Bassin du lac Tchad : la FAO préconise des investissements dans l’agriculture pour affronter la faim et la pauvreté

Le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva (à droite), début d’avril 2017, a visité certaines des régions les plus touchées par la faim et la pauvreté au Tchad et dans le nord-est du Nigéria. Photo FAO/Pius Utomi Ekpei

 

11 avril 2017 – Des investissements significatifs sont nécessaires dans le domaine de l’agriculture et de la lutte contre le changement climatique dans le bassin du lac Tchad, une région confrontée à la faim, à la pauvreté et à l’absence de développement rural, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

« La crise qui sévit dans la région du bassin du lac Tchad, déchirée par les conflits, a pour cause des décennies de négligence, une absence de développement rural et les effets du changement climatique. Le seul moyen de garantir une solution durable serait de faire face à ces questions en investissant notamment dans l’agriculture durable », a déclaré le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, lors d’un point de presse au siège de la FAO suite à sa visite, la semaine dernière, dans certaines des zones les plus affectées du Tchad et du nord-est du Nigéria.

« Il ne s’agit pas seulement d’une crise humanitaire, mais également d’une crise écologique », a-t-il ajouté.

« Ce conflit ne saurait être résolu uniquement par les armes. C’est une lutte contre la faim et la pauvreté dans les zones rurales de la région du bassin du lac Tchad», a souligné le Directeur général. « L’agriculture, y compris la pêche et l’élevage, ne peut plus être considérée comme secondaire. C’est ce qui permet de produire des aliments et de maintenir les moyens d’existence de près de 90% de la population de la région ».

Environ 7 millions de personnes risquent de souffrir gravement de la faim dans la région du bassin du Lac Tchad, qui comprend des parties du Cameroun, du Tchad, du Niger et du nord-est du Nigéria. Dans ce dernier cas, environ 50.000 personnes sont confrontées à la famine.

Selon le Directeur général, depuis 1963, le lac Tchad a perdu près de 90% de sa masse d’eau, provoquant ainsi des conséquences dévastatrices sur la sécurité alimentaire et les moyens d’existence des populations qui dépendent de la pêche et d’activités agricoles basées sur l’irrigation pour leur survie. Alors que le lac Tchad s’amenuisait, la population grandissait avec l’arrivée de millions de déplacés provenant des zones les plus affectées par les conflits.

Une assistance alimentaire et un appui à la production sont nécessaires

La FAO, en collaboration avec les agences partenaires des Nations Unies, appelle la communauté internationale à agir de manière urgente. Il existe un déficit considérable en matière d’assistance internationale pour faire face à la demande concernant la prochaine saison de semis. La FAO a rassemblé 12,5 des 62 millions de dollars indiqués dans le Plan de réponse humanitaire pour le Nigéria.

Le Directeur général de la FAO a averti que la situation dans le bassin du lac Tchad reflétait de différentes manières les menaces auxquelles font face d’autres pays africains, dans lesquels les tensions d’origine ethnique ou religieuse, alimentées par la pauvreté rurale et le chômage, en particulier chez les jeunes, pourraient dégénérer en véritables crises.

La solution serait de promouvoir et de soutenir des pratiques agricoles durables en mesure de permettre aux populations rurales de s’adapter aux effets du changement climatique et à la rareté croissante de nombreuses ressources naturelles, notamment l’eau et les forêts. Pour ce faire, il faut plus d’investissements dans l’agriculture, selon M. Graziano da Silva.

Dans la région du bassin du lac Tchad, la FAO aide les agriculteurs et les populations déplacées à produire de la nourriture et à vendre leurs surplus sur les marchés. En outre, la FAO et ses partenaires envisagent la possibilité d’introduire des techniques d’irrigation permettant d’économiser l’eau et de former les agriculteurs à leur utilisation.

Centre d’actualités de l’ONU

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De nombreux défis menacent l’avenir de la sécurité alimentaire mondiale, selon le rapport

L’objectif visant à éradiquer la faim d’ici à 2030 ne pourra être atteint sans de nouveaux efforts

Photo: ©FAO

Autonomiser les petits exploitants agricoles et leur fournir un meilleur accès à l’information, aux marchés et aux technologies est essentiel afin de garantir l’avenir de leur sécurité alimentaire.

 

Les pressions sur les ressources naturelles, de plus en plus intenses, les inégalités qui continuent de se creuser et les répercussions négatives du changement climatique compromettent la capacité de l’homme à se nourrir par lui-même à l’avenir. Tel est le message alarmant d’un nouveau rapport de la FAO publié aujourd’hui.

Selon L’Avenir de l’alimentation et l’agriculture : Tendances et défis, bien que des progrès majeurs aient été réalisés en matière de réduction des souffrances liées à la faim à travers le monde ces 30 dernières années, «le fait d’augmenter la production alimentaire et la croissance économique a de lourdes répercussions sur l’environnement naturel».

