Renforcement de la coopération agricole : le ministre ivoirien Sangafowa COULIBALY à la conquête de l’expérience sud africaine

Renforcement

Le Ministre Ivoirien de l’Agriculture et du développement rural a, en sa qualité de Président en exercice de la conférence des Ministres Région Afrique pour la FAO, séjourné en Afrique du Sud du 15 au 20/05/17.
Plusieurs temps forts ont marqué cette visite dans le pays de Nelson Mandela. Ainsi, le ministre Mamadou Sangafowa COULIBALY a, eu une séance de travail avec le Directeur Exécutif du NEPAD, SEM Ibrahim Assane MAYAKI. Les deux personnalités ont passé en revue les défis de l’Agriculture en Afrique et abordé quelques perspectives pour rehausser ce secteur moteur de l’économie de bien de pays africains. Il ressort de cet entretien, que le NEPAD mettra à disposition du Ministre Ivoirien de l’agriculture , un document de plaidoyer auprès des chefs d’Etat Africains pour des financements publics plus conséquents dans le secteur agricole.
Ensuite, il intégrera et apportera son appui technique et financier à l’initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine (AAA) aux changements climatiques.
Par ailleurs, M. Ibrahim Assane MAYAKI a engagé son institution à apporter à la Côte d’Ivoire, une assistance technique dans formulation et la mobilisation des ressources du PNIA deuxième génération dont la table ronde est prévue en marge du SARA.
En plus, le NEPAD a accepté de faire partie du partenariat qui lie la Côte d’Ivoire au chocolatier Mars pour la conception et la création de l’académie mondiale du chocolat à Abidjan, projet cher au Ministre SANGAFOWA.
Outre les questions liées au suivi des décisions de la 29ème conférence de la FAO, le Ministre SANGAFOWA-COULIBALY a mis son séjour à profit pour définir avec son homologue Sud Africain, les moyens de renforcer la coopération entre les deux pays dans le domaine agricole. En effet, les deux hommes se sont accordés sur le fait que l’Afrique du Sud, puissance agricole africaine et la Côte d’Ivoire, puissance agricole ouest-africaine, se donnent la main pour rehausser le potentiel du secteur agricole et, à terme de parvenir à l’autonomisation du continent et à une meilleure redistribution de la richesse à travers la chaîne de valeurs. Pour le matérialiser, un accord de coopération agricole renforcé sera signé entre les deux pays pendant le SARA dont l’Afrique du Sud est le pays à l’honneur.
Ainsi, aux termes de plusieurs audiences, séances de travail et conférences avec le Ministère Sud Africain de l’Agriculture, le NEPAD et le secteur Privé, quatre entreprises Sud Africaines œuvrant dans le domaine de l’agro-industrie bénéficieront de l’appui du Ministère Ivoirien de l’agriculture pour investir dans la production et la transformation du manioc, de la noix de cajou, des fruits et légumes, des maraîchers et de la mangue. Ce sont au total des milliers d’hectares et une dizaine d’unités de transformation primaire pour un investissement privé total de près 200 Milliards de FCFA qui permettront une production additionnelle de 1 000 000 de tonnes et la création de 10 000 emplois directs, dès cette année et jusqu’à fin 2019. En plus, une trentaine d’entreprises ont manifesté leur intérêt à participer au prochain SARA en vue de rechercher et nouer des partenariats avec leurs homologues Ivoiriens et ceux de la sous région.

Notons que l’une des principales régions agricoles de l’Afrique du Sud , la région du LIMPOPO, sera l’invitée spéciale du Ministre Sangafowa pour partager en marge du SARA , avec les Présidents des régions de Côte d’Ivoire , le modèle Sud Africain de contribution des régions au développement rural.

Publié le mardi 23 mai 2017  |  Ministères
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Développement : 350 millions d’Africains font désormais partie de la classe moyenne

Concernant « la santé, l’éducation et le niveau de vie », un tiers des pays africains ont atteint des niveaux de développement « moyens ou élevés », selon un rapport publié lundi par la BAD, en partenariat avec l’OCDE et le Pnud.

