ODD : Mettre un terme à l’extrême pauvreté

La problématique de la pauvreté se pose aujourd’hui comme un enjeu majeur. 836 millions de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté. En Asie du Sud et en Afrique Subsaharienne, l’on note l’écrasante majorité des personnes vivant avec moins de 1,25 dollar. changement climatique

Environ une personne sur cinq dans ces régions en développement vit encore  avec moins de cette somme par jour. Selon les estimations par pays, la proportion d’hommes, de femmes et d’enfants de tous âges souffrent d’une forme ou l’autre de pauvreté.

Même son de cloche, dans les petits pays fragiles et touchés par un conflit, des taux de pauvreté élevés sont enregistrés.

Entretemps les pays développés ne sont pas épargnés. 30 millions d’enfants grandissent à l’heure actuelle dans la pauvreté.

La pauvreté ne se résume pas à l’insuffisance de revenus et de ressources pour assurer des moyens de subsistance durables.

Ses manifestations comprennent la faim et la malnutrition, l’accès limité à l’éducation et aux autres services de base, la discrimination et l’exclusion sociale ainsi que le manque de participation à la prise de décisions.

Devant ces irrégularités qui accentuent la souffrance humaine, tous tant les gouvernants que la société civile, le secteur privé et les populations sont interpellés à trouver des solutions durables et idoines.

Les gouvernants doivent aider à créer un environnement qui garantisse des emplois et des perspectives professionnelles pour les personnes pauvres. Il faut aussi les stratégies et politiques de bonne gouvernance dans le public et le privé.

Le secteur privé doit déterminer si la croissance qu’il crée est inclusive  et contribue à ce moment à réduire la pauvreté.

L’on doit garantir aux populations notamment ceux assez affectés par la pesanteur de la pauvreté. On doit leur garantir les mêmes droits aux ressources économiques et aux ressources naturelles. Que tous les hommes et les femmes surtout les pauvres et les personnes vulnérables aient accès à la propriété foncière, au contrôle des terres, aux services de base, aux services financiers, et aux nouvelles technologies

Il faut renforcer la résilience des pauvres et des personnes en situation vulnérable et réduire leur exposition aux phénomènes climatiques.

La FAO et la Banque mondiale travailleront en étroite collaboration afin d’aider les pays membres à réaliser les Objectifs de développement durable (ODD), à améliorer les moyens d’existence ruraux, l’efficacité de la production agricole et à assurer une gestion durable des ressources naturelles à travers le monde, a précisé la FAO dans un communiqué de presse.

La croissance économique doit être partagée pour créer des emplois durables et promouvoir l’égalité.

Patrice Kouakou

Source : #UN SDGs

 

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AGRF 2017 : De véritables opportunités pour l’agriculture africaine

Selon la présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), Docteur Agnes Kalibata, c’est le leadership des autorités ivoiriennes pour la place accordée à l’agriculture, facteur de création de richesses et d’emplois, qui a valu au pays d’abriter pour la première fois dans l’espace francophone l’AGRF 2017.

«Obtenir plus d’engagements auprès des gouvernements et autres parties prenantes afin de donner la priorité à l’agriculture et d’augmenter les investissements dans le secteur agricole en Afrique». Tel était le thème de la 7ème édition du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF).

Ouverts du 04 au 08 septembre 2017 à Abidjan les travaux de cette édition de l’AGRF ont produit des résultats satisfaisants. Des décisions de grande importance ont été prises dans le cadre de la transformation agricole d’ici à 2021. DSC_9865

L’une des importantes de ces décisions est sans nul doute celle relative à la contribution financière substantielle de plusieurs institutions pour booster la transformation agricole.

Des  engagements d’investissements à hauteur de près de 6,5 milliards $EU ont été pris en faveur de la culture de l’huile de palme, des légumineuses, de la pomme de terre et du riz pour les huit prochaines années. Le nouveau Partenariat pour une transformation agricole inclusive en Afrique (PIATA) d’une valeur de 280 millions $EU a été lancé.

