence déloyale. Pour l’arrêter, il a suffi d’une décision unilatérale de l’UE. La lutte contre l’accaparement des terres est plus complexe et la décision revient, in fine, à chaque État. La politique est affaire de petits pas. Nous devrons nous mobiliser au long cours sur cet enjeu.

Recueilli par Marie Verdier
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Mali/Agriculture : le développement de l’Afrique et la santé de sa population passent par l’agriculture biologique et écologique

C’est du moins, ce qu’a laissé entendre des professeurs et chercheurs maliens de l’IPR/ISFRA de Katibougou. C’était lors d’une conférence-débats organisée, le samedi 10 décembre 2016, à l’Institut polytechnique rural de formation de recherche appliquée (IPR/ISFRA) de Katibougou sur le thème : «l’agriculture biologique et écologique : enjeux et perspectives ». Ce thème d’actualité brûlante a été débattu par de nombreux conférenciers notamment, l’honorable Tiassé Coulibaly et non moins président de l’AOPP ; le directeur des études de l’IPR, Lassine Soumano ; le coordinateur de l’Association des organisations professionnelles paysannes (AOPP), Seydou Tangara ; et le point focal au Mali du programme agriculture biologique et écologique, Amadou Coulibaly.

Cette conférence avait pour objectif d’informer les étudiants de l’IPR, le monde rural sur le programme de promotion et de développement de l’Agriculture écologique biologique et surtout sur ses avantages et perspectives pour le Mali, l’Afrique et le monde entier. Elle a été suivie avec intérêt par plus d’une centaine d’étudiants et professeurs de l’IPR de Katibougou.

Le coordinateur de l’AOPP, Seydou Tangara a, dans son exposé, expliqué largement le projet de l’union africaine sur l’Agriculture biologique et écologie (ABE).

Le projet ABE est une initiative des chefs d’Etat africains. Au Mali, le projet est porté par l’AOPP. L’Institut polytechnique rural de Katibougou (IPR/ISFRA) est chargé de la communication et l’Institut d’économie rurale (IER–Sikasso) s’occupe de la recherche.

Cette conférence initiée par l’IPR visait à informer les populations sur l’agriculture biologique.

Il ressort des présentations des conférenciers que l’agriculture biologique est un système de production qui maintient et améliore la santé des sols, des écosystèmes et des personnes. Elle s’appuie sur des processus écologiques, la biodiversité et des cycles adaptés aux conditions locales, plutôt que sur l’utilisation d’intrants ayant des effets adverses. L’agriculture biologique allie tradition, innovation et science au bénéfice de l’environnement commun et promeut des relations justes et une bonne qualité de vie pour tous ceux qui y sont impliqués.

L’agro-écologie recouvre un ensemble de techniques agricoles visant à travailler le sol de façon à respecter les conditions physiques, chimiques et biologiques nécessaires à la restauration et au maintien à long terme du potentiel productif : semis direct, sous couvert végétal, utilisation de plantes de couverture, de trous de semis, fertilisants naturels, haies vives, etc. Il s’agit d’une démarche qui associe le développement agricole à la protection de l’environnement et aux pratiques culturelles. Ses objectifs principaux sont : faire évoluer l’agriculture orientée actuellement sur le quantitatif et l’économique strict, vers une agriculture qualitative visant la satisfaction des besoins dans une dynamique de durabilité.

L’agro-écologie recouvre un ensemble de techniques agricoles visant à travailler le sol de façon à respecter les conditions physiques, chimiques et biologiques nécessaires à la restauration et au maintien à long terme du potentiel productif : semis direct, sous couvert végétal, utilisation de plantes de couverture, de trous de semis, fertilisants naturels, haies vives, etc. Il s’agit d’une démarche qui associe le développement agricole à la protection de l’environnement et aux pratiques culturelles. Ses objectifs principaux sont : faire évoluer l’agriculture orientée actuellement sur le quantitatif et l’économique strict, vers une agriculture qualitative visant la satisfaction des besoins dans une dynamique de durabilité.

Au Mali, ce système d’agriculture est pris en compte par la Loi d’orientation agricole (2006), le Schéma directeur du développement rural (1996) et par des textes régissant la décentralisation et du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (2011-2017).

Les principes de l’agriculture biologique et écologique

Le professeur Amadou Coulibaly a indiqué que l’agriculture biologique et écologique, contrairement a l’agriculture conventionnelle, est basée sur des principes. Il s’agit du principe de santé (l’agriculture biologique devrait soutenir et améliorer la santé des sols, des plantes, des animaux, des hommes et de la planète, comme étant une et indivisible) ; le principe d’écologie (l’agriculture biologique devrait être basée sur les cycles et les systèmes écologiques vivants, s’accorder avec eux, les imiter et les aider à se maintenir) ; le principe d’équité (l’agriculture biologique devrait se construire sur des relations qui assurent l’équité par rapport à l’environnement commun et aux opportunités de la vie) et le principe de précaution (l’agriculture biologique devrait être conduite de manière prudente et responsable afin de protéger la santé et le bien-être des générations actuelles et futures ainsi que l’environnement).