Même si « les progrès sur le front du développement humain restent lents et inégaux », 18 pays africains sur les 54 que compte le continent atteignent désormais un « niveau de développement moyen ou élevé », selon les « Perspectives économiques en Afrique » publiées conjointement par la Banque africaine de développement (BAD), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

L’Afrique du Nord « affiche les niveaux les plus élevés, approchant de la moyenne mondiale, mais toutes les sous-régions ont enregistré des améliorations régulières » depuis le début du XXIe siècle, selon le document.

Cependant, « malgré les avancées obtenues depuis dix ans », 544 millions d’Africains (sur une population totale d’1,2 milliard) vivent toujours dans la pauvreté.

Lutte contre la pauvreté et couverture santé

Le Rwanda, suivi par le Ghana et le Liberia ont enregistré le plus de progrès dans la lutte contre la pauvreté depuis 2005. Le Rwanda notamment a mis en place un programme d’assurance maladie communautaire qui permet de couvrir près de 9 habitants sur 10.

En Afrique du Nord, l’Égypte et la Tunisie sont dotés de systèmes d’assurance-maladie couvrant respectivement 78% et 100% de la population.

Les dépenses dans l’éducation, cruciales pour le développement, sont supérieures à 6% du produit intérieur brut (PIB) en Afrique du Sud, au Ghana, au Maroc, au Mozambique et en Tunisie notamment. Cependant le Nigeria y consacre moins de 1% de son PIB.

Accès à l’énergie et l’assainissement

En tête des problèmes qui contribuent le plus à la pauvreté en Afrique figurent « le manque d’accès au combustible pour la cuisine, à l’électricité et à l’assainissement ». Ainsi en Afrique subsaharienne, 645 millions de personnes sont privées d’accès à l’électricité.

L’alimentation constitue un défi majeur pour l’Afrique de l’Est, tandis que le manque de scolarisation est le plus gros problème de l’Afrique de l’Ouest.

Cinq pays se distinguent sur le plan du respect de la parité hommes-femmes : au Botswana, en Namibie, au Rwanda, au Lesotho et à Maurice, « les femmes atteignent des niveaux de développement humain presque équivalents à ceux des hommes ».

La gravité du chômage des jeunes

La BAD pointe par ailleurs la gravité du phénomène du chômage des jeunes sur le continent : la moitié d’entre eux sont sans emploi et un tiers occupent des « emplois vulnérables ».

« S’ils veulent actionner le levier de sources de croissance plus stables pour stimuler le développement humain, les pays devront consentir davantage d’investissements dans le capital humain, santé, éducation et compétences », déclare le président du Groupe Banque africaine de développement, Akinwumi Ayodeji Adesina, cité dans le rapport.

Moteurs de croissance

Sur le plan économique, la croissance moyenne du continent, après 2,2% en 2016, devrait rebondir à 3,4 % en 2017, puis s’accélérer à 4,3% en 2018, sous réserve « de la poursuite du redressement des cours des matières premières, du renforcement de l’économie mondiale et de la consolidation des réformes macroéconomiques intérieures ».

L’Afrique de l’Est reste la zone la plus dynamique, grâce notamment au géant éthiopien, devant l’Afrique du Nord. L’Afrique est toujours « la deuxième région la plus dynamique du monde, derrière les pays en développement d’Asie ».

La demande intérieure, soutenue par l’accroissement démographique et la montée en puissance des classes moyennes, s’établit comme moteur de la croissance alors que les cours des ressources naturelles sont soumis aux aléas des marchés mondiaux.

La classe moyenne, que le rapport évalue à 350 millions de personnes, et dont « le pouvoir d’achat s’améliore constamment, recèle un immense potentiel en termes de prospérité ».