L’Objectif du PIATA est de : « catalyser et soutenir une transformation agricole inclusive dans au moins 11 pays d’Afrique, ce qui augmentera les revenus et améliorera la sécurité alimentaire de 30 millions d’exploitations agricoles familiales de petite taille ».

Lors de l’Edition de 2016 de l’AGRF, des annonces de financement d’environ 30 Milliards US ont été enregistrées. Ces annonces ont été suivies d’effets au cours de la session précédente sur le « respect des engagements. En outre, les efforts constants de la Banque Africaine de Développement (BAD), à travers son programme « Nourrir l’Afrique », et du Fonds International de Développement Agricole (FIDA) sont à saluer. DSC_0116

A la cérémonie officielle d’ouverture de l’AGRF 2017, le Président  Alassane Ouattara a présenté le secteur agricole ivoirien comme un exemple en Afrique.

La Côte d’Ivoire qui a consolidé sa place de 1er producteur mondial de cacao, est devenue :
. 1er producteur mondial d’anacarde

. 1er producteur mondial de noix de cola

. 1er producteur africain d’hévéa

. 1er exportateur africain d’huile de palme

. 1er producteur africain de banane dessert

. 1er exportateur africain de mangues.

Ces performances de la Côte d’Ivoire se traduisent surtout par des revenus stables distribués aux producteurs, qui sont passés de plus de 3000 milliards FCFA (5.5 Milliards US) en 2011 à près de 6000 milliards FCFA (11 Milliards US) en 2016, soit l’équivalent du budget national.

« Les pays d’Asie ont réussi cette révolution verte et sont aujourd’hui industrialisés », a indiqué le ministre ivoirien de l’agriculture et du développement rural, Mamadou Sangafowa Coulibaly pour qui si cela a été possible en Orient, ça l’est aussi en Afrique, un continent qui regorge de beaucoup de potentialités. Il a rassuré sur l’engagement de la Côte d’Ivoire à poursuivre ses investissements pour faire de l’agriculture la clé du développement économique.

«Le secteur primaire doit être pris comme un secteur de croissance. Les chefs d’état doivent impulser un programme cohérent pour permettre à tous d’avoir des financements à l’agriculture. Il faut aller beaucoup plus à la promotion du manufacturier et de la transformation. Il faut faire de l’agriculture, le levier de la création de richesse. Il faut contribuer à la croissance et à la promotion de l’agriculture sur notre continent» a déclaré à la cérémonie officielle d’ouverture de l’AGRF 2017, le Premier Ministre et Chef du gouvernement Togolais, Komi Selom KLASSOU. DSC_1067

L’AGRF est une plate-forme pour les dirigeants mondiaux et africains pour élaborer des plans d’action qui feront avancer l’agriculture africaine. Créé en 2010, le forum est apparu comme la première plate-forme africaine qui rassemble une série d’acteurs critiques dans le paysage agricole africain pour discuter et élaborer des plans concrets pour la réalisation de la révolution verte en Afrique.

L’AGRF 2017 a permis de mobiliser tous les acteurs en faveur du développement inclusif et des investissements vitaux dans le secteur agricole. Une plateforme d’échanges de 52 sessions et plus de 300 intervenants.

L’AGRF 2017 a mis en évidence l’importance cruciale d’exploiter un soutien renouvelé pour l’agriculture et son fort potentiel pour créer des emplois décents et stimuler la croissance économique à travers le continent.

Par les innovations dans l’agriculture, les jeunes participent à la conception de l’avenir du secteur de l’agriculture grâce à l’utilisation des TIC. « Nous espérons que les meilleures start-up se développeront et finiront par atteindre des milliers d’agriculteurs et d’agribusiness, et créeront des opportunités d’emploi pour de nombreux jeunes. » a indiqué le directeur du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) Michael Hailu. DSC_0995

« Un partenariat crédible et une mobilisation soutenue des ressources pour financer l’Agriculture en Afrique dépendront également du respect des engagements pris à Malabo par les Etats Africains. C’est pourquoi, je suis heureux de vous annoncer que la Côte d’Ivoire respectera ses engagements en matière de financement de l’Agriculture et reste disposée à soutenir toutes les actions des Organisations régionales et sous régionales en faveur du développement de l’Agriculture » a indiqué à la cérémonie officielle de l’AGRF 2017, le Président Ivoirien Alassane Ouattara.

