Crises alimentaires : Des stratégies communes pour freiner l’insécurité alimentaire

Seules des actions concertées peuvent permettre de mieux prévenir et de gérer les crises alimentaires récurrentes. Ensemble, les acteurs de la sécurité alimentaire peuvent impulser en leurs populations les armes pour faire face aux menaces répétées. Les mécanismes communs de gouvernance témoignent de la vitalité de cette solidarité. Car la sécurité alimentaire demeure un défi majeur pour les gouvernants et les gouvernés.

La gestion des crises alimentaires a pour finalité de mettre un terme à l’insécurité alimentaire, que cette dernière soit de nature temporaire ou chronique. Il existe ainsi deux types d’insécurité alimentaire affectant  aussi bien les populations rurales qu’urbaines.

L’insécurité alimentaire temporaire ou transitoire, limitée dans le temps et causée par un choc précis affectant une partie importante de la population. Elle peut avoir différents degré de sévérité et d’amplitude. Elle est de courte durée et se traduit souvent par un déclin précipité de l’accès et de la consommation alimentaire au regard des conditions habituelles.

L’insécurité alimentaire chronique révélant une incapacité persistante à accéder à de la nourriture adéquate ou à en retenir les éléments nutritifs indispensables. Elle est causée par des facteurs structurels généralement liés à l’extrême pauvreté.

Entre l’insécurité alimentaire temporaire et l’insécurité alimentaire chronique, il ya l’insécurité alimentaire cyclique, généralement vécue par les populations rurales en proie chaque année à des périodes de soudure difficiles. Cette insécurité alimentaire est à la fois temporaire et répétitive.

C’est à juste titre que les acteurs de la sécurité alimentaire et leurs partenaires se donnent les moyens d’être mieux informés, de communiquer et de renforcer la coordination des interventions. Cela se traduit à travers l’analyse de la situation alimentaire, l’amélioration du partage de l’information et la production de l’information sur la sécurité alimentaire. Ces acteurs devront s’évertuer à lier les efforts humanitaires et le développement pour accroître la résilience des ménages, des familles et des communautés vulnérables, en vue de rompre avec le cycle des crises alimentaires répétées.

Cela exige ainsi la mise en œuvre simultanée de programmes structurels de long terme et de court terme à même de répondre aux besoins immédiats des couches sociales les plus vulnérables. Par exemple, l’intensification de la collaboration entre les trois organisations intergouvernementales d’intégration (CEDEAO, CILSS, UEMOA) en Afrique de l’Ouest, avec l’accompagnement du Club du Sahel constitue un modèle réussi en matière de coopération pour le développement en Afrique de l’Ouest.

Le taux de malnutrition aigue globale reste très préoccupant dans la majorité des pays sahéliens avec un taux de 15% supérieur au seuil d’urgence. «La malnutrition se manifeste quand le corps ne reçoit pas la quantité appropriée d’énergie (calories), protéines, hydrates de carbone, graisses, vitamines, sels minéraux et autres nutriments indispensables à la santé et au bon fonctionnement des organes et des tissus. Un enfant ou un adulte peut souffrir de malnutrition parce qu’il est sous-alimenté ou sur-alimenté. Dans la plupart des régions du monde, la malnutrition se manifeste lorsque les gens sont sous-alimentés. Ce problème, surtout chez les enfants et les femmes, s’explique par la pauvreté, le manque de nourriture, des maladies à répétition, des pratiques alimentaires inappropriées, l’absence de soins et une mauvaise hygiène. La sous-alimentation accentue le risque de malnutrition, qui est surtout élevé au cours des deux premières années de la vie. Le risque augmente encore quand la diarrhée et d’autres maladies privent le corps des protéines, des sels minéraux et des nutriments nécessaires à une bonne santé.» (Source : Savoir pour sauver, Banque mondiale, OMS, ONUSIDA, PAM, PNUD, UNESCO, UNFPA et UNICEF, 2010)

Le marché, l’investissement dans la production agricole vivrière, les conditions de vie des ménages vulnérables, les difficultés d’accès aux services sociaux de base : santé, éducation, hygiène-eau-assainissement, etc.…, constituent aujourd’hui les défis majeurs d’une sécurité alimentaire durable.

Le succès du défi de la durabilité alimentaire réside dans la capacité à unir les différents acteurs de la sécurité alimentaire dans l’action et à travailler ensemble avec une réelle implication de la société civile, du secteur privé, des organisations paysannes, et également en phase avec les priorités agricoles de chaque pays.

Patrice Kouakou       

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