Par Jeune Afrique avec AFP

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Côte d’Ivoire/ Technologie : Promouvoir les déchets agricoles

La Côte d’Ivoire, pays essentiellement agricole, produit environ huit (08) millions de tonnes de résidus agricoles (café, cacao, banane, ananas, riz etc). Aussi les déchets agricoles, forestiers, industriels et ménagers produits sur tout le territoire ont besoin d’être valorisés par un développement durable.

De plus, la population ivoirienne ayant un taux de croissance de 3.7% par an, la demande en énergie devient de plus en plus forte aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural.

 Patrice Kouakou

 

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Sécurité alimentaire : Un défi majeur d’aujourd’hui et de demain

Aujourd’hui, près de 33% de la population de l’Afrique subsaharienne, soit environ 200 millions de personnes, est sous-alimentée, dont 60% dans des pays en conflit. Des situations de pénuries alimentaires engendrées, entre autres, par les conflits, le changement climatique, la rareté de l’eau, la croissance démographique et la volatilité des marchés. Il est ainsi apodictique d’agir durablement d’une part pour rendre les systèmes alimentaires plus efficaces, inclusifs et résilients, et d’autre part pour mettre un terme à la faim et à toutes les formes de malnutrition.

Accroître la productivité et améliorer la sécurité alimentaire

Une réponse qui passe par l’augmentation de la production agricole, l’amélioration de la qualité des aliments et l’amélioration de la compétitivité des productions paysannes. L’agriculture revêt une importance essentielle pour les pays en développement. Le bon fonctionnement du secteur agricole est capital pour assurer la sécurité alimentaire. Il faut entre autres, améliorer la productivité agricole de manière durable afin de satisfaire à la demande croissante, et renforcer la résilience face aux crises de longue durée, aux catastrophes et aux conflits. Soulignons que les produits agricoles constituent une source majeure des revenus nationaux. Il faut produire plus avec moins, tout en préservant et en améliorant les moyens d’existence des petits exploitants agricoles et des agriculteurs familiaux, et d’assurer aux plus vulnérables un accès à l’alimentation. Afin d’augmenter de manière durable les activités rémunératrices des populations pauvres, l’on est invité à investir dans la protection sociale, à lutter contre la sous-alimentation et à investir en faveur des pauvres dans des activités productives, en particulier dans l’agriculture et au sein des économies rurales.

L’objectif est de promouvoir des investissements pour augmenter la production ; et la productivité agricole ; d’améliorer l’accès aux marchés.

Le concept de « sécurité alimentaire» a été défini lors du Sommet mondial de l’alimentation de 1996 : « La sécurité alimentaire est assurée quand toutes les personnes, en tout temps, ont économiquement, socialement et physiquement accès à une alimentation suffisante, sûre et nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires pour leur permettre de mener une vie active et saine».

La sécurité alimentaire telle que définie par le Sommet mondial de l’alimentation de 1996 comporte quatre dimensions :i) la disponibilité physique des aliments, ii) l’accès économique et physique des aliments, iii) l’utilisation des aliments et iv) la stabilité des trois autres dimensions dans le temps.

L’insécurité alimentaire, un facteur qui pousse à se déplacer

Il ya un fossé entre l’utilisation de la terre et des ressources en eau dans le secteur agricole, les augmentations de production nécessaires d’une part et une hausse de la demande alimentaire d’autre part.

Au moins 40% des terres émergées de la planète sont menacées par la désertification et les Nations Unies soulignent que 40% des conflits dans le monde sont dus à des luttes pour les ressources naturelles.

Cette situation alimentaire, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, basé à Genève (HCR), est le résultat d’une multitude de facteurs comme le manque de fonds et des conflits qui provoquent des déplacements massifs de populations. Pour palier à cela, plusieurs pays émettent des réponses concomitantes aux situations de pénurie alimentaire engendrées, entre autres, par les conflits qui sévissent dans leurs territoires. C’est le cas des foires alimentaires comme une réponse d’urgence au déplacement des populations de l’est du Congo.