L’AGRF a réuni des experts agricoles, des acteurs du secteur public et privé, pour débattre, partager des expériences et adopter des mesures concrètes visant à améliorer la sécurité alimentaire en Afrique.

Patrice Kouakou

 

 

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Production du manioc/ N’Zi N’Da Eliane sensibilise à Kouassi –Kouassikro et à Mekro en Côte d’Ivoire

Dans son ambition de faire de la région du N’Zi, la capitale de la boucle du manioc et région émergente de la Côte d’Ivoire, l’ONG Action des femmes d’Afrique (AFA)  met toutes les chances de son coté en s’assurant de la bonne marche de ses activités. A cet effet, la présidente de ladite ONG, N’Zi N’Da Eliane, par ailleurs Députée de la circonscription administrative de Bocanda a rencontré le jeudi 10  Aout dernier les populations, et plus particulièrement les femmes du département de Kouassi –Kouassikro.Nzi Eliane ONG AFA

Partout, où elle est passée, de Mekro à Kouassi-Kouassikro, elle s’est voulue claire, tout en réaffirmant sa volonté d’aider ses parents à se prendre en charge. Mais surtout à la promotion de développement économique dans la région du N’Zi avec le manioc. Ce projet permettra, selon elle, d’apporter une contribution significative en vue de répondre aux attentes de la gente féminine de la région du N’Zi, l’éradication de la pauvreté et le développement de leur région.

Aux dires de N’guessan Kouakou Germain, Préfet du département de Kouassi –Kouassikro, ce projet constitue une des solutions que l’ONG AFA propose pour adresser la problématique du financement des micro-projets aux femmes de la région du N’Zi. Le Préfet a salué l’initiative mené par la présidente de cette ONG.Vu l’importance attachée à ce projet et comptant sur la détermination de tous ,

N’Zi N’Da Eliane a exhorté toutes les parties prenantes de la région du N’Zi à s’approprier cet outil de développement pour en faire un plaidoyer. «J’ai la ferme conviction qu’ensemble, nous aboutirons aux résultats escomptés» a-t-elle rassuré.

Cependant, elle entend relever un défi, produire 3000 hectares de manioc d’ici la fin d’année 2017. Après la phase pilote, la phase opérationnelle sera lancée bientôt. Du matériel agricoles composé de bottes, de blouses, ainsi des cartons de médicaments et d’habits, deux motos tout-terrain et un tricycle, ont été remis par la présidente de l’ONG AFA  aux populations de Mekro et de Kouassi –Kouassikro .

Le projet «  Un Agba =Un hectare d’Agba », s’étend sur trois départements, à savoir Kouassi –Kouassikro, Bocanda et Dimbokro.

Roland Yao (Correspondant)

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AGRF 2017 / Pitch AgriHack! Afrique de l’Ouest : Promotion emploi des jeunes entrepreneurs

Le Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF 2017) accueille aussi la dernière étape du concours Pitch AgriHack! Afrique de l’Ouest et la cérémonie de remise des prix.

Le concours Pitch AgriHack! a été lancé en juin 2017. Concours ouvert à 130  start-up de 11 pays ouest-africains dirigées par de jeunes entrepreneurs dont l’âge de 18 à 35 ans. Tous interviennent dans le secteur de l’e-agriculture. Cela leur permettra de décrocher un financement qui les aidera à consolider, diriger ou élargir leurs plateformes et services.AGRF 2017 1

L’objectif est de contribuer à transformer le secteur agricole et de promouvoir l’emploi des jeunes en renforçant les capacités des jeunes entrepreneurs et leurs modèles d’entreprise, ainsi qu’en les aidant à développer ou consolider leur position sur le marché et à attirer de nouveaux financements.