«Presque la moitié des forêts sur cette terre ont maintenant disparu. Les sources en eau souterraines s’amenuisent rapidement et la biodiversité a été particulièrement affectée», révèle le rapport.

«Si cette tendance se poursuit, il se pourrait bien que cela dépasse les frontières planétaires», a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO dans son discours de présentation du rapport.

D’ici à 2050, l’humanité comptera vraisemblablement près de 10 milliards de personnes. Selon les prévisions de l’Avenir de l’alimentation et l’agriculture : Tendances et défis, dans l’hypothèse d’une croissance économique modérée, cette hausse de la population aura pour effet d’augmenter la demande mondiale en produits agricoles de 50 pour cent par rapport au niveau actuel, accentuant ainsi les pressions sur les ressources naturelles déjà limitées.

Au même moment, de plus en plus de personnes mangeront de moins en moins de céréales mais de plus en plus de viande, de fruits, de légumes et d’aliments transformés, une situation qui s’explique par une transition alimentaire mondiale qui viendra également peser de tout son poids sur les ressources naturelles, en entraînant davantage de déforestation, de dégradation des terres et d’émissions de gaz à effet de serre.

Pour atteindre l’Objectif Faim Zéro, nous devons intensifier nos efforts

La question principale soulevée aujourd’hui par la publication de la FAO  est de savoir si oui ou non, à l’avenir, l’agriculture et les systèmes alimentaires dans le monde sont capables de répondre aux besoins d’une population mondiale croissante, et ce, de manière durable.

La réponse est : oui. Les systèmes alimentaires de notre planète sont en mesure de produire assez de nourriture de manière durable, mais exploiter au mieux ce potentiel et s’assurer que toute l’humanité en profite requerra des «transformations majeures».

Le rapport indique que si des efforts ne sont pas entrepris pour investir dans les systèmes alimentaires et les réorganiser, beaucoup trop de personnes souffriront de la faim en 2030, soit l’année limite fixée par les nouveaux Objectifs de développement durable (ODD) pour éradiquer l’insécurité alimentaire chronique et la malnutrition.

«Sans de nouveaux efforts visant à promouvoir le développement des populations pauvres, à réduire les inégalités et à protéger les personnes vulnérables, plus de 600 millions de personnes seront toujours sous-alimentées en 2030», révèle le document.

En fait, le taux actuel de progression ne serait même pas suffisant pour éradiquer la faim d’ici à 2050.

D’où viendra notre nourriture?

Compte tenu du peu de possibilités s’offrant à nous pour développer l’utilisation de la terre et des ressources en eau dans le secteur agricole, les augmentations de production nécessaires afin de faire face à la hausse de la demande alimentaire devront principalement être générées par une amélioration de la productivité et par une utilisation efficace des ressources.

Néanmoins, il existe des signes inquiétants faisant état d’une croissance stable pour les rendements des principales cultures. Le rapport note que depuis les années 1990, les augmentations moyennes enregistrées pour les rendements de maïs, de riz et de blé dépassent tout juste les 1 pour cent.

Le rapport L‘avenir de l’alimentation et l’agriculture : Tendances et défis souligne qu’ «agir comme si de rien n’était» ne fait pas partie des options si l’on souhaite répondre à ces défis et à d’autres.

«Des transformations majeures dans les systèmes agricoles, les économies rurales et la gestion des ressources naturelles seront nécessaires si nous devons répondre aux nombreux défis qui se présentent à nous et exploiter pleinement le potentiel de l’alimentation et de l’agriculture en vue d’assurer un avenir radieux à tout le monde sur cette planète», indique le document.

Selon le rapport, «des coûts élevés, des systèmes d’élevage nécessitant de nombreuses ressources (et entraînant d’importantes déforestations), des pénuries d’eau, un épuisement des sols et des émissions de gaz à effet de serre ne peuvent pas contribuer à créer une production alimentaire et agricole durable».

Le principal défi est de produire plus avec moins, tout en préservant et en améliorant les moyens d’existence des petits exploitants agricoles et des agriculteurs familiaux, et d’assurer aux plus vulnérables un accès à l’alimentation. Pour ce faire, une double approche est nécessaire. Elle se devra d’investir dans la protection sociale, de lutter contre la sous-alimentation et d’investir en faveur des pauvres dans des activités productives, en particulier dans l’agriculture et au sein des économies rurales, afin d’augmenter de manière durable les activités rémunératrices des populations pauvres.