En 2016, l’Union européenne a alloué 165 millions pour assister les personnes frappées par la famine et par la sécheresse dans la Corne de l’Afrique, mais « l’insécurité alimentaire, a dit le vice-directeur général de la FAO, Daniel Gustafson, est un facteur qui pousse à se déplacer ou à migrer vers d’autres réalités ». L’on devrait développer les activités rémunératrices en zone rurale et lutter contre les causes de la migration.

L’on assiste des bouleversements importants qui touchent de plus en plus de communautés. Incorporer des pratiques durables dans l’agriculture semble dorénavant inévitable pour nourrir une population croissante sans détruire la planète. La durabilité est un enjeu incontournable de l’agroalimentaire de demain.

Environ 20 millions de personnes pourraient mourir de faim

« Il faut agir rapidement pour sauver la vie des populations frappées par la famine », dit José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO. Elles souffrent en particulier « dans le nord-est du Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen », précise-t-il. Pour le patron de la FAO, « Si l’on ne fait rien rapidement, environ vingt millions de personnes pourraient mourir de faim dans les six prochains mois »

Dans de telles situations de famine, ce qui compte premièrement est de pouvoir fournir une assistance alimentaire dans l’immédiat.

Selon le dernier rapport produit conjointement par le Programme alimentaire mondial (PAM), la FAO et la Commission européenne sur les crises alimentaires, en seulement douze mois, de 2015 à 2016, les personnes qui souffrent de la faim à cause d’événements climatiques extrêmes, souvent dans des zones de conflit, ont augmenté de 80 à 108 millions. Il s’agit avant tout de la sécheresse dans la Corne de l’Afrique (Somalie, Djibouti, Éthiopie et Érythrée), en particulier en Éthiopie : elle frappe essentiellement des agriculteurs avec de petites activités sur des terrains à risque de désertification.

 Des mesures urgentes s’imposent

Selon le rapport de la FAO, l’Avenir de l’alimentation et l’agriculture : Tendances et défis, bien que des progrès majeurs aient été réalisés en matière de réduction des souffrances liées à la faim à travers le monde ces 30 dernières années, «le fait d’augmenter la production alimentaire et la croissance économique a de lourdes répercussions sur l’environnement naturel». Le rapport révèle : «Presque la moitié des forêts sur cette terre ont maintenant disparu. Les sources en eau souterraines s’amenuisent rapidement et la biodiversité a été particulièrement affectée». La simple augmentation de la production ne sera pas suffisante. La FAO appelle ainsi à des « transformations majeures dans les systèmes agricoles, les économies rurales et la gestion des ressources naturelles ». Car nous devons répondre aux nombreux défis qui se présentent à nous et exploiter pleinement le potentiel de l’alimentation et de l’agriculture en vue d’assurer un avenir radieux à tout le monde sur cette planète.

Plus d’investissements agricoles, de recherche et de développement dans l’agriculture et les systèmes alimentaires, mais également une « gouvernance cohérente et efficace à l’échelle nationale et internationale », seront indispensables si l’on souhaite atteindre l’objectif visant à éradiquer la faim d’ici à 2030.

Pour préserver la sécurité alimentaire, chaque pays devrait avoir la liberté d’exercer sa propre souveraineté alimentaire, c’est à dire de définir ses politiques agricoles et d’assurer l’autosuffisance alimentaire pour les principales productions agricoles de base.

La souveraineté alimentaire est par essence politique dans la mesure où elle se traduit, selon ses initiateurs, par le droit pour un pays/peuple de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs populations. L’autosuffisance alimentaire est la capacité de satisfaire tous les besoins alimentaires d’une population par la seule production nationale.

Il faut nécessairement mettre en place des actions pouvant contribuer à créer une production alimentaire et agricole durable. L’on devrait se réorienter vers des systèmes alimentaires plus durables qui utiliseront de manière plus efficace la terre, l’eau et les autres intrants.

