Côte d’Ivoire: À Bétharram, on se ressource spirituellement aussi par le bio

À Adiapodoumé, sur la route de Dabou, la maison d’accueil Bétharram des frères du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram propose aux retraitants un cadre calme en pleine nature et une nourriture bio, totalement produite sur place.

Un centre de formation agrobiologique

Tshanfeto-« lève-toi » en langue ébrié- est une ferme pédagogique créée par la communauté des Bétharramites en 2000. Depuis septembre 2016, la 18e promotion de stagiaires y acquiert des connaissances en techniques agricoles et en élevage. Claude Emmanuel a 20 ans. Dans une vie antérieure, il était footballeur professionnel. Marie N’Goran a 26 ans. Dans une vie antérieure, elle étudiait la logistique. Abou Fofana quant à lui, est fils d’agriculteurs. Tous les trois font partie des 32 stagiaires qui viennent d’entamer une formation de 10 mois pour devenir agriculteurs à Tsanfeto.

Pour Claude Emmanuel, chrétien évangélique, ce choix de formation correspond d’abord à un appel : « le Seigneur m’a dit de m’occuper d’abord des animaux si je veux être pasteur d’hommes, comme le roi David. » Marie, chrétienne catholique, s’est essayée à beaucoup de petits boulots avant d’atterrir chez les bétharramites. Abou Fofana quant à lui, est musulman d’une lignée d’agriculteurs, il compte simplement perpétuer la tradition familiale. Trois personnalités différentes, un maillon de la chaîne de production qui permettra aux retraitants de la maison d’accueil Bétharram d’avoir dans leurs assiettes, une nourriture bio.

« Nous n’utilisons pas d’engrais chimique », explique le Fr. Herman responsable de la formation et de la discipline des stagiaires. Pour appuyer ses dires, il désigne un énorme tas de compost derrière les plants de navets et de choux. La nourriture des poulets, cailles et autres porcs est également produite sur place, par les stagiaires.

La maison d’accueil Notre Dame de Bétharram

Juste en face de la ferme pédagogique Tshanfeto, la maison d’accueil notre Dame de Bétharram reçoit des visiteurs depuis 2015. En petit nombre- pas plus de 30. « Il s’agit pour la plupart, de religieux ou religieuses venus se ressourcer. Il y a souvent aussi des étudiants qui préparent leur thèse ou encore des couples en lune de miel », explique le Fr. Valentin, responsable du centre d’accueil. Aux heures de repas, ce sont les aliments produits par les stagiaires de Tshanfeto qui sont à l’honneur. Ignames, aubergines, piments mais aussi cailles, poulets, œufs. « Notre défi est de prendre soin des gens qui viennent se reposer chez nous. Prendre soin de leur santé physique comme spirituelle. » Les retraitants profitent des mêmes espaces verts que les religieux.

Les retraitants bénéficient des prières communautaires

C’est en effet dans l’enceinte de la maison de formation des frères du Sacré-Cœur que sont accueillis ces visiteurs en quête de silence. En plus des prêtres, une vingtaine de frères en formation réside dans des pavillons autour de la chapelle Sainte Marie de Jésus Crucifié. « Nous voulons ainsi que les retraitants bénéficient des prières communautaires, ils peuvent aussi profiter d’un suivi spirituel s’ils le désirent », commente le responsable de la maison d’accueil. L’enjeu est de se couper au maximum de la pollution des grandes villes pour profiter d’une nourriture naturellement produite par la terre-mère. Se ressourcer en mangeant bio.

La congrégation des frères du Sacré-Cœur de Bétharram

Les religieux du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram sont présents en Côte d’Ivoire depuis 1959. Fidèles à leur charisme, « aller là où les autres ne veulent pas aller », ils se sont installés dans le diocèse de Katiola, à 431 km d’Abidjan. Depuis 1990, le diocèse de Yopougon leur a confié la paroisse Saint-Bernard d’Adiopodoumé, à la sortie de la ville.

Lucie Sarr / Urbi&Orb, à Abidjan
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