53 demi-finalistes ont été sélectionnés. Ils seront encore évalués par un jury international composé d’experts en innovation TIC, en affaires commerciales et en agriculture, ainsi que de sociétés de capital-risque.

Les 25 finalistes retenus assisteront au Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF 2017).

Les critères de sélection sont : la qualité du pitch ; le problème agricole abordé par la plateforme ; la dynamique de marché actuelle ; la solution technique proposée ; le caractère unique de l’offre proposée ; la composition de l’équipe.

Les meilleures start-up devraient offrir des services efficaces aux centaines de milliers d’agriculteurs et d’intervenants agricoles dans les pays d’Afrique des Caraïbes et du Pacifique.

Patrice Kouakou

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AGRF 2017 : Accélérer la marche de l’Afrique vers la prospérité via l’agriculture.

La  7ème édition 2017 du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF 2017) a pour objectif d’obtenir plus d’engagements auprès des gouvernements et autres parties prenantes afin de donner la priorité à l’agriculture et d’augmenter les investissements dans le secteur agricole en Afrique. Cet événement panafricain est prévu du 04 au 08 septembre 2017 à Abidjan ayant pour thème : « Accélérer le Cheminement de l’Afrique vers la Prospérité: Croissance des Economies inclusives et des Emplois grâce à l’Agriculture Africaine ».AGRF 2017-Lancement-MINAGRI

Plus de 750 délégués et dignitaires, dont d’anciens ou actuels chefs d’État, des ministres de l’agriculture et des finances, des gouverneurs de banque centrale, ainsi que d’éminents responsables d’institution et des capitaines d’industrie du secteur privé sont attendus au Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF 2017).

Au total, l’AGRF va offrir aux  dirigeants africains et du reste du monde une plateforme pour élaborer des plans concrets en vue de transformer l’agriculture africaine.

Au menu de l’AGRF 2017, sont prévues une Table Ronde Présidentielle, ainsi qu’une Table Ronde Ministérielle. Des panels, réunions des groupes de travail thématiques et délibérations en plénière sur des sujets spécifiques sont également prévus, tout comme des conférences de presse et une exposition. L’AGRF, c’est aussi le lancement du Rapport 2017 sur l’état de l’agriculture africaine, et un Dîner de gala combiné avec la cérémonie de remise du Prix de l’alimentation en Afrique

Le Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF 2017) prévoit aussi la dernière étape du concours Pitch AgriHack! Afrique de l’Ouest (ouvert aux start-up dirigées par de jeunes entrepreneurs de 18 à 35 ans) et la cérémonie de remise des prix.

L’AGRF se tient pour la 1ère fois dans un pays francophone. Les précédentes éditions se sont tenues au Ghana (2010). en Tanzanie (2012), au Mozambique (2013), en Ethiopie (2014), en Zambie (2015) et au Kenya (2016).

Patrice Kouakou

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La Côte-d’Ivoire et le Ghana créent une instance stratégique commune du cacao

Des cours du cacao en berne poussent la Côte d’Ivoire et le Ghana à agir de concert – La Côte d’Ivoire et le Ghana se sont entendus pour créer une instance commune du cacao visant à renforcer leur coopération en faveur de ce poste de recettes stratégique, qui a été lourdement affecté par la chute prolongée des cours mondiaux.

Dans le cadre de l’Initiative pour un cacao durable (Sustainable Cocoa Initiative, SCI) Ghana-Côte d’Ivoire, dévoilée en juin, les nations voisines collaboreront sur des politiques visant à accroître la production et la compétitivité.

Il s’agira également de trouver réponse à d’autres enjeux d’actualité, comme la contrebande transfrontalière, susceptible d’altérer tant les bénéfices des exploitants que la qualité des cultures.

L’instance sera dirigée par un groupe de représentants du Conseil du Café-Cacao (CCC) de Côte d’Ivoire et du Ghana Cocoa Board, et englobera des comités distincts se spécialisant dans divers champs d’intervention stratégiques, notamment les finances, la commercialisation et la production. ADO & PR Ghana

Historiquement concurrents, la Côte d’Ivoire et le Ghana occupent respectivement la première et la deuxième place sur la liste des producteurs mondiaux de cacao; la Côte d’Ivoire produit 40% du cacao mondial, soit approximativement 1,6 millions de tonnes l’an passé selon la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, tandis que le Ghana y contribue environ 20%.