En plus d’augmenter la production et de renforcer la résilience, il conviendrait de créer des chaînes agroalimentaires capables de mieux connecter les agriculteurs des pays à faibles et moyens revenus aux marchés urbains et d’élaborer des mesures. Des mesures qui viseraient à garantir aux consommateurs un accès à une nourriture saine et nutritive.

Tous devraient s’employer à éradiquer l’extrême pauvreté et réduire les inégalités, et à répondre au besoin d’une gouvernance cohérente et efficace à l’échelle nationale et internationale.

« Ce que l’Afrique fait pour l’agriculture n’est pas seulement important pour elle, mais façonnera l’avenir de l’alimentation dans le monde » indique Akinwumi Adesina, ancien ministre nigérian de l’agriculture, devenu le président de la Banque africaine de développement (BAD) en mai 2015.

Perspectives

Si des efforts ne sont pas entrepris pour investir dans les systèmes alimentaires et les réorganiser, beaucoup trop de personnes souffriront de la faim en 2030, soit l’année limite fixée par les nouveaux Objectifs de développement durable (ODD) pour éradiquer l’insécurité alimentaire chronique et la malnutrition.

C’est à juste titre qu’indique David Nabarro, Conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030 «Éliminer la faim et la malnutrition sous toutes ses formes, transformer les systèmes alimentaires et agricoles de manière à autonomiser les petits exploitants et à préserver la planète est l’un des problèmes les plus épineux que pose le nouveau programme, et qui concerne tous les ODD».

Présent au 28e sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, Akinwumi Adesina, président de la BAD estime que seuls des investissements conséquents dans le secteur agricole peuvent sortir de la pauvreté les 65 % d’Africains vivant en milieu rural.

Déjà présent dans la Déclaration sur les Droits de l’homme des Nations unies de 1948, le « droit à l’alimentation » est actuellement reconnu dans la Constitution de plus de 40 pays et, selon la FAO, il pourrait être un droit judiciaire dans quelques 54 pays. L’on devrait empêcher de nouvelles menaces transfrontalières sur l’agriculture et les systèmes alimentaires.

 

Patrice Kouakou

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Opportunités de croissance : Économie verte, un outil opérationnel du développement durable

La disponibilité de l’eau et des terres, de main d’œuvre, la diversité des spéculations sont des atouts susceptibles de soutenir le développement d’une économie verte. Les pratiques porteuses de croissance verte peuvent ainsi être repérées à travers : l’agriculture biologique, l’agro foresterie, la gestion durable des terres et la restauration des sols, le pompage et l’irrigation par les énergies renouvelables, le système goutte à goutte pour la rationalisation de l’usage de l’eau dans les périmètres, les processus modernes de transformation et de conservation des produits agricoles.

La Côte d’Ivoire dispose de bases économiques solides pour assurer une transition vers l’économie verte.  Le PNUE définit l’économie verte comme «une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux  et la pénurie de ressources». De manière opérationnelle, dans ce type d’économie, la croissance de revenus et la création d’emplois doivent provenir  des investissements publics et privés sobres en carbone, peu polluants, efficaces dans l’usage des ressources  y compris énergétiques et susceptibles de préserver  la biodiversité et les services environnementaux.

Patrice Kouakou

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Bassin du lac Tchad : la FAO préconise des investissements dans l’agriculture pour affronter la faim et la pauvreté

Le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva (à droite), début d’avril 2017, a visité certaines des régions les plus touchées par la faim et la pauvreté au Tchad et dans le nord-est du Nigéria. Photo FAO/Pius Utomi Ekpei

 

11 avril 2017 – Des investissements significatifs sont nécessaires dans le domaine de l’agriculture et de la lutte contre le changement climatique dans le bassin du lac Tchad, une région confrontée à la faim, à la pauvreté et à l’absence de développement rural, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

« La crise qui sévit dans la région du bassin du lac Tchad, déchirée par les conflits, a pour cause des décennies de négligence, une absence de développement rural et les effets du changement climatique. Le seul moyen de garantir une solution durable serait de faire face à ces questions en investissant notamment dans l’agriculture durable », a déclaré le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, lors d’un point de presse au siège de la FAO suite à sa visite, la semaine dernière, dans certaines des zones les plus affectées du Tchad et du nord-est du Nigéria.