L’historique de l’agriculture biologique au Mali et Aperçu sur son développement en Afrique de l’Ouest

Aux dires des conférenciers, la porte d’entrée de l’agriculture biologique au Mali a été le coton biologique à partir des années 1998 à la suite de la crise du coton conventionnel. Et des résultats encourageants ont été réalisés sous l’accompagnement de Helvetas-Mali.

L’IPR de Katibougou, dira le directeur des études, est le précurseur de l’agriculture biologique en Afrique francophones occidentale.

Le coton bio est cultivé par plus de 220 000 petits agriculteurs dans 22 pays à travers le monde. Bien que la fibre bio ne représente que 0,76% de la production mondiale de coton, il faut noter qu’elle a progressé de 20% entre 2008 et 2009. Le Bénin, le Sénégal, le Burkina Faso, le Togo, le Mali, le Ghana sont des pays d’Afrique de l’Ouest actifs sur les labels bio et bio- équitable.

Les conférenciers ont rappelé que les défis de l’agriculture malienne sont principalement de trois ordres : produire en quantité et en qualité une nourriture diversifiée pour une population en pleine croissance en assurant un revenu digne aux paysans, paysannes ; résister face aux impacts négatifs des changements climatiques, à la baisse des rendements et de la productivité qui s’en suit ; et produire tout en permettant la restauration de l’environnement et des ressources naturelles base de tout processus de durabilité.

Face à ces défis, le point focal du projet ABE, Amadou Coulibaly a affirmé que «l’Afrique a son avenir dans l’agriculture biologique et écologique ». Il a ajoute que «le développement de l’Afrique et la santé de sa population passent par l’ABE. On ne peut plus nier aujourd’hui les avantages du bio sur le plan environnementale et sanitaire. Notre environnement est aujourd’hui malade et nous sommes tous malades à cause de la mauvaise qualité des produits alimentaires due à la mauvaise pratique de agricole».

Heureusement, l’Afrique a déjà amorcé la promotion et le développement de l’ABE. L’Union africaine (UA) s’est fortement engagée dans cette dynamique. Elle assure la présidence de la commission de suivi de l’initiative, notamment pour faciliter son intégration dans les politiques agricoles des pays africains.

Il a été surtout précisé au cours de la conférence que l’ABE n’a rien à voir avec les organismes génétiquement modifiés (OGM). Selon les chercheurs maliens,

l’éventuelle introduction des OGM au Mali constitue une menace grave pour les initiatives AEB en développement.

L’honorable Tiassé Coulibaly a salué l’organisation de la conférence-débats sur l’ABE et a souhaité que de telles initiatives soient multipliées pour informer les populations sur les meilleurs systèmes agricoles à adopter.

bamada.net

 

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Les femmes, piliers du développement de l’agriculture en Afrique

Sur le continent, les femmes participent largement à la production agricole et à la transformation des produits, et leur rôle est essentiel dans le développement de la sécurité alimentaire. Pourtant elles jouissent rarement des mêmes droits que les hommes, notamment en ce qui concerne la propriété terrienne.

Remettre les femmes au centre de l’agriculture africaine : tel est l’objet de la réunion organisée par la FAO à son siège, à Rome, le vendredi 16 décembre. L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture déplore dans un récent rapport que les femmes reçoivent en général « une partie très faible de la terre, du crédit, de la formation ou de l’information agricole ».

« A titre d’exemple au Mali la propriété foncière revient aux hommes pour 86.7% des cas, explique Tacko Ndiaye, spécialiste des questions du genre, de l’égalité et du développement rural à la FAO. Et on sait que la terre n’est pas qu’un moyen de production important. C’est aussi une garantie pour l’accès au crédit. »

Lutter contre la pauvreté

Selon un calcul de l’organisation des Nations unies, en ce qui concerne le continent africain, si les femmes avaient le même accès que les hommes aux ressources productives, elles pourraient augmenter de 20 à 30% les rendements des exploitations agricoles.

Tacko Ndiaye note que certains pays comme l’Ethiopie et le Rwanda possèdent un « droit équitable », avec «  un système d’enregistrement conjoint par lequel la terre est enregistrée au nom de la femme et du mari ». Et l’experte des questions de genre et de développement rural de conclure : « Investir dans l’autonomisation des femmes dans l’agriculture, c’est un raccourci intelligent dans le cadre de la lutte contre la pauvreté en milieu rural. »

RFI

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Les conflits en cours continuent d’aggraver l’insécurité alimentaire, selon la FAO

Les conflits civils et les chocs liés aux conditions météorologiques ont fortement pesé sur la sécurité alimentaire en 2016, faisant augmenter le nombre de personnes ayant besoin d’une assistance alimentaire, selon un nouveau rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

La nouvelle édition du rapport «Perspectives de récolte et situation alimentaire», publiée jeudi, souligne que 39 pays ont besoin d’une aide extérieure pour couvrir leurs besoins alimentaires.

