Entrepreneuriat féminin : Transformation du manioc en « attiéké »

L’unité moderne de transformation de manioc en « attiéké » (couscous du manioc)  est un don du Gouverneur du District d’Abidjan, Robert Beugré Mambé, aux femmes du village de Songon Kassemblé.

Elles sont regroupées en association dénommée AHIFIN de Songon. Cette association de femmes est reconnue au niveau administratif. L’objectif est de réduire la pénibilité du travail, et d’augmenter la capacité de transformation des femmes.

Cette unité de transformation produit 1000kg d’attiéké par jour à raison de 15heures de travail. Elle est composée d’un broyeur d’une capacité de 800kg/h ; d’un essoreur de 250kg/h ; d’un sémouleur de 250 kg/l ; d’un séchoir avec une capacité extensible de 400kg/h ; et de quatre cuiseurs de 60 kg/h chacun.

La Présidente de l’association des femmes AHIFIN, Madame Moya Florence Dogbo souligne en ces termes : «Dans le manioc, on peut faire 4 fois l’attiéké. Nous voulons que des personnes viennent nous visiter. Nous exhortons les autorités à nous appuyer à la commercialisation».

L’attiéké est un plat à base de manioc très apprécié de l’ensemble de la population ivoirienne. Il connaît non seulement le succès en Côte d’Ivoire mais il est aussi exporté sous forme déshydratée vers les pays européens, et sous forme de boules vers les autres pays africains de la sous-région occidentale.

« Dans ma région, il ya assez de femmes qui entreprennent. Je vais m’inspirer de ce qui se passe à Songon Kassemblé pour booster les femmes, et réduire le chômage des jeunes à Arrah» a précisé Kouakou Tanoh, directeur de société basé à Arrah.

Spécialité culinaire de certains peuples lagunaires (Ebrié, Adjoukrou, Alladian, Avikam, Attié, Ahizi) du Sud de la Côte d’Ivoire, l’attiéké est traditionnellement produit par les femmes, des équipes constituées dans le village se groupant pour la production.

A en croire, Dame Esmel Chantal, vendeur d’attiéké : «Le manioc constitue un bassin d’emplois considérables pour les femmes. Elles représentent environ 90% des travailleurs dans la production en Côte d’Ivoire. C’est une filière qui est aujourd’hui de plus en plus présente sur le marché international. C’est un produit qui se vend très bien en France, en Espagne et notamment sur le marché européen».

Pour rappel, le mot attiéké est une déformation du mot ‘adjèkè’ de la langue Ebrié parlée dans le sud de la Côte d’Ivoire. À l’origine (et parfois encore aujourd’hui), les femmes ébriés ne confectionnent pas de la même manière l’attiéké qu’elles vendent avec celui qui est consommé par leur propre ménage.

Les femmes du village de Songon Kassemblé sont appuyées de quelques hommes pour la maintenance des appareils. Elles sont également assistées par la Cellule des projets spécifiques du District autonome d’Abidjan, et par l’Agence nationale d’appui au développement rural pour la gestion associative.

« Une unité moderne et complète de transformation de manioc en attiéké frais de Songon Kassemblé est un don chargé de sens tant pour le village que pour le District d’Abidjan. C’est de rendre les femmes autonomes ; cela leur permet de gérer elles-mêmes de la richesse et pour le village» a conclu le conseiller spécial du Gouverneur d’Abidjan, Djamat Dubois Marcel Félix.

Cette action entrepreneuriale lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire.

Patrice Kouakou

 

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