« Il ne s’agit pas seulement d’une crise humanitaire, mais également d’une crise écologique », a-t-il ajouté.

« Ce conflit ne saurait être résolu uniquement par les armes. C’est une lutte contre la faim et la pauvreté dans les zones rurales de la région du bassin du lac Tchad», a souligné le Directeur général. « L’agriculture, y compris la pêche et l’élevage, ne peut plus être considérée comme secondaire. C’est ce qui permet de produire des aliments et de maintenir les moyens d’existence de près de 90% de la population de la région ».

Environ 7 millions de personnes risquent de souffrir gravement de la faim dans la région du bassin du Lac Tchad, qui comprend des parties du Cameroun, du Tchad, du Niger et du nord-est du Nigéria. Dans ce dernier cas, environ 50.000 personnes sont confrontées à la famine.

Selon le Directeur général, depuis 1963, le lac Tchad a perdu près de 90% de sa masse d’eau, provoquant ainsi des conséquences dévastatrices sur la sécurité alimentaire et les moyens d’existence des populations qui dépendent de la pêche et d’activités agricoles basées sur l’irrigation pour leur survie. Alors que le lac Tchad s’amenuisait, la population grandissait avec l’arrivée de millions de déplacés provenant des zones les plus affectées par les conflits.

Une assistance alimentaire et un appui à la production sont nécessaires

La FAO, en collaboration avec les agences partenaires des Nations Unies, appelle la communauté internationale à agir de manière urgente. Il existe un déficit considérable en matière d’assistance internationale pour faire face à la demande concernant la prochaine saison de semis. La FAO a rassemblé 12,5 des 62 millions de dollars indiqués dans le Plan de réponse humanitaire pour le Nigéria.

Le Directeur général de la FAO a averti que la situation dans le bassin du lac Tchad reflétait de différentes manières les menaces auxquelles font face d’autres pays africains, dans lesquels les tensions d’origine ethnique ou religieuse, alimentées par la pauvreté rurale et le chômage, en particulier chez les jeunes, pourraient dégénérer en véritables crises.

La solution serait de promouvoir et de soutenir des pratiques agricoles durables en mesure de permettre aux populations rurales de s’adapter aux effets du changement climatique et à la rareté croissante de nombreuses ressources naturelles, notamment l’eau et les forêts. Pour ce faire, il faut plus d’investissements dans l’agriculture, selon M. Graziano da Silva.

Dans la région du bassin du lac Tchad, la FAO aide les agriculteurs et les populations déplacées à produire de la nourriture et à vendre leurs surplus sur les marchés. En outre, la FAO et ses partenaires envisagent la possibilité d’introduire des techniques d’irrigation permettant d’économiser l’eau et de former les agriculteurs à leur utilisation.

Centre d’actualités de l’ONU

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De nombreux défis menacent l’avenir de la sécurité alimentaire mondiale, selon le rapport

L’objectif visant à éradiquer la faim d’ici à 2030 ne pourra être atteint sans de nouveaux efforts

Photo: ©FAO

Autonomiser les petits exploitants agricoles et leur fournir un meilleur accès à l’information, aux marchés et aux technologies est essentiel afin de garantir l’avenir de leur sécurité alimentaire.

 

Les pressions sur les ressources naturelles, de plus en plus intenses, les inégalités qui continuent de se creuser et les répercussions négatives du changement climatique compromettent la capacité de l’homme à se nourrir par lui-même à l’avenir. Tel est le message alarmant d’un nouveau rapport de la FAO publié aujourd’hui.

Selon L’Avenir de l’alimentation et l’agriculture : Tendances et défis, bien que des progrès majeurs aient été réalisés en matière de réduction des souffrances liées à la faim à travers le monde ces 30 dernières années, «le fait d’augmenter la production alimentaire et la croissance économique a de lourdes répercussions sur l’environnement naturel».