Le monde devra se réorienter vers des systèmes alimentaires plus durables qui utiliseront de manière plus efficace la terre, l’eau et les autres intrants, tout en ayant moins recours aux combustibles fossiles, ce qui devrait  non seulement entraîner une forte baisse des émissions de gaz à effet de serre mais également contribuer à la conservation de la biodiversité et à la réduction du gaspillage. Selon le rapport, il s’agira notamment d’investir davantage dans l’agriculture, les systèmes agroalimentaires, la recherche et le développement en vue de promouvoir l’innovation, d’augmenter la production de manière durable et de trouver de meilleurs moyens pouvant faire face à de multiples problèmes, tels que les pénuries d’eau et le changement climatique.

Toujours d’après le rapport, en plus d’augmenter la production et de renforcer la résilience, il sera également indispensable de créer des chaînes agroalimentaires capables de mieux connecter les agriculteurs des pays à faibles et moyens revenus aux marchés urbains et d’élaborer des mesures visant à garantir aux consommateurs un accès à une nourriture saine et nutritive, et ce à un prix abordable, notamment des politiques de tarification et des programmes de protection sociale.

Tendances et défis

Le rapport d’aujourd’hui identifie 15 tendances et 10 défis affectant les systèmes alimentaires mondiaux :15 tendances

  • Une population mondiale qui augmente rapidement caractérisée par des «zones à forte croissance», une urbanisation et un vieillissement de la population;
  • Des tendances variées en matière de croissance économique, de revenus familiaux, d’investissement agricole et d’inégalité économique;
  • Une concurrence accrue pour les ressources naturelles;
  • Le changement climatique ;
  • Un plafonnement de la productivité agricole;
  • Les maladies transfrontières
  • Une plus grande fréquence des conflits, des crises et des catastrophes naturelles;
  • Une pauvreté, des inégalités et une insécurité alimentaire persistantes;
  • Une transition alimentaire affectant la nutrition et la santé;
  • Des changements structurels dans les systèmes économiques qui auront des répercussions sur l’emploi;
  • Une augmentation du flux migratoire;
  • Des systèmes alimentaires en évolution et qui auront des répercussions sur les moyens d’existence des agriculteurs;
  • De plus en plus de pertes alimentaires et de gaspillage;
  • De nouveaux mécanismes internationaux de gouvernance en mesure de faire face aux problèmes liés à la sécurité alimentaire et nutritionnelle;
  • Des changements au niveau du financement international du développement.

10 défis

  • Améliorer la productivité agricole de manière durable afin de satisfaire à la demande croissante;
  • Garantir une base durable de ressources naturelles;
  • Lutter contre le changement climatique et l’intensification des catastrophes naturelles;
  • Eradiquer l’extrême pauvreté et réduire les inégalités;
  • Mettre un terme à la faim et à toutes les formes de malnutrition;
  • Rendre les systèmes alimentaires plus efficaces, inclusifs et résilients ;
  • Développer les activités rémunératrices en zone rurale et lutter contre les causes de la migration;
  • Renforcer la résilience face aux crises de longue durée, aux catastrophes et aux conflits;
  • Empêcher de nouvelles menaces transfrontalières sur l’agriculture et les systèmes alimentaires;
  • Répondre au besoin d’une gouvernance cohérente et efficace à l’échelle nationale et internationale.

Source: FAO

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Des champs à l’école et au-delà : aider les ménages ruraux du Togo à sortir de la pauvreté

La semaine dernière, j’ai relaté une visite de terrain effectuée au mois d’octobre dans le cadre du Projet de soutien au secteur agricole togolais financé par l’Association internationale de développement (IDA) et le Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP). Au cours de nos échanges avec un riziculteur et sa famille nous avons pu constater l’efficacité rapide du soutien apporté par la Banque mondiale, mais nous avons également réalisé qu’il restait un grand nombre de défis à relever pour aider les petits exploitants à s’extraire durablement de la pauvreté et renforcer la productivité et la compétitivité de l’agriculture togolaise.

Notre dernière conversation avec Komlan Souley a été particulièrement frappante, parce qu’elle a révélé très concrètement la nécessité de créer des passerelles entre les interventions en faveur de l’agriculture et celles ciblant d’autres secteurs si l’on veut améliorer durablement les perspectives des ménages ruraux pauvres. Alors que nous rentrions chez lui par un chemin de terre boueux, ce riziculteur nous a raconté que son fils bachelier ne parvenait pas à trouver d’emploi. Et de demander : « la Banque mondiale a-t-elle les moyens d’améliorer les choses ? ».

Tandis que l’éducation est l’une des réponses pour aider les familles pauvres à sortir de la pauvreté, surtout dans les pays où il existe une corrélation claire entre hausse de l’instruction et qualité des emplois ou niveaux de revenu, le cas du Togo est nettement moins évident. En général, plus un individu est instruit, plus il risque de se retrouver au chômage ou d’être sous-employé. Près de 4 % des individus ayant (ou non) achevé leur cycle primaire sont au chômage, soit 184 000 personnes sur plus de 5 millions de Togolais. Parmi les 630 000 Togolais qui sortent du secondaire ou du premier cycle du supérieur, le taux de chômage bondit à 15 % (environ 93 000 personnes). Dans le même temps, alors que moins de 3 % de la population active est au chômage, près de 35 % de la main-d’œuvre est sous-employée.

