Journée Mondiale de la Lutte Contre la Désertification et la Sécheresse: Déclaration du gouvernement de Cote d’Ivoire

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Abidjan le 17 juin 2018. A l’occasion de la commémoration de la journée mondiale de la Lutte contre la désertification et la sécheresse, la ministre Anne Ouloto a livré le message du gouvernement

Ivoiriennes,

Ivoiriens,

Mes chers Compatriotes,

Ce Dimanche 17 juin 2018, le monde entier célèbre la Journée Mondiale de la Lutte Contre la Désertification et la Sécheresse.

Cette année, le thème retenu est : «La terre a de la valeur, Investissez-y». Cette Journée Mondiale est célébrée chaque année pour sensibiliser le public sur les efforts internationaux de lutte contre la désertification.

C’est un moment unique pour rappeler à tous que la Neutralité en matière de Dégradation des Terres (NDT), qui est basée sur une combinaison des actions de réduction du taux de dégradation des terres et de restauration des terres dégradées, est réalisable grâce à la résolution de problèmes, à une forte implication de la communauté et à une coopération à tous les niveaux.

Pour sensibiliser le public à la lutte contre la dégradation des terres et attirer l’attention sur la mise en œuvre de la Convention dans les pays gravement touchés par la désertification et la dégradation des terres, notamment en Afrique, l’Assemblée Générale des Nations Unies a, en 1994, proclamé la date du 17 juin, « Journée Mondiale de lutte contre la Désertification et la Sécheresse (JMLCD) ».
Depuis cette décision, la JMLCD, chaque année est célébrée à travers le monde entier par de nombreuses Institutions à travers l’organisation d’une grande variété d’activités de sensibilisation et surtout le message à la nation, délivré par chaque gouvernement.

L’édition 2018 de cette Journée Mondiale de la Lutte Contre la Désertification mettra un accent particulier sur la gestion durable des terres comme moyen de régénérer les économies, de créer des emplois et de revitaliser les communautés. Sous le slogan «La terre a une vraie valeur. Investissez-y», la JMLCD 2018 appelle tous les acteurs impliqués, notamment les producteurs, les consommateurs et les décideurs, à faire la différence en investissant dans l’avenir de la terre.

La Côte d’Ivoire, notre pays, dont l’économie repose essentiellement sur l’exploitation des ressources naturelles est, à l’instar de bien de pays, confrontée à la problématique de la dégradation des terres. Le phénomène de migrations des populations des zones Nord, Est et Centre vers l’Ouest forestier du pays encore fertile, l’infiltration accrue des forêts classées et des parcs et réserves en sont la preuve incontestable.

Mes chers Compatriotes,

« La terre a de la valeur. Investissez-y ». Ce thème nous interpelle. Il pose la problématique de la Gestion Durable des Terres, en vue d’un monde meilleur, surtout pour les générations futures.

Ce n’est un secret pour personne, la terre a une valeur inestimable. En nous invitant à investir dans la terre parce qu’elle garantit des revenus certains, le thème de cette année nous engage également à plus de responsabilité. Il est un appel vibrant à tous pour une gestion durable de la ressource terre, matrice environnementale soutenant plusieurs spéculations agricoles, minières et minéralières

La terre a de la valeur, parce qu’elle est le support de toutes les activités humaines. En milieu urbain, la valeur de la terre s’exprime en termes de coût. Dans les campagnes, la valeur de la terre tient au fait qu’elle est la source nourricière d’où l’homme tire tous les biens nécessaires à sa vie et à son bien-être.

Dans notre pays, comme partout en Afrique et dans le monde entier, la valeur de la terre a évolué en fonction des contextes socio-économiques. En effet, dans les économies traditionnelles, la terre est une divinité féminine qui, par sa fécondité, est pourvoyeuse de nourriture, ayant ainsi une valeur sentimentale et sacrée. Avec l’avènement des cultures d’exportation (café, cacao, palmier à huile, noix de coco, hévéa, anacarde, etc…), la terre a pris une valeur monétaire et économique. Les nombreux litiges fonciers en milieu rural et les affrontements intercommunautaires en zone forestière sont la preuve que la terre est devenue un bien rare qu’il faut préserver à tout prix.

Mais la valeur de la terre, c’est aussi et surtout sa capacité à procurer de la bonne production pour assurer la sécurité alimentaire, sa capacité à offrir des emplois aux jeunes, sa capacité à assurer aux communautés qui en dépendent la stabilité et la sécurité, sa capacité à promouvoir un développement durable, c’est à dire prenant en compte les besoins des générations actuelles et futures.

Chers compatriotes,

Le thème de la célébration de cette année sonne comme une alerte face à la dégradation que nous faisons subir à nos terres.

Point n’est besoin en effet, de rappeler comment nous perdons toutes les ressources que la terre nous offre gracieusement lorsque nous la dégradons. Les droits que nous nous arrogeons sur ces ressources s’accompagnent de la lourde obligation morale de les gérer intelligemment.

Ainsi, la dégradation des terres, phénomène insidieux et pernicieux, constitue un véritable fléau dans le monde entier, mais plus dans les pays en voie de développement ; en particulier ceux de l’Afrique subsaharienne où les populations qui vivent directement des ressources tirées de la terre, sont de plus en plus nombreuses et les plus vulnérables.
Le Gouvernement ivoirien, garant et soucieux du bien-être des populations, accorde une attention particulière à ce fléau. Pour ce faire, en collaboration avec des Partenaires Techniques et Financiers, notamment la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification, le Mécanisme Mondial, le FEM, ONU-Environnement, La FAO, le PNUD, TerrAfrica, la Banque mondiale et l’UICN, plusieurs actions sont initiées.

Elles visent essentiellement la restauration des terres dégradées, la prévention de la dégradation des sols, la production de vivriers en contre saison, la lutte contre les feux de brousse, la sensibilisation, etc.

L’occasion est toute indiquée pour nous, d’adresser, au nom du Gouvernement et du Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, nos sincères remerciements à tous nos partenaires pour leurs appuis soutenus et constants dans cette lutte.

Chers compatriotes,

’’Impossible n’est pas ivoirien !’’ ; Ensemble, il nous appartient, en toute responsabilité, de mener et de gagner le combat d’une gestion durable de nos terres. Nous devons agir, maintenant, avec détermination, pour prévenir, enrayer et inverser la tendance. Nous pourrons ainsi atteindre l’Objectif de Développement Durable 15.3, relatif à la Neutralité en matière de Dégradation des Terres d’ici 2030.

Ensemble, traçons de nouveaux sillons pour le Développement de notre pays par une Gestion Durable des Terres, car la terre a de la valeur, et nous devons y investir tous, pour notre bien-être et celui des générations futures.

Je vous remercie

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