«Presque la moitié des forêts sur cette terre ont maintenant disparu. Les sources en eau souterraines s’amenuisent rapidement et la biodiversité a été particulièrement affectée», révèle le rapport.

«Si cette tendance se poursuit, il se pourrait bien que cela dépasse les frontières planétaires», a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO dans son discours de présentation du rapport.

D’ici à 2050, l’humanité comptera vraisemblablement près de 10 milliards de personnes. Selon les prévisions de l’Avenir de l’alimentation et l’agriculture : Tendances et défis, dans l’hypothèse d’une croissance économique modérée, cette hausse de la population aura pour effet d’augmenter la demande mondiale en produits agricoles de 50 pour cent par rapport au niveau actuel, accentuant ainsi les pressions sur les ressources naturelles déjà limitées.

Au même moment, de plus en plus de personnes mangeront de moins en moins de céréales mais de plus en plus de viande, de fruits, de légumes et d’aliments transformés, une situation qui s’explique par une transition alimentaire mondiale qui viendra également peser de tout son poids sur les ressources naturelles, en entraînant davantage de déforestation, de dégradation des terres et d’émissions de gaz à effet de serre.

Pour atteindre l’Objectif Faim Zéro, nous devons intensifier nos efforts

La question principale soulevée aujourd’hui par la publication de la FAO  est de savoir si oui ou non, à l’avenir, l’agriculture et les systèmes alimentaires dans le monde sont capables de répondre aux besoins d’une population mondiale croissante, et ce, de manière durable.

La réponse est : oui. Les systèmes alimentaires de notre planète sont en mesure de produire assez de nourriture de manière durable, mais exploiter au mieux ce potentiel et s’assurer que toute l’humanité en profite requerra des «transformations majeures».

Le rapport indique que si des efforts ne sont pas entrepris pour investir dans les systèmes alimentaires et les réorganiser, beaucoup trop de personnes souffriront de la faim en 2030, soit l’année limite fixée par les nouveaux Objectifs de développement durable (ODD) pour éradiquer l’insécurité alimentaire chronique et la malnutrition.

«Sans de nouveaux efforts visant à promouvoir le développement des populations pauvres, à réduire les inégalités et à protéger les personnes vulnérables, plus de 600 millions de personnes seront toujours sous-alimentées en 2030», révèle le document.

En fait, le taux actuel de progression ne serait même pas suffisant pour éradiquer la faim d’ici à 2050.

D’où viendra notre nourriture?

Compte tenu du peu de possibilités s’offrant à nous pour développer l’utilisation de la terre et des ressources en eau dans le secteur agricole, les augmentations de production nécessaires afin de faire face à la hausse de la demande alimentaire devront principalement être générées par une amélioration de la productivité et par une utilisation efficace des ressources.

Néanmoins, il existe des signes inquiétants faisant état d’une croissance stable pour les rendements des principales cultures. Le rapport note que depuis les années 1990, les augmentations moyennes enregistrées pour les rendements de maïs, de riz et de blé dépassent tout juste les 1 pour cent.

Le rapport L‘avenir de l’alimentation et l’agriculture : Tendances et défis souligne qu’ «agir comme si de rien n’était» ne fait pas partie des options si l’on souhaite répondre à ces défis et à d’autres.

«Des transformations majeures dans les systèmes agricoles, les économies rurales et la gestion des ressources naturelles seront nécessaires si nous devons répondre aux nombreux défis qui se présentent à nous et exploiter pleinement le potentiel de l’alimentation et de l’agriculture en vue d’assurer un avenir radieux à tout le monde sur cette planète», indique le document.

Selon le rapport, «des coûts élevés, des systèmes d’élevage nécessitant de nombreuses ressources (et entraînant d’importantes déforestations), des pénuries d’eau, un épuisement des sols et des émissions de gaz à effet de serre ne peuvent pas contribuer à créer une production alimentaire et agricole durable».