Le fils de Komlan Souley peut travailler, en aidant par exemple son père à la ferme ou, comme de nombreux autres Togolais sous-employés, en devenant chauffeur de zemidjan (mototaxi) en ville. Mais cela soulève la question de la rentabilité de l’investissement dans l’éducation pour la prochaine génération de ruraux. Comment faire en sorte que ceux qui ont travaillé dur pour pouvoir envoyer leurs enfants à l’école voient leur labeur récompensé non seulement par des gains de productivité agricole mais également par des débouchés professionnels accrus pour leurs enfants qui ont achevé leurs études ?

On ne parviendra à éliminer la pauvreté au Togo et à favoriser une hausse durable des revenus qu’en apportant des solutions à l’ensemble des problèmes qui entravent le fonctionnement du secteur public et du secteur privé et interdisent d’offrir de meilleures perspectives d’avenir à la population, dans l’agriculture, à l’école et au-delà. Bien que l’économie togolaise soit relativement diversifiée — grâce aux services et au bâtiment, nouveaux moteurs de croissance depuis quelques années — l’agriculture reste le premier pourvoyeur d’emplois et un secteur critique pour faire reculer la pauvreté. Face à l’importance des cultures vivrières et des activités de transformation sans réelle valeur ajoutée mais aussi à une productivité comparativement faible des cultures vivrières et commerciales dans le pays, il semble évident que des mesures doivent être prises pour aider les agriculteurs à devenir plus productifs, à monter en gamme et à s’enrichir. De même, on ne parviendra pas à éliminer la pauvreté, ni à garantir un retour sur investissement de l’éducation, sans faire évoluer les débouchés et la qualité des emplois agricoles et non agricoles, grâce à un secteur privé plus dynamique porté par un climat des affaires plus favorable. La place centrale des femmes dans la société, comme mères au foyer, agricultrices et entrepreneures, exige aussi de leur donner les mêmes opportunités économiques que les hommes. Actuellement pourtant, les taux d’alphabétisation sont plus faibles chez les femmes que chez les hommes et ces dernières décrochent aussi plus souvent de l’enseignement secondaire, ce qui restreint leurs perspectives d’emploi et de rémunération.

Toutes ces questions et bien d’autres liées à la réduction de la pauvreté et à la promotion d’une prospérité partagée sont au cœur du diagnostic systématique que nous avons élaboré récemment pour le Togo et constitueront le pivot du soutien de la Banque mondiale au titre de son prochain cadre de partenariat avec ce pays, dont la finalisation est prévue en 2017.

Soumis par Joelle Businger
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Mali : ONU FEMMES LANCE LE PROGRAMME «AGRICULTURE FEMMES ET DEVELOPPEMENT DURABLE» (AGRIFED) : Pour l’autonomisation économique de 40 000 Femmes des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Sikasso, Mopti et Gao d’ici à 2020

Visite de la directrice d’ONU-FEMMES au Mali : ne mettez pas tout sur le dos des hommes
Photo d’illustration

C’est sous le haut parrainage de la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Madame Sangaré Oumou Bah, qu’ONU FEMMES-Mali a procédé le mardi 7 février 2017 au lancement de son programme intitulé «Agriculture Femmes et Développement durable», AgriFeD. 

C’était à l’hôtel El Farouk en présence du Dr. Maxime Houinato,  Représentant résident du Bureau d’ONU Femmes-Mali, assisté par la conseillère régionale en autonomisation économique, du Bureau ONU Femmes, Afrique de l’Ouest et du Centre, Mme Oulimata SARR venue de Dakar pour la circonstance. 

On notait aussi la présence du Premier Secrétaire de l’Ambassade du Grand-Duché du Luxembourg, M. Jacques Hoffmann de Mme Fatouma SEID Djama, Représentante Résidente de la FAO, de Mme Silvia Caruso, Représentante du PAM, du Secrétaire général,  représentant le Ministre de l’Agriculture, M. Abdoulaye Hamadoun et de Mme Maïga Souhayata Haïdara, Conseillère technique représentante de la Ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable. Des représentantes des organisations féminines et d’autres  femmes ont pris part à cette cérémonie de lancement du programme AgriFeD.