Un pilier de l’économie – Cette initiative intervient à un moment critique pour une marchandise qui représente un poste de recettes essentiel pour les deux économies. Premier produit d’exportation en valeur de la Côte d’Ivoire, le cacao a fait rentrer 2 900 milliards de francs CFA (4,4 milliards d’euros) l’an dernier, tandis que les ventes extérieures du Ghana ont atteint 2 milliards d’euros en 2016, soit 22% de l’ensemble des recettes d’exportation. Photo portail katchenooo

Cependant, sur les 16 mois ayant précédé l’annonce de la création de la SCI, les deux producteurs ont vu les cours de la denrée plonger, de 3 200 dollars la tonne fin 2015 à environ 1 800 dollars début mai, leur plus bas niveau depuis presque une décennie. Ce qui a amené le gouvernement ivoirien à tailler de 9% dans son budget national à la mi-mai, le ramenant à 6 440 milliards de francs CFA (9,8 milliards d’euros).

Bien que les cours du cacao se soient progressivement hissés jusqu’à presque 2 100 dollars la tonne vers la fin du mois de mai, ils sont repartis à la baisse au début de ce mois, retombant à 1 800 dollars la tonne. La détérioration des cours est en partie attribuable à un ralentissement de la croissance de la consommation, ainsi qu’un bond de la production mondiale entraînant une saturation de l’offre.

Selon les estimations de l’Organisation Internationale du Cacao (International Cocoa Organisation, ICCO), la production mondiale pour la campagne agricole en cours atteindra les 4,69 millions de tonnes, générant un excédent de 720 000 tonnes. En comparaison, la production avait enregistré l’an dernier un déficit de 198 000 tonnes. La production de la seule Côte d’Ivoire devrait atteindre 1,9 millions de tonnes au terme de la campagne agricole en septembre, contre 1,7 millions l’an dernier.

Effets ricochet – L’impact négatif de ce contexte de bas prix sur les recettes agricoles a été exacerbé par un système de ventes à terme adopté en 2012 dans l’objectif de protéger les producteurs des fluctuations des cours. Tributaire de la capacité des acheteurs à couvrir leurs commandes, le système a bien fonctionné tant que les cours étaient hauts, mais s’avère problématique dans le contexte actuel. Les enchères spéculatives menées par de petits négociants avant le décrochage des prix ont placé certains acteurs dans l’incapacité d’honorer leurs contrats, conduisant plusieurs d’entre eux au défaut de paiement. Dans l’intention d’aider à préserver la rémunération des cultivateurs face à la baisse des prix de la marchandise, le CCC a pioché dans son fonds de stabilisation du cacao en mars, bien que le montant alloué et le solde du compte n’aient pas été précisés par les autorités concernées.

On estime à près de 80% la proportion des acheteurs de cacao n’ayant pas respecté leurs contrats portant sur les récoltes de 2016, avec pour conséquence une quantité considérable de produits sans débouché et de producteurs impayés. Confronté à ces prix amputés, le gouvernement a suspendu en novembre le système d’enchères à terme pour la campagne 2017/2018, avant de le rétablir fin mai. Cacao Jx

Selon les données nationales, la Côté d’Ivoire a vendu à terme 950 000 tonnes de cacao pour la récolte 2017/2018, soit l’équivalent de la moitié de la production nationale et de 20% de la production mondiale, à un prix d’environ 2 040 dollars la tonne.

Le CCC projetterait de vendre 1,2 millions de tonnes supplémentaires de fèves de cacao d’ici à septembre. Couplée à des craintes de conditions climatiques préjudiciables aux récoltes, ainsi qu’à des troubles sociaux ayant perturbé les chaînes d’approvisionnement, la nouvelle de la vente anticipée d’une bonne partie de la production mondiale a permis aux cours à terme du cacao pour juillet de gagner pas moins de 6,6% en un jour à la fin du mois de mai, clôturant à 2 034 dollars la tonne sur le marché à terme de New York, l’ICE Futures US, marquant la plus importante hausse journalière de la denrée depuis 2012.