Le principal défi est de produire plus avec moins, tout en préservant et en améliorant les moyens d’existence des petits exploitants agricoles et des agriculteurs familiaux, et d’assurer aux plus vulnérables un accès à l’alimentation. Pour ce faire, une double approche est nécessaire. Elle se devra d’investir dans la protection sociale, de lutter contre la sous-alimentation et d’investir en faveur des pauvres dans des activités productives, en particulier dans l’agriculture et au sein des économies rurales, afin d’augmenter de manière durable les activités rémunératrices des populations pauvres.

Le monde devra se réorienter vers des systèmes alimentaires plus durables qui utiliseront de manière plus efficace la terre, l’eau et les autres intrants, tout en ayant moins recours aux combustibles fossiles, ce qui devrait  non seulement entraîner une forte baisse des émissions de gaz à effet de serre mais également contribuer à la conservation de la biodiversité et à la réduction du gaspillage. Selon le rapport, il s’agira notamment d’investir davantage dans l’agriculture, les systèmes agroalimentaires, la recherche et le développement en vue de promouvoir l’innovation, d’augmenter la production de manière durable et de trouver de meilleurs moyens pouvant faire face à de multiples problèmes, tels que les pénuries d’eau et le changement climatique.

Toujours d’après le rapport, en plus d’augmenter la production et de renforcer la résilience, il sera également indispensable de créer des chaînes agroalimentaires capables de mieux connecter les agriculteurs des pays à faibles et moyens revenus aux marchés urbains et d’élaborer des mesures visant à garantir aux consommateurs un accès à une nourriture saine et nutritive, et ce à un prix abordable, notamment des politiques de tarification et des programmes de protection sociale.

Tendances et défis

Le rapport d’aujourd’hui identifie 15 tendances et 10 défis affectant les systèmes alimentaires mondiaux :15 tendances

  • Une population mondiale qui augmente rapidement caractérisée par des «zones à forte croissance», une urbanisation et un vieillissement de la population;
  • Des tendances variées en matière de croissance économique, de revenus familiaux, d’investissement agricole et d’inégalité économique;
  • Une concurrence accrue pour les ressources naturelles;
  • Le changement climatique ;
  • Un plafonnement de la productivité agricole;
  • Les maladies transfrontières
  • Une plus grande fréquence des conflits, des crises et des catastrophes naturelles;
  • Une pauvreté, des inégalités et une insécurité alimentaire persistantes;
  • Une transition alimentaire affectant la nutrition et la santé;
  • Des changements structurels dans les systèmes économiques qui auront des répercussions sur l’emploi;
  • Une augmentation du flux migratoire;
  • Des systèmes alimentaires en évolution et qui auront des répercussions sur les moyens d’existence des agriculteurs;
  • De plus en plus de pertes alimentaires et de gaspillage;
  • De nouveaux mécanismes internationaux de gouvernance en mesure de faire face aux problèmes liés à la sécurité alimentaire et nutritionnelle;
  • Des changements au niveau du financement international du développement.

10 défis

  • Améliorer la productivité agricole de manière durable afin de satisfaire à la demande croissante;
  • Garantir une base durable de ressources naturelles;
  • Lutter contre le changement climatique et l’intensification des catastrophes naturelles;
  • Eradiquer l’extrême pauvreté et réduire les inégalités;
  • Mettre un terme à la faim et à toutes les formes de malnutrition;
  • Rendre les systèmes alimentaires plus efficaces, inclusifs et résilients ;
  • Développer les activités rémunératrices en zone rurale et lutter contre les causes de la migration;
  • Renforcer la résilience face aux crises de longue durée, aux catastrophes et aux conflits;
  • Empêcher de nouvelles menaces transfrontalières sur l’agriculture et les systèmes alimentaires;
  • Répondre au besoin d’une gouvernance cohérente et efficace à l’échelle nationale et internationale.

Source: FAO

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