Pour un coût total de 10 millions de Dollars, AgriFeD, dans sa mise en œuvre, financera 40 000 femmes avec comme bailleurs de fonds le Luxembourg, la Suède, le Danemark et les groupes Kledu et SAER. Les zones d’interventions d’AgriFeD sont les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Sikasso, Mopti et Gao. Les filières cibles du programme sont le maraîchage, le céréale avec le riz, le maïs, le fonio, le sésame et d’autres filières porteuses. Pour une durée de 5 ans, le programme vise le renforcement des capacités économiques des 40 000 agricultrices qui sont impactées par les effets néfastes du changement climatique dans la production agricole  et dans la pisciculture. AgriFeD envisage particulièrement de faciliter l’accès et la sécurité foncière des agricultrices, le renforcement de la productivité agricole des femmes. Et cela pour un meilleur accès des femmes aux moyens de production modernes et une facilité d’accès aux dispositifs de financement adaptés. Ce nouveau programme renforcera leur accès à l’information et aux marchés porteurs.

Accès et sécurité foncière des agricultrices

Ainsi, selon la présentation faite à l’assistance par la coordinatrice du programme, Madame Diallo Hady Sangaré, AgriFeD mettra donc en œuvre des activités de plaidoyer, le renforcement de capacité des communautés locales et des femmes pour une meilleure connaissance et mise en œuvre de l’arsenal juridique existant pour l’accès des femmes rurales à la terre, comme la Loi d’Orientation Agricole, la Loi et la Politique Foncière Agricoles. Le programme accompagnera le Conseil Supérieur de l’Agriculture qui est l’organe d’exécution de la Loi d’Orientation Agricole pour une meilleure intégration des femmes dans les commissions foncières qui se mettent en place sur l’ensemble des régions du Mali. Il s’agira de développer des partenariats stratégiques avec des ONG et programmes qui appuient le secteur Agricole pour une meilleure prise en compte de la sécurité foncière des femmes. Il s’agit donc de fédérer les synergies pour une meilleure efficacité des actions.

Renforcement de la productivité des femmes agricultrices par un meilleur accès aux innovations technologiques et à l’information

Pour cela, ONU Femmes a développé une plate-forme de gestion d’entreprise mobile appelé «BuyfromWomen» qui permet de lier les agricultrices à l’information, les marchés et de la finance, en leur fournissant une vue à 360° de leur entreprise. Les femmes agricultrices seront en outre renforcées sur les techniques modernes d’une agriculture intelligente prenant en compte les défis liés à la préservation de l’environnement et du changement climatique. Pour cela, des partenariats stratégiques seront établis avec certains structures et programmes comme l’IER, le CNRA, l’ICRISAT et l’AEDD et autres services techniques de l’Etat. Toutes les innovations technologiques développées et expérimentées dans les 13 pays de l’Afrique de l’Ouest bénéficiaires du programme WAPP seront mises à profit.

L’accès aux dispositifs de financement adaptés à leurs besoins

Accès aux dispositifs de financement adaptés à leurs besoins

Pour ce volet, le programme renforcera l’accès au Fonds National d’Appui à l’Agriculture, au moins pour 15% des montants alloués. Pour consolider cet acquis, le programme mettra aussi en place un dispositif d’intermédiation financière pour accroitre l’accès des agricultrices au financement des institutions de micro finance et autres banques soutenant le secteur Agricole. En outre, des séries de formations seront réalisées sur l’élaboration de plan d’affaires et la gestion du crédit. Pour cela des modules de formation adaptés seront conçus et validés tentant compte du niveau et de la réalité des bénéficiaires. Les  bénéficiaires seront également appuyées à travers un dispositif de coaching personnalisé sur la gestion du crédit et le suivi du remboursement des prêts par une équipe professionnelle.

Renforcement de capacité des agricultrices pour leur accès aux marchés porteurs

Un accompagnement sur la certification et une formation sur les bonnes pratiques d’hygiène permettront aux femmes d’améliorer la qualité de leurs produits. Un système de collecte et de diffusion de l’information sur les marchés potentiels, les gros clients, la tendance des prix, sera mis en place par région. En plus de la plateforme, «BuyfromWomen» le programme utilisera l’initiative Sènèkèla. Il facilitera l’établissement des relations partenariales formelles et durables avec les grands commerçants grossistes et entreprises d’exportation de produits agricoles et favorisera la participation aux foires et autres évènements majeurs du secteur. Les partenariats déjà établis entre ONU Femmes et les entreprises privées de packaging seront aussi mis à profit.

 

Au Mali, les femmes représentent plus de 49% de la population agricole et 70,2% des exploitants maraîchers