Un potentiel à exploiter – En parallèle, certains acteurs de la filière voient en l’adoption de pratiques agricoles plus efficaces la clé de la vitalité de l’industrie du cacao et du secteur agricole de manière plus générale.

“Le rendement du cacao ivoirien, à 350 kg par hectare, est bien inférieur à celui d’autres producteurs tels que l’Equateur ou l’Indonésie, où le rapport s’établit autour de 1 à 1,5 tonnes par hectare”, a déclaré à OBG Benjamin Bessi, directeur général du chocolatier français Cémoi.

“Accompagner les cultivateurs dans le développement de pratiques agricoles saines, sans oublier de leur fournir des aides financières, est le premier pas vers l’augmentation des rendements”, a-t-il ajouté.

Traduit de l’Anglais Oxford Business Group Bloomberg

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République Démocratique du Congo: les conflits aggravent l’insécurité alimentaire

Près de 7,7 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, selon la FAO et le PAM

©FAO/Junior D. Kannah

Les souffrances liées à la faim sont en hausse en raison de l’escalade du conflit, de sa persistance dans le temps et des déplacements de population. Dans la région du Kasaï, l’année dernière, près d’1,4 millions de personnes ont dû quitter leurs maisons.

 

14 août 2017, Kinshasa – Dans un nouveau rapport publié aujourd’hui, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) tirent la sonnette d’alarme : en République Démocratique du Congo (RDC), près de 7,7 millions de personnes sont confrontées à des souffrances extrêmes liées à la faim face à la hausse des actes de violences et des déplacements de population, soit 30 pour cent de plus que l’année dernière.

Selon l’analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), entre juin 2016 et juin 2017, le nombre de personnes confrontées à une insécurité alimentaire  « d’urgence » et de « crise » (Phase 4 et 3 et de l’IPC), soit les stades précédant celui de famine sur l’échelle de l’IPC et requérant une aide alimentaire et humanitaire d’urgence, a augmenté de 1,8 million, passant de 5,9 à 7,7 millions.

En d’autres termes, plus d’une personne sur dix vivant en zone rurale souffre de la faim.

Les souffrances liées à la faim sont en hausse en raison de l’escalade des conflits, de sa persistance dans le temps et des déplacements de population dans le centre et l’est de la RDC, principalement dans les régions du Kasaï et du Tanganyika, où les actes de violences se sont généralisés.

L’année dernière, près de 1,4 million de personnes ont été forcées de quitter leurs maisons.

Selon le rapport, la situation humanitaire s’est de nouveau détériorée suite aux invasions de chenilles légionnaires et aux épidémies de choléra et de rougeole.

Toujours d’après le document, dans les régions touchées par les conflits, plus de 1,5 million de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire « d’urgence » (Phase 4 de l’IPC), ce qui signifie que ces personnes n’ont pas d’autres choix que de vendre tout ce qu’elles possèdent, de sauter des repas ou encore de réduire leurs portions de nourriture.

« Dans les régions touchées par les conflits, les agriculteurs ont vu leurs villages et terrains se faire piller. Ils n’ont pas pu planter lors des deux dernières campagnes et les marchés alimentaires ont du mal à combler leurs besoins alimentaires. Les conflits et les invasions de chenilles légionnaires, qui ont détruit plus d’un quart des cultures du territoire national, ont eu un effet catastrophique pour les communautés rurales. La situation est appelée à s’empirer si une aide urgente n’est pas apportée en temps opportun » a déclaré M. Alexis Bonte, Représentant par intérim de la FAO en RDC.

« Les agriculteurs, en particulier ceux qui ont été déplacés et plus précisément les femmes et les enfants, ont désespérément besoin d’une aide urgente et de moyens pour survivre tels que des outils et des semences afin de pouvoir reprendre les activités agricoles. De nombreuses femmes déplacées ont perdu leurs maris. Pour elles, les activités agricoles, représentent un moyen de se reconstruire et d’appréhender l’avenir avec dignité et espoir » a ajouté M. Bonte.