Alors que les perspectives sur les approvisionnements céréaliers dans le monde s’améliorent en raison de conditions de croissance favorables pour les cultures, les séquelles des dernières sécheresses persistent, tout comme les effets négatifs ressentis suite aux conflits.

Les prévisions agricoles suggèrent que les prochaines récoltes de grains seront bonnes mais que la faim va probablement s’intensifier dans certaines régions et ce, pendant les saisons maigres, avant que les nouvelles cultures n’arrivent à maturation. En Afrique australe, où les effets du phénomène El Niño ont fortement contribué à réduire la production agricole en 2016, le nombre de personnes ayant besoin d’une assistance extérieure de janvier à mars 2017 devrait augmenter de manière significative, comparé à la même période l’année précédente. Le rapport indique que les retards de croissance sont «beaucoup plus répandus» dans les zones connaissant des troubles telles que Madagascar, le Malawi et le Mozambique.

Dans certaines régions, les stocks de semences de céréales et de légumes, devenus inadéquats à la suite de deux récoltes insuffisantes et consécutives, pourraient limiter les campagnes de semis. La FAO et les gouvernements travaillent à la mise en œuvre de programmes de soutien agricole visant à améliorer l’accès aux intrants agricoles essentiels.

Les conflits jettent une ombre sur la sécurité alimentaire

Afin de faciliter la planification d’une intervention humanitaire, le rapport identifie les causes premières des crises alimentaires locales. Cela va du déficit exceptionnel de la production agricole au manque d’accès généralisé (en raison des faibles revenus, des prix élevés ou des perturbations des réseaux de distribution), en passant par les effets du conflit sur les conditions de sécurité alimentaire locale.

Les conflits civils et leurs conséquences, y compris les mouvements de réfugiés qui pèsent sur les pays d’accueil tels que le Cameroun et le Tchad, sont cités par 21 des 39 pays concernés. Les conflits généralisés peuvent conduire à la perte et à la diminution des moyens de production des ménages, comme cela est le cas en République centrafricaine, et à des problèmes de sécurité qui auront pour effet de freiner les activités agricoles, à l’image du Soudan du Sud. Dans certaines zones du pays, les récoltes, bien que meilleures, vont probablement avoir un effet éphémère en raison du conflit en cours, qui limite la pratique des activités agricoles, posant ainsi davantage de risques pour les communautés les plus vulnérables.

En Syrie, 9,4 millions de personnes ont besoin d’une assistance alimentaire, en raison de la poursuite du conflit civil. Cette année, le niveau de la production de blé devrait être environ 55% moins important que celui précédant la crise. Selon le rapport, le conflit en cours au Yémen a clairement contribué à faire augmenter le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire, dépassant largement l’évaluation de juin qui les estimaient à 14,2 millions.

Les tendances agricoles appelées à s’améliorer après une année 2016 difficile

En 2016, les sécheresses et les effets climatiques induits par le phénomène El Niño ont provoqué d’importantes pertes de récoltes dans plusieurs pays. L’ensemble de la production céréalière africaine a baissé en 2016 malgré quelques gains sous-régionaux, notamment en Afrique de l’Ouest et dans la région sahélienne, qui est en passe de battre un record avec sa production céréalière. En Afrique australe, la production de maïs a connu une forte baisse, menaçant gravement les conditions de sécurité alimentaire.

Les faibles récoltes ont entraîné une forte hausse des prix de l’incontournable maïs au Malawi, où 6,5 millions de personnes devraient vraisemblablement se retrouver en situation d’insécurité alimentaire lors de la prochaine saison maigre. D’un point de vue positif, avec la fin du phénomène El Niño, les estimations préliminaires font état d’une hausse de 27% des semis de maïs pour la campagne agricole sud-africaine de 2017, de loin le plus grand producteur de la région.

Alors que la plupart des pays d’Asie ont bénéficié de productions agricoles plutôt généreuses en 2016, notamment grâce à une nette relance en Inde, l’impact des conflits toujours en cours dans les pays du Proche-Orient continue d’amoindrir la production agricole et ce, malgré des conditions climatiques globalement favorables pour les cultures céréalières de base.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, un rebond de la production en Amérique centrale en 2016 serait apprécié, après des rendements diminués par la sécheresse l’année précédente, tandis que la campagne de semis de 2017 en Amérique du sud devrait bien démarrer après avoir enregistré une baisse des récoltes en 2016, due en grande partie aux sécheresses qui ont sévi en Bolivie, au Brésil et au Paraguay.

Les 39 pays ayant actuellement besoin d’une aide alimentaire extérieure sont : l’Afghanistan, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo, la République populaire démocratique de Corée, la République démocratique du Congo, Djibouti, l’Erythrée, l’Ethiopie, la Guinée, Haïti, l’Irak, le Kenya, le Lesotho, le Liberia, la Libye, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Birmanie, le Népal, le Niger, le Nigéria, le Pakistan, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, le Swaziland, la Syrie, l’Ouganda, le Yémen et le Zimbabwe.

Centre d’actualités de l’ONU