Le secteur Agricole est le pilier stratégique du développement socio-économique du Mali. Il occupe près de 80% de la population active et contribue en moyenne pour 40% à 45% au PIB. L’agriculture au Mali est essentiellement basée sur les cultures vivrières, les cultures agro-industrielles. Les défis liés à ce secteur sont donc l’augmentation de la production agricole et la valorisation des produits locaux en mettant l’accent sur la transformation agroalimentaire pour assurer la sécurité alimentaire et favoriser l’exportation de l’excédent dans les pays de la sous-région. Il faut rappeler qu’au Mali, les femmes représentent 51% de la population totale, soit plus de 49% de la population agricole et 70,2% des exploitants maraîchers. Pour ONU Femmes, au vu de ce poids démographique, les femmes doivent être accompagnées pour qu’elles puissent mieux se positionner sur ce secteur porteur de l’économie malienne.  C’est pourquoi, en lien avec son mandat, ONU Femmes a retenu comme deuxième axe stratégique de ses interventions «Le renforcement économique des femmes ». Dans le cadre de la mise en œuvre de ce mandat, ONU Femmes veut promouvoir autonomisation économique dans le secteur agricole en permettant aux femmes agricultrices d’améliorer leur condition socioéconomique par des moyens et appuis nécessaires. C’est dans ce contexte que le bureau d’ONU Femmes au Mali a procédé au lancement officiel du Programme « AgriFeD » en vue de donner de la visibilité à ses initiatives.

Alors, vivement une bonne mise en œuvre de ce programme pour contribuer de manière durable à l’amélioration des conditions de vie des 40 000 femmes.

Dieudonné Tembely

tembely@journalifosept.com

Source : inf@sept

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Paris lance un plan « d’alimentation durable et d’agriculture urbaine »

Paris opte pour une alimentation bio et locale
Paris opte pour une alimentation bio et locale

Le 30 janvier 2017, la maire de Paris, Anne Hidalgo a proposé une solution pour manger et produire plus local et plus bio. Le Conseil de Paris a adopté à l’unanimité le projet.

Paris voit vert. Suite à l’adoption d’un projet par le Conseil de Paris, pas moins d’une trentaine de mesures vont entrer en vigueur dans l’objectif d’amener Paris à devenir une ville où l’on produit plus local et plus bio. L’idée est de faire de la capitale un exemple à suivre en ce qui concerne : manger et produire bio et local, aider les producteurs autour de Paris ou encore participer au compost des déchets. Le Conseil de Paris entend par cela « promouvoir une nouvelle agriculture » pour « favoriser la consommation de produits de qualité ».

Au programme pour plus de bio et de local, la création d’ici 2020 de 100 hectares de nouveaux « espaces verts » sur des toits-terrasses voire des façades « dont un tiers sera consacré à la production agricole ». D’autres initiatives visent à promouvoir un « Paris plus vert » avec la volonté d’introduire des endroits végétalisés sur les constructions publiques et privées déjà existantes et à venir.

Vers une capitale green ? 

« Un plan local d’urbanisme en évolution » est en marche pour revoir le paysage de la ville. Plusieurs projets sont prévus, comme avec la mise en place prochaine d’une plateforme collaborative en ligne « Végétalisons Paris » (au printemps 2017) et un « permis de végétaliser », déjà disponible. Ce permis est à destination de tous les Parisiens, habitants et commerçants, qui souhaitent jardiner dans l’espace public en respectant des règles comme s’occuper de ses plantations et ne pas empiéter sur la voie publique. Par ailleurs, l’appel à projets « Parisculteurs » qui invite les Parisiens à découvrir l’agriculture urbaine en proposant de nouveaux concepts sera renouvelé en 2017, suite au succès de la première édition.

Dans cette lignée, de nouvelles fermes urbaines pédagogiques seront créées en 2017 pour proposer plus de formations et d’apprentissages en agriculture urbaine. Tout ceci dans l’intérêt de créer des liens entre la ville et la campagne pour « produire 30 000 tonnes de compost par an avec les déchets alimentaires pour approvisionner les agriculteurs franciliens, créer des partenariats entre agriculteurs urbains et ruraux et créer une logistique durable pour structurer les circuits courts ».

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du Conseil de Paris

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Atteinte des ODD : Le Burkina veut valoriser les légumineuses

Après Kongoussi le 10 février 2017, Ouagadougou accueille ce 11 février 2017 la dernière cérémonie de clôture de l’Année internationale des légumineuses 2016. Le ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques, Jacob Ouédraogo, a saisi l’occasion pour saluer et encourager les délégations, notamment la FAO, les chercheurs, les producteurs et productrices, venues magnifier les légumineuses.

La tenue de la cérémonie de clôture de l’Année internationale des légumineuses au Burkina traduit la volonté des autorités du pays, soutenues par l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), d’encourager la production et la consommation de ces spéculations.

« Je remercie les responsables de la FAO qui ont porté leur choix sur le Burkina pour abriter cet évènement de portée mondiale et crédité notre pays d’une grande confiance pour l’organisation de cette importante cérémonie qu’ils ont en outre largement soutenue », a déclaré le ministre de l’agriculture, Jacob Ouédraogo.

Le but principal de cette cérémonie est de faire face au défi de l’insécurité alimentaire et du changement climatique, d’où le thème « Valorisation des légumineuses dans le cadre des ODD (Objectifs de développement durable) et pour la résilience au changement climatique ».