Faire face à la faim extrême


Tshitita Godet,18 ans, a fui les violences dans la région du Kasaï. “Mes parents ont été
tués. J’ai du laisser derrière moi les animaux. J’ai du laisser tout ce que j’avais à la maison.
Je n’ai plus rien,” dit-elle.

Dans certaines des zones affectées par la faim, entre 50 et 80 pour cent de la population peine à joindre les deux bouts et à trouver de quoi se nourrir. Dans plusieurs régions, certaines personnes mangent une fois par jour et leurs repas (à base de maïs, de manioc et de pommes de terre) ne permettent pas de satisfaire leurs besoins journaliers nutritionnels et caloriques. Ces trois derniers mois, les prix des produits alimentaires ont augmenté. Dans certains cas, les régimes alimentaires se limitent à des féculents et à des feuilles.

D’autres se tournent vers d’autres options telles que la réduction du nombre de repas ou le fait de sauter des repas. Certains vendent leurs biens, empruntent de l’argent, envoient les membres de leurs familles mendier ou encore manger ailleurs.

La malnutrition chronique affecte 43 pour cent des enfants âgés de moins de cinq ans, soit plus de 7 millions d’enfants en RDC.

Les déplacements massifs  de population – 3,7 millions de personnes en RDC – et le flux constant de réfugiés issus des pays voisins mettent à rude épreuve des ressources déjà limitées, tout comme la propagation alarmante des chenilles légionnaires, qui affecte 50 des 145 territoires de la RDC, cela a eu pour effet d’aggraver l’insécurité alimentaire. Cela est particulièrement le cas dans les zones présentant un niveau élevé de pauvreté, de malnutrition et d’insécurité alimentaire chronique.

Cette détérioration de la situation affecte tout particulièrement les habitants de la région du Kasaï.

« Le PAM est extrêmement préoccupé par la sécurité alimentaire et la nutrition, qui se détériore dans plusieurs régions de la RDC » a déclaré M. Claude Jibidar, Directeur pays du PAM. « Mais il n’existe pas d’autre endroit où la situation est plus alarmante qu’au Kasaï. Nous appelons toutes les parties à permettre l’acheminement d’une aide vitale et appelons la communauté internationale à aider à répondre à des besoins pressants. »

Il est nécessaire d’apporter une aide de manière urgente


La FAO fournit des semences végétales et des outils aux familles de deplacés et aux familles hôtes à Tshikapa
(Kasaï District), où près de 70,000 personnes ont trouvé refuge après avoir fui les combats.

La FAO et le PAM appellent à intensifier de manière urgente la fourniture de nourriture vitale et une aide nutritionnelle  afin de lutter contre la malnutrition. Il est nécessaire de distribuer également des semences et des outils afin que les agriculteurs puissent planter de nouveau et rebâtir leurs moyens d’existence.

Dans les régions du Kasaï et de Tanganyika, touchées par les conflits, la FAO fournit des semences végétales et des outils manuels afin de relancer au plus vite la production agricole et d’accroître la disponibilité des aliments nutritifs dans les communautés hôtes et chez les déplacés. Les moyens d’existence de ces populations représentent leurs meilleurs moyens de faire face à la faim et aux catastrophes. En 2017, la FAO entend venir en aide à 2,1 millions de personnes en RDC afin de lutter contre la faim, de restaurer la production alimentaire et de renforcer la résilience des moyens d’existence.

En RDC, le PAM poursuit son travail en faveur des personnes les plus vulnérables. L’Organisation a déployé du personnel à Tshikapa et au Kasaï central, les deux provinces les plus touchées par le conflit, et procédera à des distributions alimentaires d’ici les prochains jours. Dans d’autres régions du pays, le PAM apporte sa capacité logistique notamment en termes de transport aérien et routier, de carburant et de stockage afin de la mettre au service de la communauté humanitaire dans son ensemble.

Source: FAO

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