« Il est avéré que malgré les multiples bienfaits qu’offrent les légumineuses, leur production ne connaît pas le même succès que les céréales telles que le maïs et le riz », a par ailleurs déploré le ministre de l’agriculture.

La Directrice adjointe de la FAO, Maria Helena Semedo (Micro)

Des actions fortes attendues…

Jacob Ouédraogo a reconnu que cela est dû en grande partie aux habitudes alimentaires des populations et de la persistance de certains préjugés défavorables aux légumineuses. L’ultime solution convient donc de chercher à booster la consommation de ces plantes très riches en protéines. Et sans oublier, il faut souligner que la production des légumineuses est généralement réalisée par les couches vulnérables notamment les femmes rurales.

Selon la Directrice adjointe de la FAO, Maria Helena Semedo, il faudrait aussi travailler d’abord à consolider les acquis autour de la filière pour ensuite avancer vers leur amélioration. Ce 11 février, les acteurs se sont accordés à faire l’état des lieux de la filière, identifier ses contraintes et insuffisances et évaluer les besoins en matière de recherche.

Plusieurs activités sont au programme de cette cérémonie de clôture dans la capitale burkinabè : des échanges, la présentation du rapport de l’Année internationale des légumineuses, des projections de vidéos, des exposés, des expositions de mets et produits de légumineuses.

Il est également attendu une déclaration dite « Déclaration de Ouagadougou » et une séance d’entretien entre les responsables de la FAO, le gouvernement burkinabè et des représentants de pays invités.

Noufou KINDO

Burkina 24


Lire aussi ▶ Année Internationale des légumineuses 2016 : Le Burkina Faso à l’honneur

https://burkina24.com/2017/02/10/annee-internationale-des-legumineuses-le-burkina-a-lhonneur/embed/#?secret=1qQ9Fh5Udj

Photos de la cérémonie de clôture de l’Année internationale des légumineuses à Ouaga :

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La croissance verte met le Maroc en position forte face à l’évolution du climat

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LES POINTS MARQUANTS
  • La vision marocaine d’une croissance verte et solidaire repose sur une meilleure gestion des ressources naturelles pour créer davantage d’emplois, de valeur et de bien-être avec les atouts disponibles.
  • La fin des subventions aux combustibles fossiles a favorisé les investissements dans les énergies renouvelables et relancé les programmes de dépenses sociales du gouvernement.
  • Les stratégies déployées dans l’agriculture et la pêche cherchent à tirer le maximum de ressources aquatiques et halieutiques limitées.

Tout près de Marrakech, dans cet environnement semi-aride typique de cette région du Maroc, les figuiers de barbarie, qui servaient jadis à délimiter les parcelles agricoles et à conjurer la faim, renaissent aujourd’hui et donnent un nouveau sens au vieil adage : « l’économie protège du besoin ».

Les fruits que l’on avait l’habitude de jeter une fois la saison passée sont désormais pressés pour faire de la confiture et les graines récupérées par l’industrie cosmétique, qui apprécie cette huile. Surtout, dans cette région où les précipitations, déjà limitées, se raréfient, cette plante grasse sait exploiter la moindre goutte d’eau disponible. Elle contribue par ailleurs à réduire l’érosion, crée un riche écosystème et, mélangée à la paille sous forme de jus, produit du fourrage qui allège les pressions sur les pâturages.

Le développement de la chaîne de valeur de ce cactus n’est que l’un des nombreux programmes et projets en cours pour identifier les gâchis, les inefficacités et les sources de pollution dans le but d’adapter les processus de production ou d’en inventer d’autres et de créer de la valeur avec des produits jusqu’ici peu ou pas valorisés.

Alors que de nombreux pays sont en train d’épuiser leurs ressources naturelles et sont aux prises avec des problèmes exacerbés par le changement climatique, le Maroc montre l’exemple en concevant et adoptant des stratégies de croissance verte dans différents secteurs.

Cette approche est conforme aux Objectifs de développement durable adoptés par les Nations Unies en septembre 2015. Mais l’engagement du Maroc en faveur de la croissance verte est antérieur à cette date. Depuis 2011 en effet, le droit à un environnement sain et un développement durable est inscrit dans la Constitution du royaume. La Banque mondiale a soutenu cette vision, en accordant au Maroc des prêts à l’appui des politiques de développement, en finançant des projets d’investissement et en lui apportant une assistance technique.

« Le droit au développement durable ne veut pas dire protéger l’environnement au détriment de l’économie », souligne Hakima El-Haite, ministre déléguée chargée de l’environnement. « Mais il veut dire être assez sage pour trouver l’équilibre entre le développement économique, l’ascension sociale et la protection de la ressource –pour avoir suffisamment de ressources pour nos enfants et nos petits-enfants. » Cet engagement s’est traduit par un train de réformes complet — depuis les subventions à l’énergie à la gestion des pêches en passant par les plans de zonage côtier ou la réglementation de la pollution — qui a valu au pays des félicitations à la veille de la prochaine conférence sur le climat, à Paris.

« Il est encourageant de constater que, dans tous ces domaines, ces décisions sont le résultat d’une volonté délibérée et de politiques claires de la part des autorités, qui ont su passer de la parole aux actes en mobilisant les ressources nécessaires et en prenant des mesures concrètes », indique Marie Francoise Marie-Nelly, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte.


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Morocco. Flore de Préneuf / World Bank

« Le droit au développement durable ne veut pas dire protéger l’environnement au détriment de l’économie. Mais il veut dire être assez sage pour trouver l’équilibre entre le développement économique, l’ascension sociale et la protection de la ressource –pour avoir suffisamment de ressources pour nos enfants et nos petits-enfants. »

Dr. Hakima El-Haite

Ministre déléguée chargée de l’environnement


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Morocco. Flore de Préneuf / World Bank

Verdir l’énergie pour économiser davantage

Le changement de politique le plus notoire est sans doute celui qui a conduit à organiser, depuis 2012, le démantèlement progressif des subventions aux combustibles fossiles.

Petites et grandes industries cherchent désormais à produire leur énergie et à faire des économies en récupérant leurs déchets et leurs sous-produits. Selon Said Mouline, à la tête de l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, les entreprises privées produisent déjà quelque 500 MW d’énergie éolienne pour leur propre consommation. « Cette activité aurait été impossible sans la disparition des subventions », affirme-t-il. « L’économie verte passe par la réglementation. »

À l’échelon national, le secteur de l’énergie s’est radicalement transformé, avec de lourds investissements dans les énergies renouvelables et l’implication manifeste du secteur privé, à travers les producteurs indépendants. Autant de bonnes nouvelles pour l’atténuation du changement climatique comme pour le développement humain et le bien-être des populations. Les économies engendrées par la suppression des subventions à l’essence, au diesel et au fioul lourd ont permis au gouvernement d’augmenter ses dépenses sociales en faveur des pauvres, notamment dans le secteur de la santé et de l’éducation : la part des allocations du Fonds de cohésion sociale, qui finance des programmes de protection sociale, dans les dépenses de l’État a doublé entre 2012 et 2015.

Une agriculture plus résistante et moins gourmande en eau

L’agriculture représente en moyenne 16 % du PIB et emploie environ 40 % de la main-d’œuvre du pays. Le Plan Maroc Vert cherche à renforcer la valeur ajoutée du secteur et à créer des emplois tout en rendant l’agriculture plus durable, plus inclusive et plus résistante.

Cette stratégie nationale prévoit entre autres une aide aux pratiques climato-intelligentes dans l’agriculture pluviale et irriguée.

Pour les exploitants en agriculture pluviale, la technique du semis direct permet de préserver l’humidité du sol et la terre végétale et, en période de sécheresse, elle contribue à stabiliser les rendements céréaliers.

Les exploitants pratiquant l’irrigation tentent, avec les techniques de goutte-à-goutte, de s’adapter aux pressions grandissantes sur les ressources hydriques. Pour Brahim Berjamy, responsable des systèmes d’information et de la communication pour l’Agence du bassin hydraulique du Tensift, « nous devons nous efforcer de gérer la demande afin de prôner une utilisation [de l’eau] plus rationnelle et plus efficace. »

La pêche et l’emploi des générations futures

En mer, l’impact du changement climatique peut prendre différentes formes, comme les migrations observées et attendues de certaines espèces, qui fuient le réchauffement et l’acidification de l’eau ainsi que l’évolution des modèles de circulation des océans. Mais actuellement, le principal frein à la croissance tient aux pratiques de pêche illicite, non déclarée et non réglementée, qui mettent en péril le renouvellement naturel des espèces et les moyens de subsistance de près de 500 000 Marocains.

Conscientes de ce danger, les autorités ont investi dans un certain nombre de dispositifs, dont un système de suivi des navires par satellite, qui impose aux bateaux à partir d’un certain gabarit de s’équiper de balises afin de pouvoir les suivre en temps réel et d’avoir une vraie traçabilité. Les pêcheurs doivent par ailleurs respecter des zones de reproduction de certaines espèces, interdites à la navigation, et appliquer les règles concernant le matériel acceptable et la taille minimale des prises.

D’autres réformes en lien avec la croissance verte cherchent à améliorer la gestion des zones côtières, développer une aquaculture durable en milieu rural (où vivent 70 % des pauvres) et, en préservant le patrimoine naturel, à engendrer des recettes supplémentaires. Le tourisme centré sur la découverte de la nature  fait partie des filières en plein boum dans l’industrie touristique mondiale et pourrait créer des emplois au Maroc et contribuer ainsi à la croissance du pays.

banquemondiale.org

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